30 octobre 2015

Pas de recettes miracle pour l’Afrique

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Si l’espérance de vie des populations africaines demeure en dessous de la moyenne mondiale, le continent détient un autre record, celui de la longévité des chefs d’Etat en exercice : Robert Mugabe est au pouvoir depuis 1980, José Eduardo dos Santos dirige l’Angola depuis 1979, Yoweri Museveni a conquis le pouvoir en Ouganda en 1986, Paul Biya est le maître du Cameroun depuis 1982. Au vu de tels dinosaures, critiqués, certes, mais respectés aussi, pourquoi les « petits derniers » qui ne sont aux affaires que depuis dix ou vingt ans, se priveraient ils d’essayer de jouer les prolongations ? Au Burundi cette année, en République démocratique du Congo d’ici un an, au Rwanda en 2017 et ailleurs encore, la perspective du « troisième mandat », autorisé par un éventuel changement de constitution, enflamme les esprits et pousse les foules dans la rue. Pour les faiseurs d’opinion internationaux, et aussi pour le président Obama, la cause est entendue : les institutions fortes valent davantage que les hommes forts et malheur à ceux qui voudraient s’incruster au pouvoir, pressions, blâmes sinon pire encore seront leur lot. Est-ce vraiment aussi simple ? L’alternance est-elle toujours le seul symbole de la démocratie et du progrès ? En réalité, si le maintien au pouvoir du président burundais Nkurunziza a fait l’objet d’une telle levée de boucliers, c’est surtout à cause des échecs qui lui sont imputés : corruption, violences, arrêt du relèvement économique. Inversément, l’absence de réaction internationale face aux changements de constitution au Rwanda s’explique par les réels succès engrangés par Paul Kagame, qui a réussi à redresser son pays et à se rendre incontournable sur la scène africaine. Ailleurs, d’autres raisons, moins nobles, peuvent expliquer l’indulgence internationale : le pétrole en Angola, au Gabon, à Brazzaville…
En réalité, en Afrique pas plus qu’ailleurs, il n’y a de recettes miracle : l’alternance se traduit quelquefois comme un « partage du gâteau », un jeu de chaise musicale entre les élites, tandis que le maintien au pouvoir peut permettre la mise en œuvre de projets de développement à long terme…
Une seule exigence devrait être garantie : celle de la sanction populaire. Pour cela, il faudrait que les peuples, consultés à l’occasion de referendums, de consultations, d’élections puissent réellement faire entendre leur voix, sanctionner les avides ou les incapables, donner leur chance aux nouveaux venus. Ce qui implique de remplacer les donneurs de leçons par des observateurs, qu’ils soient étrangers ou nationaux, de donner des moyens à la presse locale, aux organisations de base. Il faut que les peuples puissent exprimer librement leur préférence, sinon, comme à Ouagadougou ou Bujumbura, les « printemps de l’Afrique » enflammeront les rues…

30 octobre 2015

La voie est libre pour Kagame s’il veut prolonger

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A l’unanimité, les députés rwandais ont ouvert la voie au maintien au pouvoir du président Kagame, jusqu’en 2034 s’il le souhaite ! Une fois adopté par le Sénat et ratifié par un referendum dont l’issue ne fait aucun doute, le projet de réforme de la Constitution commence, mezzo voce, par modifier l’article 101 de la loi fondamentale adoptée en 2003 et qui prévoit que le président de la République est élu pour un mandat de cinq ans et ne peut être réélu qu’une seule fois. S’il ramène à dix ans au maximum les ambitions d’éventuels successeurs, alors que la Constitution actuelle prévoit deux mandats de sept ans, l’article 172, lui, semble taillé sur mesure pour permettre au « Boss » de rester au pouvoir durant deux décennies encore. En effet, il prévoit que le président Kagame, comme tout autre candidat, peut être élu ou réélu en 2017 pour un mandat de sept ans et qu’il pourra par la suite briguer les deux mandats de cinq ans prévus par la nouvelle loi fondamentale.
La présidente de la Chambre, Mme Domitille Mukabalisa a démenti le fait que ce texte ait pu être rédigé sur mesure pour M. Kagame, assurant que les souhaits du peuple avaient été pris en compte.
La modification de la constitution ne représente pas une véritable surprise, dans la mesure où, en août dernier, les résultats de trois semaines de consultations populaires avaient été rendus publics, révélant que 3,7 millions de Rwandais, sur 6 millions d’électeurs, avaient signé des pétitions pour demander le maintien au pouvoir d’un homme qui, depuis 1994, est le véritable maître du Rwanda. Le Parlement avait alors donné son feu vert à la réforme de la Constitution, les députés assurant n’avoir recensé qu’une dizaine de voix opposées à la modification de la loi fondamentale et seul le parti des verts, une petite formation d’opposition, avait osé s’opposer au troisième mandat mais sa requête avait été rejetée par la Cour Suprême. Dans le climat actuel régnant au Rwanda, il est probable qu’une majorité des signataires ont effectivement approuvé le maintien au pouvoir du président actuel, mais il est certain aussi que le FPR, qui ressemble de plus en plus à un parti-Etat dominant toute la vie politique et l’activité économique, exerce un contrôle tel sur la population, via les services de sécurité et de renseignements, que les voix dissidentes n’osent guère s’exprimer. Même sur les lieux de travail, les gens étaient obligés, listes de présence à l’appui, de signer un texte rédigé d’avance…
A première vue, tout semble donc « plié », inéluctable : Paul Kagame, l’un des fondateurs du Front patriotique rwandais à la fin des années 80, âgé aujourd’hui de 58 ans, devrait entamer en 2017 le troisième volet de sa carrière, le rangeant, lui l’ancien rebelle, au rang des chefs d’Etat d’Afrique francophone comme Sassou Nguesso (Congo Brazzaville)ou l’ex président Compaoré du Burkina Faso, des hommes scotchés au pouvoir, dont il se gaussait volontiers naguère…
Depuis le déclenchement de la guerre d’octobre 1990, Paul Kagame représente la figure majeure de la politique rwandaise, haï par ses adversaires, adulé par ses partisans et craint par tout le monde : d’abord chef de guerre, considéré comme l’un des meilleurs stratèges du continent, il prend en charge, au lendemain du génocide de 1994, le destin d’un peuple brisé par la violence et la haine. Alors déjà, il est bien plus que vice-président et ministre de la Défense et il s’emploie, avec ses compagnons du FPR, à relever d’innombrables défis : assurer la sécurité physique de tous ses compatriotes et décourager les tentations de représailles, permettre l’exercice de la justice et surtout entamer la construction d’un nouveau Rwanda. L’ancien chef de guerre se révèle un homme politique visionnaire, désireux d’arracher le Rwanda à la pauvreté, d’en faire un pays émergent d’ici 2020. Même s’il assure vouloir se passer un jour du « poison « de l’aide, Kagame fait bon usage de l’assistance internationale et le décollage spectaculaire du pays est aujourd’hui cité en exemple.
La « bonne gouvernance », euphémisme qui désigne la lutte contre la corruption, est l’une des explications des succès économiques engrangés, mais le revers de progrès réalisés à marches forcées pèse lourd lui aussi : les inégalités sociales se sont creusées, les taxes se sont alourdies, le passage obligatoire à l’anglais a disqualifié bien des cadres locaux et pesé sur la qualité de l’enseignement. Dans le chaudron que représente ce pays surpeuplé, le mécontentement, s’il existe, ne trouve guère d’exutoire, les soupapes sont verrouillées par la peur.
C’est pour cela que rien n’est véritablement joué : le changement constitutionnel va certainement donner au président Kagame tous les moyens de rester au pouvoir aussi longtemps qu’il le voudra, et les succès engrangés, s’additionnant à la culpabilité née du génocide expliquent jusqu’à présent l’absence de réaction internationale. Mais peut-on imaginer que Paul Kagame n’aie pas prévu de relève, qu’il n’aie pas formé (dans la plus grande discrétion) d’éventuels successeurs, qu’il prenne le risque, en demeurant trop longtemps aux manettes, de voir se lézarder ou s’effondrer ce nouveau Rwanda auquel il a consacré sa vie ? Les parlementaires ont suivi les consignes du FPR, mais leur chef garde sa liberté d’action, y compris, d’ici 2017, celle de surprendre…

30 octobre 2015

Ingabire l’irréductible opposante

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Même avec le crâne rasé, comme tous les détenus de « 1930 » (date de construction de la prison de Kigali, d’où le nom de l’établissement) Victoire Ingabire demeure coquette, afin de sauver non seulement les apparences, mais aussi sa force de caractère. Ceux que ses compatriotes surnomment «l a dame de fer » aura bien besoin de courage : opposante vivant aux Pays Bas après un passage par les camps de réfugiés hutus au Congo, où elle participa à la fondation du RDR (Rassemblement pour le retour des réfugiés) elle eut l’audace, en 2010, de rentrer au Rwanda et de se présenter à l’élection présidentielle, se posant en rivale de Paul Kagame ! Ce qui lui valut, peu après le scrutin, de se retrouver en prison, dont elle ne devrait sortir en principe, qu’en 2025. Relativement peu connue au départ, son opiniâtreté, sa détermination ont frappé ses compatriotes qui se rappellent l’une des raisons de son inculpation : visitant à Gizozi le mémorial consacré aux victimes du génocide des Tutsis, elle n’avait pas hésité à dénoncer les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis à l’encontre des Hutus. Elle fut aussitôt accusée de soutenir la théorie du « double génocide ». Ayant réussi à faire sortir de sa prison des feuillets manuscrits, elle livre une description minutieuse de l’univers carcéral, de la surveillance dont elle fait l’objet, du déroulement des procès et des tentatives visant à l’amener à changer de camp…Son livre représente une plongée lucide et accablante dans les eaux troubles du Rwanda…
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Victoire Ingabire Umuhoza, entre les 4 murs du 1930, préface de Judi Rever, éditions Scribe

28 octobre 2015

La première victoire incontestée de Alassane Ouattara

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Avec 83% des suffrages exprimés et un taux de participation de 55% des voix, Alassane Ouattara remporte, au premier tour des élections présidentielles une victoire électorale incontestable. La première sans doute depuis son entrée en politique voici un quart de siècle… Car son ascension, qui a bouleversé la carte politique de la Côte d’Ivoire, a toujours été marquée par la mise en cause de sa nationalité, par les intrigues, l’ambition, les violences… Jusqu’à ce dernier scrutin de 2011 qui se termina par des affrontements qui firent plus de 3000 morts, Laurent Gbagbo le président sortant refusant de reconnaître sa défaite tandis que Ouattara, soutenu par les combattants des Forces Nouvelles, obtenait l’appui de l’armée française pour l’installer au pouvoir et envoyer son adversaire dans les prisons de la Cour pénale internationale à Scheveningen. Ce deuxième mandat que nul ne contestera désormais sera peut-être l’occasion, pour cet homme âgé désormais de 73 ans, de surmonter des défis plus pressants encore que ceux du relèvement économique de la « locomotive de l’Afrique » : une justice impartiale qui examinerait enfin les crimes commis par ceux qui prirent les armes en son nom, la fin des privilèges accordés à ses amis politiques, et surtout une réconciliation véritable avec cette autre Côte d’Ivoire, ces 46% d’électeurs demeurés fidèles à Laurent Gbagbo qui demeurent en rupture totale avec le pouvoir et ont boudé les urnes…
Ce sont les hasards de l’histoire et de la géographie qui ont marqué les premiers pas du jeune Alassane Ouattara : il naît à Domboko, en 1942 alors que seule existe l’AOF (Afrique occidentale française) et, au moment des indépendances de la Côte d’Ivoire et de ce qui est encore la Haute Volta et deviendra le Burkina Faso, c’est un passeport de ce dernier pays qui lui est attribué. C’est avec cette nationalité là qu’il obtient une bourse qui lui permet d’étudier l’économie à l’Université de Pennsylvanie puis d’être engagé au Fonds monétaire international. Et c’est aussi au titre de ressortissant burkinabe qu’il intègre la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest dont il sera vice-gouverneur.
A la fin des années 80 cependant, il a rencontré une femme qui pèsera sur son destin : Dominique Nouvian, épouse puis veuve de Jean Folloroux, un coopérant français. Dynamique, ambitieuse, la jeune femme crée une société immobilière et, devenue très proche du président Houphouet Boigny dont elle gère les biens, elle lui suggère, en 1990, de recourir aux services du brillant économiste de la BCEAO, Alassane Ouattara pour mener la « guerre du cacao », qui oppose le président aux « maisons de négoce » françaises et britanniques. Nommé Premier ministre au titre de « technocrate », Ouattara prend alors goût à la politique ivoirienne, tente de faire oublier ses origines burkinabe et surtout, il épouse la jolie veuve qui fait jouer en sa faveur ses relations ivoiriennes et surtout son carnet d’adresses en France, où se retrouvent aussi bien Nicolas Sarkozy que Laurent Fabius et Dominique Strauss Kahn… Alors qu’il se considérait comme le dauphin incontesté du « Vieux » (Houphouet Boigny), Henri Konan Bédié, président de l’Assemblée nationale, s’attaque de front à Ouattara et, dans ce pays qui s’est construit avec le concours d’une main d’œuvre venue de tous les pays de la région, et surtout du Burkina Faso, il introduit le concept de l’ « ivoirité », qui deviendra le substrat idéologique des luttes politiques et de la guerre civile qui suivra…Aujourd’hui, Gagbo est en prison, Bédié a choisi de soutenir son rival d’hier, les Ivoiriens aspirent à la paix, à la reconstruction de leur pays. Le vrai défi de Ouattara sera de faire d’une prospérité partagée le gage de la réconciliation nationale…

23 octobre 2015

Congo: l’UDPS adresse un ultimatum à Kabila

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A un an des élections présidentielles, prévues pour novembre 2016, l’UDPS ( Union pour la démocratie et le progrès social), se rendant compte que le sablier du temps se vide inexorablement, a adressé un ultimatum aux autorités de Kinshasa, exigeant, d’ici novembre prochain, l’ouverture d’un dialogue supervisé par un représentant des Nations unies. Plusieurs des dirigeants du parti (Bruna Mavungu, secrétaire général, Bruno Tshibala, secrétaire général adjoint et porte parole du parti, et Felix Tshisekedi, secrétaire national aux relations extérieures) se sont rendus à Bruxelles pour livrer une analyse alarmante de la situation en RDC : pour eux, le pays vit dans une psychose de fin de règne, qui explique les incertitudes et les atermoiements du régime. Plus largement, depuis les élections contestées de 2011, qualifiées de « hold up électoral », une crise de légitimité plombe l’atmosphère politique. Pour l’UDPS, « le président Kabila gouverne par défi et toutes les institutions de la République sont illégitimes ». Mais surtout, l’UDPS craint que, pour justifier le « glissement », c’est-à-dire un report des échéances électorales, le régime n’essaie d’engendrer un chaos organisé. Il souligne en particulier le fait que, des 250 millions de dollars prévus pour organiser les cycles électoraux, 17% seulement aient été décaissés et il dénonce le démembrement précipité de neuf provinces pour arriver à un total de 26, dépourvues des moyens de fonctionner.
S’appuyant sur les résolutions des Nations unies, et sur l’accord cadre d’Addis Abeba signé le 24 février 2013, l’UDPS souligne que « le dialogue politique représente la voie royale pour sortir de l’impasse actuelle » et le président du parti, M. Tshisekedi, s’est adressé au secrétaire général de l’ONU pour lui demander de nommer un facilitateur chargé de rapprocher les parties.
L’UDPS met fortement en cause la neutralité de la commission électorale indépendante, malgré la nomination du successeur de l’abbé Malu Malu ,M. Corneille Nangaa, un laïc protestant (qui est vivement contesté par la puissante Eglise catholique, même s’il a été l’adjoint de l’abbé Malu Malu) et souhaite que sa composition soit entièrement remaniée.
L’UDPS insiste aussi pour que le processus électoral se déroule dans le respect de la Constitution et dans les délais prévus. C’est en tenant compte de ce calendrier serré que le parti estime que le temps presse : si le dialogue demandé n’est pas entamé d’ici fin novembre, il deviendra sans objet…
Exprimée en termes policés par les dirigeants d’un parti qui demeure la principale force politique de l’opposition, la menace est sous jacente : si la proposition de dialogue est repoussée, l’UDPS « s’en remettra au peuple congolais » et lancera des actions publiques. Des actions qui seront, non sans risques, un test de sa capacité de mobilisation…

20 octobre 2015

“L”homme qui répare les femmes” est autorisé au Congo

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Surprise ! Alors qu’en septembre dernier, le film « l’homme qui répare les femmes, la colère d’Hippocrate », avait été interdit de diffusion au Congo avec pour motif des erreurs de traduction mettant en cause l’armée congolaise, le ministre congolais de l’Information Lambert Mende a subitement levé la décision.
Assurant que ce documentaire était utile « pour accompagner les efforts de la République démocratique du Congo et de la communauté internationale pour lutter contre le fléau des violences sexuelles », il a, dans la soirée de lundi, autorisé la diffusion du film sur les ondes de la radio télévision nationale congolaise et donc annulé l’interdiction qui empêchait la projection du film sur le territoire.
En septembre, le ministre avait justifié sa décision par le « mécontentement » de l’armée qui s’était sentie « calomniée », et par la traduction de certains témoignages qu’il jugeait inexacte. Le communiqué du ministre indique que « la séquence du film ayant fait l’objet d’une traduction jugée non conforme aux propos tenus par les victimes peut-être élaguée sans en altérer la substance. »
Joint par téléphone, le ministre Mende nous a confirmé qu’il avait fallu attendre « que s’apaise le mécontentement de l’armée » et que, au plus vite, il avait envoyé le documentaire sur les antennes de la télévision nationale.
Grâce à cette diffusion, les Congolais ne seront pas les derniers à prendre connaissance d’un film qui leur était destiné en premier lieu et qui devait être présenté cette semaine aux Nations unies en présence du Docteur Mukwege.
« L’homme qui répare les femmes » a déjà reçu plusieurs prix internationaux, dont le dernier a été décerné en Guadeloupe et son interdiction en RDC avait suscité de nombreuses réactions d’indignation au Congo et à l’étranger.
Cette décision, prise en haut lieu à Kinshasa, sera certainement de nature à apaiser les esprits. Mais surtout, elle permettra à une majorité de Congolais de prendre la mesure des souffrances infligées aux populations du Kivu par des années de guerre, de mieux comprendre le travail du Docteur Mukwege, obstétricien, mais aussi thérapeute des âmes et d’admirer le courage de ces innombrables femmes du Kivu qui, refusant de demeurer des victimes, réussissent à se redresser et à reprendre en mains leur destin. Ce courage là, enfin porté à la connaissance du plus grand nombre, doit être considéré comme un gage d’espoir…

18 octobre 2015

Anne-Marie Lizin frappée au coeur

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Anne-Marie Lizin a-t-elle emporté son carnet d’adresses ?On l’avait peut-être oublié, mais l’ex-bourgmestre de Huy était l’une des femmes des plus connues de Belgique sur le plan international, qui avait noué aux quatre coins de la planète des amitiés fidèles et des contacts utiles. Depuis ses débuts au cabinet d’Henri Simonet, à la fin des années 70 jusqu’à son poste de présidente du Sénat, Anne-Marie Lizin avait développé un sens extraordinaire des relations humaines. Par curiosité d’esprit, pour le plaisir de côtoyer les grands et les puissants, peut-être. Mais surtout parce que cette femme engagée, féministe, avait le sens de la solidarité internationale ; elle se souciait des peuples opprimés, avait suivi et soutenu les mouvements de libération, et avait gardé le contact lorsque les contestataires d’hier avaient à leur tour accédé au pouvoir, s’y installant souvent pour longtemps, comme à Cuba ou en Angola… Lors de son passage au cabinet Simonet, elle avait noué le contact avec les mouvements de libération des anciennes colonies portugaises, suivi de près la lutte contre l’apartheid, et n’ignorait aucun des opposants à Mobutu. Elle connaissait personnellement Arafat, Fidel Castro, s’était rendue à d’innombrables reprises en Algérie, y compris en franc tireur pour ramener des enfants à leur mère, connaissait le Moyen Orient et le monde arabe comme sa poche… Au Congo, elle avait connu Laurent Désiré Kabila durant ses années d’exil, et, l’une des seules Belges à être invitée au mariage de son fils Joseph, elle n‘hésita pas à faire l’aller retour, entre deux avions, deux conseils communaux, cinquante rendez vous…Certes, Anne-Marie bousculait, dérangeait. Toujours impeccablement mise, elle n’hésitait guère à s’asseoir au premier rang, au grand dam parfois des diplomates de carrière qu’elle éclipsait par son brio, son entregent, et qu’elle n’hésita pas à mettre à contribution lorsqu’elle brigua, en vain, la direction de l’Unicef. Mais elle brillait aussi par sa connaissance des dossiers, son sens des relations humaines. Par la suite, lorsqu’elle occupa la présidence du Sénat, elle donna à l’institution un éclat inégalé, invitant à l’Assemblée des personnalités venues du monde entier, des femmes de renom, des défenseurs des droits de l’homme, des militants, aussi bien que des personnalités politiques…
Dans un autre pays, les talents, les contacts d’ une personnalité comme Anne-Marie Lizin auraient été utilisés au service de la diplomatie, de l’humanitaire, elle aurait été chargée de mission, ambassadeur itinérant, que sais je… Mais en Belgique, cette femme entreprenante et parfois trop voyante faisait des jaloux. Elle n’entrait pas dans le rang, ne suivait pas les consignes, demeurait un franc tireur de la politique même si elle avait accédé aux plus hautes sphères, entretenu des relations de haut niveau y compris en France et aux Etats Unis. Elle était aussi demeurée fidèle à ses engagements de jeunesse, la cause des femmes, la libération des peuples, sans jamais oublier sa ville de Huy où elle fut très populaire, non seulement parce qu’elle y attira des personnalités et des artistes venus du monde entier mais aussi car elle se souciait des plus modestes de ses concitoyens.
Bien sûr, elle n’était pas discrète, et dans son parti, elle ne jouait pas sur toutes les nuances de gris, leur préférant le rouge de l’internationale et beaucoup ne lui pardonnèrent pas d’être hors norme, hors cadre, d’avoir une tête qui dépassait du rang et une voix qui portait trop loin. Comme toute personnalité politique, elle suscita des critiques, des inimitiés, elle commit des erreurs, peut-être des fautes et fut sommée de les payer cash.
Mais méritait-elle pour autant le véritable lynchage médiatique dont elle fut la cible ? Il est des chroniqueurs, des humoristes, des enquêteurs de bocal et des redresseurs de torts à la petite semaine qui doivent peut être, peut-être, se sentir un peu mal depuis qu’elle s’est éclipsée. Car ils ont frappé avec persévérance, parfois juste mais toujours dur, ils ont frappé en plein cœur et c’est le cœur qui, précisément, a fini par lâcher…Anne-Marie Lizin, qui n’hésitait pas à tutoyer les plus grands, aurait mérité des adversaires d’un autre format…

14 octobre 2015

Brouille entre le Burundi et la Belgique

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Vétéran de la carrière diplomatique, ayant été en poste dans plusieurs pays africains dont l’Ouganda et le Rwanda, l’ambassadeur belge à Bujumbura Marc Gedopt est un diplomate chevronné, habitué à peser ses mots pour ne pas heurter les susceptibilités locales. Par le biais d’une note verbale, le gouvernement burundais a cependant annoncé le retrait de son agrément et demandé son remplacement, en raison de la « dégradation de la confiance » entre les deux pays.
Cette décision, assez inhabituelle, a sans doute été motivée moins par les propos de l’ambassadeur (actuellement en vacances au Canada) que par plusieurs décisions adoptées à Bruxelles afin de faire pression sur les autorités burundaises : suspension de projets de formation de la police et de l’armée, et, tout récemment, suspension du financement d’un projet qui faisait la fierté de la coopération belge au Burundi, le projet « pavage », par lequel des centaines de jeunes, souvent issus des groupes armés, étaient réinsérés dans la vie civile et participaient à l’amélioration des routes secondaires dans la capitale. Ce projet dit « à haute intensité de main d’œuvre » déjà mis en œuvre avec succès au Rwanda, était en passe d’essaimer à Bukavu, la capitale du Sud Kivu voisin.
En plus de la manifestation de cette mauvaise humeur diplomatique, il semble que les autorités burundaises aient, sinon encouragé, du moins laissé se dérouler sans encombre une manifestation qui a rassemblé plusieurs centaines de jeunes devant l’ambassade de Belgique, criant des slogans hostiles et brandissant des pancartes peu lisibles. De l’avis de plusieurs témoins sur place, ces jeunes seraient membres des Imbonerakure, la Ligue de la jeunesse du parti du président, jeunes sportifs au départ mais de plus en plus politisés et accusés de s’être livrés à de nombreuses intimidations et violences durant la campagne qui a mené à l’élection du président Nkurunziza, dont le troisième mandat à la tête de l’Etat est contesté par l’opposition et mis en cause par les partenaires traditionnels du Rwanda, dont la Belgique, l’un des principaux bailleurs de fonds.
Les autorités belges ont réagi avec prudence à la demande de remplacement de l’ambassadeur Gedopt, qui était de toutes manières visé par le prochain « mouvement » diplomatique de 2016 : tant Didier Reynders que Rudi Demotte, ministre-président de la Fédération Wallonie Bruxelles, ont dénoncé le « geste inamical » du Burundi dont l’ambassadeur a été convoqué au Ministère des Affaires étrangères.
Au-delà de cet épisode diplomatique, la brouille entre deux partenaires aussi fidèles que le Burundi et la Belgique illustre la dérive du pays depuis qu’en avril dernier, le parti au pouvoir, CNDD-FDD, a choisi de reconduire le président sortant Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat, non conforme aux accords de paix d’Arusha. Conclus sous l’autorité morale des présidents Mandela et Nyerere, (Tanzanie) ces accords complexes, répondant aux appréhensions des Hutus comme des Tutsis, représentaient depuis quinze ans le socle de la paix civile et de la réconciliation au Burundi. Depuis la décision du parti au pouvoir d’imposer son candidat coûte que coûte, le Burundi a entamé une véritable descente aux enfers : manifestations violentes dans la capitale, tentative de putsch militaire, répression de la presse et exil de la plupart des journalistes influents, exode de plus de 100.000 réfugiés, vers le Rwanda, la Tanzanie, le Kivu. La violence, qui fait chaque nuit des morts dans les quartiers populaires, a aussi emporté le général Nshiymirimana,chef des renseignements et numero deux du régime et failli coûter la vie au chef d’état major le général Prime Nyaongabo. Désormais nul n’est plus à l’abri de la violence, ni les partis d’opposition qui ont formé une coalition encore fragile, le Cnared, ni le pouvoir miné par des dissensions internes et des trahisons. La suspension des coopérations étrangères, en en particulier le refroidissement des relations avec la Belgique pourrait accélérer la dégradation d’une économie fragile et dépendante. En outre, si elles sont tendues avec les Occidentaux, dont les Etats unis, les relations du Burundi avec le Rwanda deviennent exécrables : Kigali accuse son voisin de recruter des FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda, descendants des génocidaires de 1994) et surtout, dénonçant la présence sur le sol rwandais de personnalités politiques, de journalistes et de militaires déserteurs, Bujumbura accuse Kigali d’encourager des manœuvres de déstabilisation du régime.
Principale bénéficiaire des accords d’Arusha, qui avaient permis de mixer ex- rebelles et troupes gouvernementales, l’armée burundaise veille à ne pas trop afficher ses divisions. Mais elle s’affronte de plus en plus souvent à la police et craint une réduction drastique de ses budgets assurés par l’aide internationale. Une implosion de l’armée mènerait inexorablement à la guerre civile et la question qui hante les esprits est de moins en moins « comment » mais « quand » ?

14 octobre 2015

Vers des présidentielles dangereuses en Côte d’Ivoire

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Le premier tour de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, programmé pour le 25 octobre prochain, sera suivie de près par tous ceux qui espèrent qu’un scrutin apaisé permettra à ce pays phare de l’Afrique de l’Ouest d’oublier le traumatisme laissé par le scrutin précédent. En 2010 en effet, la contestation de l’élection présidentielle s’était traduite par des affrontements meurtriers entre les partisans des deux principaux rivaux, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Plus de 3000 Ivoiriens avaient alors été victimes des violences et 300.000 personnes s’étaient réfugiées dans les pays voisins.
Jouissant de l’appui de la France, Alassane Ouattara et son parti RDR (Rassemblement des républicains) soutenu par les combattants des Forces nouvelles, avait alors été déclaré vainqueur des élections tandis que le président en exercice Laurent Gbagbo, refusant de reconnaître sa défaite, avait lancé dans la bataille ses partisans les « Jeunes Patriotes » avant d’être attaqué dans son palais, mis en déroute et arrêté par une intervention militaire française. Depuis lors, l’ex président, détenu à La Haye, attend de passer en jugement devant la Cour pénale internationale . Quant à Alassane Ouattara, un économiste issu des rangs du Fonds monétaire international et favori des bailleurs internationaux, il a misé sur le redressement du pays et la Côte d’Ivoire, principal producteur mondial de cacao , a retrouvé un taux de croissance de 7%.
Malgré des inégalités persistantes, les succès économiques de Ouattara devraient lui permettre de remporter le scrutin, ce qui légitimera définitivement son pouvoir.
Cependant, le malaise persiste : alors que dix candidats à l’élection présidentielle avaient été retenus par le Conseil constitutionnel, plusieurs d’entre eux ont suspendu leur candidature, dont Amara Essy, ancien ministre des affaires étrangères, qui dirige la Coalition nationale pour le changement, une alliance de plusieurs opposants à Ouattara ainsi que Mamadou Koulibaly, ancien président de l’Assemblée nationale et fondateur du parti Lider. Tous deux ont dénoncé une « mascarade électorale », une « élection délibérément sabotée », accusant la Commission électorale de ne pas être impartiale et soulignant que son président, Bagayoko, était déjà en fonctions en 2010, lorsque la proclamation des résultats donna le signal au déclenchement des violences. De son côté Amnesty International a appelé la Côte d’Ivoire à mettre fin aux arrestations arbitraires d’opposants et a dénoncé le climat de peur précédant la campagne.
La victoire probable de M. Ouattara risque ainsi d’être ternie tant par le retrait d’opposants de poids que par l’abstention d’un nombre important d’électeurs qui, estimant que les jeux sont faits, choisiront de boycotter le scrutin. Pour l’instant cependant, Pascal Afi N’Guessan, le candidat du parti de Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI) demeure en lice et, sur les terres de l’Ouest ivoirien où il fait campagne , c’est l’ombre du président déchu et détenu qui pèse toujours sur la perspective des élections.
Plusieurs ouvrages récemment parus démontrent que la campagne se déroule aussi sur le plan éditorial et que Laurent Gbagbo, réduit au silence, garde des avocats bien en verve. C’est ainsi que le journaliste François Mattei (1) restitue un long dialogue mené avec Gbagbo depuis sa prison de Scheveningen, que l’ancien conseiller spécial du chef de l’Etat Bernard Hourdin (2) dénonce l’ « imposture » par laquelle Ouattara, originaire du Burkina Faso aurait réussi à s’imposer en Côte d’Ivoire. Avec force détails, Hourdin explique comment l’actuelle «Première dame », Dominique Nouvian Folloroux, très proche du défunt président Houphouet Boigny, grâce auquel elle fit fortune dans l’immobilier, mena Ouattara jusqu’aux sommets du pouvoir. Quant à la journaliste Fanny Pingeaud, qui avait suivi sur le terrain l’élection contestée de 2010, elle confirme avec force détails et précisions le rôle joué alors par la France et explique pourquoi, vu de Paris, le nationaliste Laurent Gbagbo qui entendait diversifier les partenaires économiques de son pays était devenu sinon un homme à abattre du moins une personnalité à écarter à tout prix…

François Mattei et Laurent Gbagbo, Pour la vérité et la justice, Editions du Moment

Bernard Hourdin, les Ouattara, une imposture ivoirienne, Editions du Moment

Fanny Pingeaud, France Côte d’Ivoire, une histoire tronquée, Editions Vents d’ailleurs

11 octobre 2015

Les maires francophones adressent, par leur présence, un message de solidarité à la Tunisie

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Tunis,

Un défi, un signe de solidarité avec un pays blessé qui tente de se relever après les agressions terroristes et qui veut diversifier son économie pour ne plus être trop dépendant du tourisme… Plus de 400 maires et responsables locaux, venus des cinq continents, se sont réunis à Tunis à l’initiative de l’ AIMF (Association internationale des maires francophones) pour partager leurs expériences et voir comment faire de leurs cités, des mégapoles parfois, des lieux d’innovation et de paix.
La confiance placée en la Tunisie a été confirmée par le Prix Nobel de la paix décerné au « quartet tunisien ». Cette décision a été saluée avec émotion par la maire de Paris et présidente de l’AIMF Anne Hidalgo : «ce peuple qui refuse de céder, qui relève la tête peut servir d’exemple à nous tous.. »
Le premier des constats établis par les maires durant les deux jours de travaux qui ont précédé l’assemble générale a été celui d’une croissance sans précédent : si en 1950 l’Afrique ne comptait aucune ville de plus d’un million d’habitants, aujourd’hui elles sont plus de 40 à dépasser cette taille. Kinshasa est passée de 160.000 habitants en 1960 à 10 millions aujourd’hui, Lagos a été multipliée par 40…
A l’image de leurs concitoyens la plupart des maires rassemblés à Tunis sont jeunes et les défis ne les effraient pas. Lorsque les organisateurs de la rencontre leur proposent de grands concepts, «villes innovantes », villes « intelligentes » (c’est-à-dire connectées) ils répondent, terre à terre, en expliquant comment ils gèrent leurs déchets, avec des charrettes tirées par des ânes comme en Mauritanie, comment, à Tahoua, comme dans les autres villes du Niger, « on a pris exemple sur le Rwanda et prévenu la population que, d’ici moins d’un an, les sacs en plastique seraient totalement bannis, car ils polluent, empoisonnent les animaux qui les broutent, défigurent le paysage… »
Venus de France, du grand Nord américain (Acadie, Nouveau Brunswick) les maires des pays développés décrivent leurs innovations, qu’il s’agisse de la gestion de l’eau, de la production et de la consommation d’énergie, des circuits de distribution. Les maires du Sud, eux, expliquent comment ils ont réussi à mobiliser les associations de femmes et de jeunes, comment , en Centrafrique par exemple, une vaste consultation populaire menée dans tout le pays a permis à la population d’exprimer ses aspirations concrètes, ce qui a, parfois et de manière très fragile, désamorcé les clivages identitaires et religieux. Avec fierté, de nombreux maires évoquent les succès engrangés : «à Maurice, voici 45 ans, nous n’avions d’autre ressource que la canne à sucre. Aujourd’hui nous avons diversifié notre économie, misé sur l’hétérogénéité de la population et c’est le respect absolu de la démocratie qui a permis d’atteindre la cohésion sociale… » Le maire de Kigali, pour sa part, invite ses collègues à venir découvrir les changements intervenus dans sa ville : « cité moderne, elle est propre, sécurisée, la planification est établie pour les décennies à venir, tous les progrès à réaliser sont consignés dans des « contrats de performance » conclus avec le chef de l’Etat et que nous sommes priés de respecter… »Mais pour la prochaine réunion de l’AIMF, ce n’est pas la candidature de Kigali mais celle de Beyrouth qui a finalement été retenue.

Que ce soit lors des débats en séance plénière ou lors d’innombrables apartés, une rencontre de ce type est l’occasion d’un grand brassage d’idées, d’une confrontation des expériences et des solidarités. Car très nombreux sont les maires du Nord qui retrouvent ici leurs partenaires du Sud, en faveur desquels ils ont mobilisé leurs concitoyens. « C’est grâce à l’AIMF que nous sommes avons été dotés d’une gare routière qui a triplé nos revenus » explique le maire de Tahoua, «nous aidons Lubumbashi et plusieurs communes de Kinshasa à établir ou à refaire leurs états civils » soulignent des municipalistes belges…Quant aux maires français qui ont fait le voyage, ils sont nombreux à souligner que la coopération décentralisée, qui mobilise aussi la bonne volonté des simples citoyens et se traduit par de multiples initiatives locales, engrange désormais des résultats plus concrets et plus durables que interventions plus ambitieuses des coopérations nationales ou internationales.
Qu’ils soient originaires du Nord ou du Sud, tous les maires convergent cependant sur un point : partout, la décentralisation s’avère difficile, les Etats se montrent jacobins et rechignent à libérer les ressources nécessaires aux autorités locales… « Lorsque les ministres débarquent dans nos quartiers, ils circulent dans des voitures 4X4 climatisées » s’exclame un maire sénégalais «nous, qui vivons aux côtés de la population, au milieu des chèvres et des dépôts d’immondices et c’est à nous que la population présente ses doléances, mais nous n’avons aucun moyen… » Maire de Dakar et futur candidat à la Présidence de la république, Khalifa Sall, secrétaire général de l’AIMF, s’engage à plaider en faveur d’une véritable décentralisation et suggère que les villes deviennent aussi des «banques de cerveaux » d’où partira l’innovation.
Anne Hidalgo, accompagnée par Bertrand Delanoë, ovationné, suscite l’assentiment général lorsqu’elle rappelle l’importance des prochaines élections municipales en Tunisie, qui doivent se tenir en 2016 : « ce processus doit être accompagné et, la réunion d’aujourd’hui, -ce moment de bonheur-, représente aussi un engagement : nous serons là… »