28 novembre 2016

Dans le coeur des Malgaches le roi du Maroc l’ a emporté sur la francophonie

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Antsirabe

Le passé et le présent…Les fils de l’histoire quelquefois s’entrecroisent : alors qu’à Antsirabe, au cœur des Haut plateaux de Madagascar plus de 300 journalistes membres de l’Union de la presse francophone débattaient de l’avenir de leur métier et de sa viabilité économique, nouant là un vibrant dialogue Nord Sud, le roi du Maroc, Mohamed VI, relisait, à l’hôtel des Thermes, l’une des pages les plus douloureuses de l’histoire de son pays et de la monarchie. De 1953 à 1955 en effet, le colonisateur français, en pleine guerre d’Algérie, choisit de reléguer le roi du Maroc à plus de 8000 kilomètres de son pays. Dans les couloirs de l’hôtel, jadis le plus prestigieux de la Grande Ile, des photos sepia rappellent la vie de reclus imposée au descendant du Prophète ainsi qu’à sa famille. Accueilli avec respect par la communauté musulmane de Madagascar, le roi venait régulièrement prier à la mosquée et c’est sur ses frères dans la foi qu’il put compter pour déjouer la surveillance des Français : Ismaïl Kattadra, un noble vieillard qui gérait à l’époque la mosquée se souvient encore des messages et des numéros que le souverain chérifien lui demandait d’apprendre par cœur et d’appeler en son nom : ceux qui répondaient au bout du fil s’appelaient Tito, Nasser, Suharto, Nehru… Ces grands leaders de ce qu’on appelait encore le tiers monde préparaient la conférence de Bandoeng qui allait donner naissance au mouvement des non alignés et sonner le glas de l’époque coloniale.
Petit fils du souverain exilé, le roi du Maroc s’est entretenu avec ceux qui avaient connu son aïeul et il exprima sa reconnaissance au peuple malgache qui avait accueilli les déportés avec hospitalité et respect. Les temps changent :alors que dans les années 50, le Maroc et Madagascar avaient à peu près le même niveau de développement, aujourd’hui le royaume chérifien est devenu une puissance, à l’échelle régionale en tous cas et il a les moyens de manifester sa reconnaissance à l’égard de Madagascar, qui est toujours l’un des cinq pays les plus pauvres du monde. C’est ainsi qu’en plus de la rénovation de l’hôtel des Thermes et de la construction d’un hôpitl et d’un cenjtre de formation, le souverain a annoncé la signature de quelque 24 traités de coopération économique avec la grande île.
Est-ce un hasard si cette visite officielle marocaine, qui avait été précédée par un soutien logistique et matériel non négligeable à la 45e édition des assisses de la presse francophone coïncidait avec le marathon de la francophonie auquel le roi dédaigna d’assister?