5 juin 2017

Une centaine de cyclistes belges se mobilisent pour soutenir les planteurs de café du Kivu nbi

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Bukavu,

Du jamais vu dans la région : une centaine de cyclistes belges, répartis en 18 équipes, ont, depuis Bukavu, la capitale du Sud Kivu, rejoint Goma, en pédalant le long des rives du lac Kivu et en découvrant les pistes de l’île d’Idjwi, l’une des plus grandes d’Afrique. Toutes les autorités, depuis les gouverneurs de province jusqu’aux services de sécurité, ont été mobilisés pour accueillir dans de bonnes conditions ces pionniers de la « petite reine ».
C’est que ces sportifs ne sont pas n’importe qui : médecins de Saint Luc, directeurs financiers, patrons de presse, ils « pèsent » sur le plan professionnel, mais surtout avant le départ ils ont du s’engager et trouver des « sponsors » disposés à les soutenir. « Chaque équipe, pour pouvoir participer, a du s’engager à réunir 10.000 euros » explique Thierry Beauvois qui, avec son ami Eric de Lamotte, est l’initiateur de cette levée de fonds solidaire. « Avant même le premier coup de pédale, le résultat dépasse toutes les espérances : « nous avons récolté 320.000 euros » explique Thierry Beauvois «ce qui nous permettra de tenir les promesses faites aux producteurs de café membres de notre coopérative « Comequi » « commerce équitable ». Depuis une dizaine d’années en effet, Comequi rassemble 1350 petits producteurs de café de la région de Minova, et les aide non seulement à améliorer la qualité de leur café d’altitude, un arabica dont la réputation commence à s’étendre dans les milieux spécialisés mais souhaite construire une deuxième usine de lavage de café à Ludumba, afin que le traitement des précieuses graines puisse se faire le plus près possible du lieu de la récolte.
Le matelas financier de Comequi permettra aussi à la coopérative partenaire Amka de payer directement ses membres, dès qu’ils apporteront les fruits de leur récolte, sans attendre que le café soit vendu sur les marchés internationaux. « Etre rémunérés tout de suite, et très bien , pour leur travail encourage les petits producteurs, et les dissuade de vendre à moindre prix à des intermédiaires parfois douteux qui offrent de pâyer cash et sortent le café en fraude…
Durant six jours, les cyclistes, tous des amis et des amis d’amis, recrutés par une sorte de « réseau » ont donc découvert l’une des plus belles régions d’Afrique, les rives du lac Kivu où la vie revient peu à peu après les guerres à répétition, et aussi Idjwi, île heureuse et oubliée jusqu’à présent, qui n’a jamais connu la violence mais qui écartée des grands circuits touristiques, connaît cependant une grande pauvreté due à la surpopulation.
Les ambitions de Comequi sont multiples : il s’agît de créer un esprit coopératif, d’apprendre aux paysans à travailler ensemble, mais aussi de mettre en œuvre des projets visant à l’excellence : grâce à C4C (Bike for Comequi), nous aurons les moyens de créer une « académie du café » où « les producteurs seront formés et capables de soutenir la concurrence internationale » souligne Thierry Beauvois qui répète son leitmotif, “de la qualité, de la qualité et toujours la meilleure qualité…”…
Ces ambitions, les 85 cyclistes les ont découvertes tout au long de leur périple, où ils ont aussi visité de projets concrets mis en œuvre en marge de la production de café, comme le soutien apporté aux écoles de la région ou à des centres de santé.
A l’heure où les relations entre la Belgique et le Congo se refroidissent chaque jour davantage (les sanctions à l’égard de responsables congolais décidées par l’Union européenne laissent craindre le renvoi de certains ambassadeurs…) le rallye cycliste représente malgré tout une note d’espoir et d’optimisme : il se trouve encore des Belges, de simples citoyens, anciens d’Afrique ou purs novices, qui croient en ce pays et surtout qui veulent concrètement aider les simples citoyens à s’en sortir autrement qu’en attendant la manne humanitaire…