31 octobre 2017

Goma en ébullition

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« Un an, c’est trop pour les pauvres . ».Au lendemain du passage à Kinshasa et Goma de l’envoyée spéciale américaine Nikki Haley, Goma exprimé un sentiment largement répandu : la population renâcle devant le nouveau délai d’un an qui a été donné à la Commission électorale pour organiser des élections qui auraient du avoir lieu en 2017. Alors que des appels à la grève, à une nouvelle journée Ville morte avaient circulé dans tout le pays, lancés par l’organisation TelemaEkoki, c’est à Goma que le mot d’ordre a été le plus suivi : une manifestation a été organisée par le collectif d’actions de la société civile, (Casc) dont fait partie le mouvement Lucha, (lutte pour le changement) et qui se plaint quelquefois d’être noyauté par des provocateurs à la solde du pouvoir. Alors qu’elle se voulait pacifique, la manifestation a en tous cas dangereusement dérapé : un policier a été lapidé dans un quartier populaire, deux autres ont été blessés par des jets de pierres et dans le quartier Majengo, les corps de quatre civils ont été découverts baignant dans leur sang. Selon des porte parole de la société civile, le nombre de civils blessés par la police s’élève à 17 et une quarantaine de personnes ont été arrêtées.
Le « ras le bol » de Goma est d’autant plus profond que la ville ressent durement les effets de la crise : l’argent ne circule plus et les fonctionnaires ne sont pas payés, pas plus que les députés et les ministres provinciaux, le cholera a fait sa réapparition car les gens vont puiser les eaux du lac Kivu, très polluées…
Cette manifestation représente la première réponse à la mobilisation lancée par les organisations populaires mais dans les autres villes du pays, et en particulier à Kinshasa, l’appel à manifester n’a été ni relayé ni suivi. A Lubumbashi, des jeunes ont été dispersés par la police à coup de matraques, tout comme l’ont été à Kisangani des jeunes qui avaient commencé à brûler des pneus.
(avec AFP)