23 juin 2015

La justrice britannique immobilise le légendaire général Karenzi Karake

Catégorie Non classé

Après avoir été arrêté samedi à Londres, alors qu’il se préparait à reprendre un vol pour Kigali, le général Emmnanuel Karenzi Karake, chef des services de renseignements rwandais, a été remis en liberté mais il demeure à la disposition de la justice britannique. Cette dernière est intervenue en vertu d’un mandat d’arrêt européen délivré en Espagne voici sept ans par un magistrat espagnol, qui, à l’époque accusait le légendaire général « K K » de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité (chefs d’inculpation qui furent classés en 2014 à la suite d’un changement de la loi sur la compétence universelle en Espagne) lorsque) mais aussi de « crimes de terrorisme ».
Le parquet de l’Audience nationale espagnole, en charge des affaires de terrorisme, a sollicité la remise à l’Espagne de l’officier rwandais. Même si cette requête a peu de chances d’être exaucée, l’affaire a provoqué à Kigali une réaction extrêmement vive : le ministre de la justice du Rwanda, Busingye Johnston a annulé la visite qu’il devait faire en Espagne, Kigali a officiellement « demandé une explication » au gouvernement britannique et la ministre rwandaise des affaires étrangères Louise Mushikiwabo, très en phase avec la pensée du chef de l’Etat, a qualifié cette arrestation d’ « inacceptable » et dénoncé « la solidarité occidentale pour avilir les Africains, (…) sur base de la folie de pro-génocidaires ».
En réalité, plusieurs raisons expliquent l’obstination de la justice espagnole : la première est sans doute l’implication supposée du général Karenzi Karake dans le meurtre de trois travailleurs humanitaires espagnols membres de l’organisation Médecins du monde, qui avaient eu connaissance d’assassinats massifs imputés au Front patriotique rwandais et découvert des fosses communes en territoire rwandais. Ces assassinats de ressortissants espagnols, (neuf au total) s’ajoutent à une campagne de critiques menée par les milieux catholiques. S’y ajoutent les témoignages recueillis par des ONG internationales comme Human Rights Watch, qui avait documenté les massacres de civils commis en 2000 dans la ville de Kisangani, lors des affrontements qui avaient mis aux prises les armées de l’Ouganda et du Rwanda alors que ces forces se disputaient le contrôle des comptoirs de diamant. Emmanuel Karenzi commandait alors les forces rwandaises qui furent accusées de nombreux crimes de guerre, massacres de civils congolais et même exécutions sommaires de militaires ougandais. Par la suite, les Nations unies documentèrent plus de 600 massacres commis au Congo par les diverses forces en présence et publièrent un texte de synthèse, le « rapport mapping ». Ce dernier demeura longtemps sans suite mais il pourrait être exhumé si un Tribunal international sur les crimes commis au Congo venait à être créé.
Membre lui aussi de la diaspora tutsie venue d’Ouganda, combattant de la première heure du FPR et jouissant d’une réelle popularité , le général Karenzi Karake a déjà suscité la polémique : de janvier 2008 à avril 2009, il fut le numéro deux de la force hybride de l’ONU et de l’Union africaine déployée au Darfour avant d’être déchargé de ses fonctions à cause des accusations espagnoles. Au Rwanda même, il connut la disgrâce pour « mauvaise conduite » en 2010 et, après avoir «demandé pardon », il fut placé en 2011 à la tête des services de renseignements rwandais, un poste clé s’il en est.
Alors que l’officier avait déjà voyagé en Europe à plusieurs reprises et se rend à Londres plusieurs fois par an, les déboires actuels du « général KK », membre du premier cercle autour du  président Kagame qui s’interroge sur l’opportunité d’un troisième mandat laissent perplexe. Le zèle subit de la justice britannique serait il une réponse au fait que Kigali ait  suspendu les émissions de la BBC à la suite de la diffusion d’un reportage controversé sur l’”histoire non dite” du génocide? Faut il y voir un avertissement, à la veille de la décision concernant un éventuel troisième mandat? Même si la justice est, théoriquement, indépendante,  l’arrestation d’un “maître espion”‘ n’est pas un procédé fréquent et  d’aucuns rappellent le proverbe rwandais “qui veut atteindre le maître frappe d’abord le chien…..”

21 juin 2015

Le Rwanda à son tour s’engage en direction d’un troisième mandat présidentiel

Catégorie Non classé

Quelle surprise ! Voici plusieurs mois déjà, le président Kagame, homme fort du Rwanda depuis 1994 et déjà élu deux fois, avait déclaré qu’il appartiendrait au peuple de décider de le reconduire pour un troisième mandat. Le «peuple » s’est donc prononcé et 3,6 millions de Rwandais, soit plus de la moitié du corps électoral, ont adressé des pétitions au Parlement, demandant aux élus de réformer l’article 101 de la Constitution qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Lors d’un congrès qui s’est tenu le week end dernier, le Front patriotique rwandais s’est prononcé à son tour en faveur d’une réforme de la constitution et son président, Christophe Bazimavo, a déclaré que les signataires des pétitions « ont cet espoir bien fondé que, si le président continue, il ne va rien changer mais plutôt continuer ce développement socio-économique, cette sécurité qui est observée ici et là, cette bonne gouvernance… »
S’il est exact que de nombreux citoyens rwandais créditent le président Kagame pour la sécurité et la stabilité qu’il a réussi à instaurer dans son pays et reconnaissent les progrès accomplis (le Rwanda est l’un des seuls pays d’Afrique à pouvoir se vanter d’avoir atteint les « buts du millénaire » en matière de santé, d’éducation, de promotion des femmes) de nombreux observateurs décèlent cependant la main du parti derrière ces pétitions massives. Dans un pays aussi contrôlé que le Rwanda, beaucoup mettent en cause la spontanéité des pétitions et font état de pressions directes ou indirectes exercées par les autorités locales.
Rappelons que dans les deux pays voisins, la République démocratique du Congo et le Burundi, la question du « troisième mandat » avait jeté les opposants dans la rue : en janvier dernier, la perspective d’un changement de la Constitution ouvrant la voie à une reconduction du président Kabila avait enflammé plusieurs villes congolaises. Quant au Burundi, il traverse une crise grave qui a déjà fait 70 morts et la question des élections tient toujours le pays en haleine : le parti au pouvoir a accepté de reporter le scrutin présidentiel à juillet prochain et d’ouvrir un dialogue avec l’opposition mais il n’a rien cédé sur le fond, c’est à dire la candidature du président Nkurunziza à un troisième mandat non prévu par les accords de paix d’Arusha ni par la Constitution. En réalité, la situation toujours bloquée laisse redouter le pire : des rumeurs font état de la préparation d’une nouvelle rébellion, l’armée connaît des défections, des jeunes fuient en direction du Rwanda où se trouvent déjà de nombreux intellectuels et la répression se poursuit.
Dans les cas de ces trois pays, il faut remarquer que les Etats Unis expriment avec autant de rigueur que d’équanimité la nouvelle doctrine du président Obama :« des institutions fortes mais pas d’hommes forts ». En janvier dernier John Kerry s’était prononcé contre un troisième mandat pour Kabila, en mai Washinton avait adopté une position en pointe désapprouvant la candidature du président Nkurunziza et même dans le cas du Rwanda, souvent considéré comme l’un des meilleurs alliés des Etats Unis dans la région, la position a été sans équivoque. Rodney Ford, le porte parole du Département d’ Etat, a déclaré « nous sommes engagés à soutenir une transition pacifique et démocratique en 2017 afin qu’un nouveau président soit élu par le peuple rwandais » ajoutant, comme pour dissiper toute équivoque : « nous ne sommes pas pour le changement des constitutions pour des intérêts personnels ou politiques. »…
Cette intransigeance américaine est d’autant plus remarquable qu’elle est relativement neuve: il n(y a pas si longtemps que les Etats Unis se montraient très tolérants à propos de la longévité politique de leurs meilleurs alliés et tout le monde a oublié que le président Roosevelt lui-même, en 1940, à la veille de la deuxième guerre mondiale, a été considéré par le parti démocrate comme le meilleur candidat possible, car il avait été l’artisan du New Deal, qui avait permis à son pays de sortir de la crise de 1929.. Il accomplit donc un troisième mandat, qui fut reconduit en 44 et interrompu par sa mort
…Autres temps, autres principes…

18 juin 2015

Un “Tribunal sur le Congo” examine la mondialisation à la congolaise

Catégorie Non classé

Bukavu,

Tout était faux, cette semaine là à Bukavu. Le grand amphithéâtre du collège Alfajiri n’était qu’un décor. Les témoignages avaient été soigneusement préparés, sept cameras tournaient en permanence. Tout était faux, soigneusement mis en scène par le réalisateur suisse Milo Rau, qui travaille sur le projet « Tribunal sur le Congo » depuis plus d’un an. Tout était faux mais en même temps, tout était vrai. Les intervenants, plusieurs dizaines de Congolais venus des profondeurs du Sud Kivu étaient bien réels et ils décrivaient des situations très concrètes, des lieux où la mort frappait voici quelques jours encore. Le président du tribunal, l’avocat belge Jean-Louis Gillissen, spécialiste de la procédure, est un habitué de la justice internationale. Ayant plaidé à Arusha autant qu’à Timor ou à la Cour pénale internationale de La Haye, il veillait au respect scrupuleux des règles, temps de parole, courtoisie à l’égard des intervenants, calme dans le public, menaçant à plusieurs reprises de faire évacuer une salle turbulente ou indignée. Les interrogatoires menés par les six membres du jury étaient précis, rigoureux et les arguments de la défense étaient écoutés avec la même attention que ceux de l’accusation.
Mais surtout les trois cas présentés au tribunal présentaient un résumé criant des problèmes actuels de l’Est du Congo, cette vaste région du Sud et du Nord Kivu. Depuis novembre 2013, officiellement, la guerre a pris fin, les rebelles tutsis du M23 ayant été mis en déroute. Mais en réalité, de nombreuses bandes armées rodent toujours et les sociétés minières, exhibant des permis qui leur ont été accordés par Kinshasa, s’emparent des terres et chassent impitoyablement les creuseurs artisanaux et les habitants des collines.
Milo Rau, s’il avait voulu faire œuvre d’historien, aurait pu évoquer les racines de la violence, l’afflux des réfugiés hutus, les deux guerres du Congo, le développement de mouvements rebelles soutenus par le Rwanda, l’apparition des groupes armés Mai Mai, défendant leur territoire et adoptant souvent les méthodes criminelles de leurs adversaires. Mais pour ce metteur en scène de 38 ans, qui a travaillé un an sur le sujet, la roue tourne vite. L’histoire d’aujourd’hui, c’est celle de ce Congo désormais qualifié de « post conflit », où l’Etat, désireux d’asseoir son autorité sur l’ensemble du pays, a concédé d’immenses territoires à des sociétés minières qui contribuent bien peu au budget de l’Etat. Quant aux populations, hier otages des guerres, victimes des bandes armées, décimées par le viol massif et l’enrôlement d’enfants-soldats, ne sont-elles pas aujourd’hui prises dans un piège plus subtil encore, celui d’une mondialisation jugée irréversible ?
A la barre de ce tribunal hors du commun, le premier du genre jamais organisé en territoire congolais, des dizaines de témoins ont défilé, illustrant jusque dans les moindres détails trois cas précis et emblématiques. Le premier est celui de la mine de Bisie, dans le territoire de Walikale : en 2002, Sylvain Ikandi et d’autres creuseurs découvrent en pleine forêt un gisement de cassitérite d’une teneur exceptionnelle. «Dans cette région dépourvue de routes, nous pratiquions le troc, échangeant nos minerais contre de la nourriture et des produits manufacturés. Certes, les groupes armés comme les forces gouvernementales étaient présents, et tous ces hommes en armes prenaient leur part…Mais on vivait… Tellement bien qu’à la fin, nous étions plus de 10.000 creuseurs artisanaux sur le site, les gens venaient de partout… En 2004, MPC, le comptoir qui jusque là se contentait de nous acheter les minerais, se transformé en société d’exploitation. Dès ce moment, nous les creuseurs nous sommes devenus des intrus : quatre mille d’entre nous furent chassés manu militari. Privés de leur gagne-pain, d’anciens soldats démobilisés, reprirent les armes et formèrent un nouveau groupe armé, sous la direction d’un ancien creuseur de Bisié, Cheka… »
Cagoulé, recouvert d’une sorte de burqa brune, un « témoin protégé » entre alors en scène. Ce combattant, sous les ordres de Cheka, proclame « les groupes armés, ce sont les paysans en colère, qui protègent leur territoire. »
Les auditions font peu à peu apparaître toute la réalité humaine de ce territoire perdu : des creuseurs dépossédés et relégués dans des endroits « non rentables », une société qui a négocié à Kinshasa ses droits d’exploitation mais ne rétrocède aucune richesse aux habitants de la région devenus des parias sur leur propre territoire, des minerais emportés à l’état brut et raffinés dans une fonderie installée à Gisenyi, du côté rwandais de la frontière…
L’audience suivante examine un cas plus emblématique encore, celui du site de Twangiza, une réserve d’or exploitée par la société américano canadienne Banro. A la suite d’un accord conclu à Kinshasa et validé par l’autorité coutumière, Banro, une start up des années 90 a réussi à mettre la main sur l’ancien domaine du baron Empain et de la Sominki (société minière du Kivu), un territoire presque aussi vaste que la Belgique.
Des photos qui circulent parmi les jurés montrent des cratères de montagnes rongés par des excavatrices géantes, mais surtout on y distingue des maisons minuscules, plantées à 2800 mètres d’altitude, « tellement petites qu’on ne peut même pas s’y gratter le dos » se plaint un témoin…C’est là, à Chingira, que les 3500 habitants de Twangiza ont été déportés, dépossédés de leurs champs, interdits d’accès à leurs cimetières, aux sépultures de leurs ancêtres… «Nous n’avons pas été consultés » assure Raymond Mwafika, président d’une mutualité de Luwindja, « et de toutes façons le code minier prévoit que les terres sont propriété de l’Etat… »Terrorisée, une vieille dame drapée de son plus beau châle vert reconnaît qu’elle a bien reçu une maison en guise de dédommagement, mais que sur cette terre d’altitude rien ne pousse, que les vaches meurent et que, construits à la hâte, les bâtiments s’effondrent les uns après les autres… « Tous les jeunes s’en vont, je n’ai pas de maison à donner à mes enfants… »
Mondialisation à la congolaise
Au fil des audiences, au cours desquelles, durant des heures, comparaissent des témoins effrayés de leur audace, des activistes qui refusent de se résigner, des intellectuels, des « témoins protégés », impressionnants derrière leur cagoule brune, se dessine le visage de cette « mondialisation à la congolaise ». Implacable, elle dépossède les plus pauvres, bénéficie aux sociétés étrangères qui rapatrient leurs bénéfices et partagent quelques miettes bien grasses avec leurs interlocuteurs haut placés à Kinshasa. Mélange de mauvaise gouvernance, de corruption locale et nationale, cette modernité là témoigne d’un mépris immense pour les droits des plus faibles.
Ouvrant les travaux du tribunal, le gouverneur du Sud Kivu, Marcellin Cishambo, avait asséné une leçon de réalisme politique à ses compatriotes : « croyez vous que les règles du capitalisme ont changé ?Alors que nous étions encore en guerre, nous avons été obligés de signer un code minier rédigé en anglais par la Banque mondiale… Lorsque nous avons voulu le réviser afin d’élargir la part de l’Etat congolais dans la répartition des profits, on nous a asséné qu’il ne fallait pas perturber le « climat des affaires » On nous somme de rapatrier les FDLR, ces combattants armés hutus qui menaceraient le Rwanda et la Monusco refuse de nous assister dans ces opérations militaires. Mais lorsqu’on les ramène à la frontière, ils reviennent quelques jours plus tard… Savez vous que 75 % des minerais qui arrivent à Kigali (où s’est créée une Bourse des matières premières) sont fournis par ces mêmes FDLR ? » Et le gouverneur, porte parole politique, de poser la question : « sommes nous assez forts pour affronter les géants de l’industrie minière, pour les obliger à construire chez nous des usines de raffinage ? Croyez vous que les plans de dépeçage, de balkanisation du Congo soient définitivement abandonnés ? »
Mutarule, un massacre à huis clos, entre Congolais
A sa manière, la troisième audience du Tribunal répondit à ceux qui font reposer sur le monde entier les causes du malheur congolais en occultant les responsabilités locales. Car à Mutarule, le massacre de juin 2014 s’est déroulé à huis clos, entre Congolais, sans qu’intervienne l’armée congolaise qui fut peut-être complice des agresseurs. Autre drame, même scenario : un tribunal, factice, mais plus sérieux qu’une institution véritable, des témoins qui racontent une histoire de vengeance et de terreur où 35 civils, hommes , femmes et enfants appartenant à l’ethnie Bafulero, (originaire de la plaine de la Ruzizi) furent massacrés sans pitié par des Barundi ou des Banyamulenge (Tutsis congolais). Des éleveurs qui entendaient se venger du vol de leurs vaches, de l’assassinat de l’un de leurs chefs coutumiers et de razzias à répétition…
En cause ici, les conflits fonciers, les rivalités ethniques, la passivité ou la complicité de l’armée nationale… Mais aussi la formidable impuissance de la Mission des Nations unies présente au Congo depuis quinze ans. Malgré un mandat qui oblige les soldats de la paix à protéger les civils, le contingent pakistanais cantonné à quelques kilomètres des lieux du carnage fit la sourde oreille, renvoyant ceux qui venaient l’avertir du drame …Ici aussi, des survivants ont défilé à la barre, d’autres ont accepté de parler masqués, de s’exprimer par le truchement d’une vidéo : « je tenais mon bébé contre mon ventre, il a été arraché à l’arme blanche, explique une femme, «j’ai été poignardée sur mon lit d’hôpital » dit une autre, « le colonel O. a interdit à ses hommes d’intervenir car les vaches appartenaient à des militaires haut gradés… »assène un activiste.
Autant les deux premières audiences démontraient combien faute d’une gouvernance efficace les intérêts du peuple congolais étaient sacrifiés au dernier avatar de la mondialisation, autant le massacre de Mutarule suscita dans l’assistance une émotion que même le « président Gillissen » frappant comme un sourd avec son marteau, s’avéra impuissant à contenir. Lorsque Luc Henkinbrant, ancien chargé des droits de l’homme à la Monusco, évoqua le « rapport mapping », cette synthèse onusienne portant sur plus de 600 massacres commis au Congo durant les guerres successives et s’exclama : « du Nord au Sud Kivu, je pourrais vous montrer une succession de charniers qui n’ont jamais été ouverts car l’impunité est la loi » il déclencha une immense ovation qui dépassa de loin les limites fixées au film de Milo Rau.
Ce « tribunal sur le Congo » qui se terminera sur un dernier tournage à Berlin, lieu du partage de l’Afrique en 1885, sera projeté en 2016 au grand stade de Kinshasa et dans toutes les salles européennes. Ce film devrait porter à travers le monde l’immense exigence de justice qui hante le peuple congolais. Pour qu’enfin la vérité soit dite, pour que les millions de morts anonymes ne soient pas oubliés et puissent enfin trouver le repos…