10 septembre 2017

La société civile de Butembo se révolte

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La « communauté urbaine » de la ville de la société civile de la ville de Butembo paie cher son hostilité au pouvoir : des menaces de mort pèsent sur ses membres et l’abbé Waswandi, l’un des organisateurs des manifestations, docteur en philosophie de l’Université du Graben a été grièvement blessé lors d’une tentative d’enlèvement par des hommes en armes non identifiés.
Depuis lors l’université est en ébullition et la ville de Butembo, l’une des plus dynamiques et des plus prospères du Nord Kivu est entrée en rébellion contre le pouvoir : exigeant le départ de toutes les autorités, politiques et administratives (le maire et son adjoint, les commandants de la police, de l’armée, des services de renseignements) la « coordination urbaine » a réussi à faire observer le mercredi 6 septembre une journée Ville Morte quasi complète, qui a vu la fermeture de tous les commerces, la cessation de toutes les activités. Ce phénomène est d’autant plus remarquable que la population Nande de Butembo est l’une des plus actives du pays, entretenant de nombreux liens avec l’Ouganda voisin et commerçant avec Dubaï et la Chine.
La population dénonce l’incapacité des autorités à restaurer la sécurité, menacée par le phénomène Kasuku (un groupe de rebelles armés) qui endeuille la ville depuis bientôt dix mois. Elle souligne en particulier l’attitude des agents des services de renseignements qui doivent sans cesse collecter des amendes qui seront ensuite envoyées à Goma.
Après une journée de grève totale, la pression s’est maintenue par des concerts de sifflets et de klaxons, déclenchés à heure fixe, plusieurs fois par jour et aussi par des concerts de «vuvuzela », ces instruments à vent utilisés lors des manifestations et des matches de football en Afrique du Sud.
Durant toute la semaine, un important dispositif militaire avait été déployé dans la ville et les organisateurs des manifestations, membres de la coordination urbaine ont été attaqués de nuit par des bandits non identifiés, ou ont reçu des menaces de mort. Des activistes des droits de l’homme, enseignants par ailleurs, ont été mis en prison par les militaires, accusés d’avoir des relations avec les rebelles Mai Mai.