20 septembre 2017

Ndaywel croit au métissage

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Isidore Ndaywel, historien

Les Congolais tiennent beaucoup à l’unité de leur pays : certes, le Congo a été créé artificiellement, mais il a un vécu de plus d’un siècle et une culture s’est créée. Une culture congolaise qui s’est rediffusée sur l’ensemble du territoire, entre autres par la musique. La convivialité, la musique, certaines formes d’expression artistique : les origines sont multiples, mais tout cela fusionné, ces valeurs se sont redistribuées sur tout le territoire. Kinshasa est demeuré un creuset de cultures, le savoir être de la capitale s’est imposé dans tout le pays. (…)On ne rencontre pratiquement plus de famille congolaise dont tous les membres appartiennent à un même groupe, sont originaires d’une même province. Il y a eu tellement de mélanges… (…) Les métis sont un héritage du ghetto belge. Ce sont les Belges qui ont séparé, catégorisé. Placé les métis dans des écoles séparées. (…) Les métis formaient une classe intermédiaire. Sitôt qu’apparaissait un métis quelque part, l’enfant était enlevé par d’administration coloniale. (…) Aujourd’hui apparaît une nouvelle génération de métis, ils sont nés de couples mixtes. Une nouvelle identité se crée, notre concept de nationalité congolaise exclusive va devoir changer.

(1) Extrait d’une interview de l’historien Isidore Ndaywel, dans «Congo, Kinshasa aller-retour » éditions Nevicata