7 février 2018

Des mesures qui frappent d’abord les Congolais

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Le premier effet de surprise passé, les Belges mais surtout les Congolais commencent à mesurer les répercussions des diverses mesures décidées à Kinshasa, en réponse à la réaffectation d’une aide directe de 25 millions d’euros qui avait été décidée par la coopération belge.
A Bruxelles, on a appris que, pour le moment en tous cas, Brussels Airlines pouvait poursuivre ses sept vols par semaine vers Kinshasa et cela en attendant qu’un nouveau plan de vol soit soumis à l’autorité congolaise de l’aviation civile.
La presse congolaise se montre assez critique à l’égard du coup porté à la compagnie belge. Tout d’abord parce qu’une réduction de ses vols à quatre par semaine pourrait, in fine, bénéficier à Rwanda Airways, qui renforce ses fréquences vers l’Europe mais aussi parce que le « coup de Jarnac »censé atteindre la Belgique frappe en fait un interlocuteur autrement plus coriace et plus puissant, c’est-à-dire l’Allemagne. Le journal « Le Phare » rappelle que la compagnie allemande Lufthansa est propriétaire de SN Brussels à 100% depuis 2016 et souligne le danger d’ouvrir ainsi un nouveau front contre une puissance européenne alors que le Congo demeure fragile et tributaire des institutions de Bretton Woods.
La décision de demander le « démantèlement » de la maison Schengen relève de la même logique : au lieu de frapper la Belgique, elle risque de pénaliser les Congolais et de renforcer la solidarité entre Européens. En effet, alors que Kinshasa croyait que les 17 pays membres de l’espace Schengen allaient désormais se charger de délivrer individuellement les visas aux demandeurs congolais, le « consulat » de l’Europe a décidé de restituer les passeports qui avaient été déposés en ses bureaux et selon certaines sources les demandeurs de visa se seraient vu conseiller de se rendre à Brazzaville, de l’autre côté du fleuve, ce qui représente une contrainte et un coût supplémentaires.
L’ambassade de Belgique a mis en place un numéro de téléphone pour les Congolais qui sollicitent un visa pour un court séjour mais en précisant qu’elle ne prenait plus de dossier pour l’instant.
Commentant les décisions de Kinshasa, le ministre Didier Reynders a souligné que « dans les faits elles seront très négatives pour la population congolaise et il s’est déclaré prêt à envoyer une délégation au Congo avec des représentants de divers cabinets ministériels, (Premier Ministre, Défense, Coopération). Il a aussi insisté sur la nécessité d’une concertation au gouvernement fédéral et surtout au niveau européen « nous devons trouver une solution avec l’Union Européenne et avec l’Union africaine »a-t-il souligné.
Les alliés européens de la Belgique, partenaires du Congo, feront-ils, comme au rugby, un « mur » pour garder le contrôle du ballon ? Réponse dans les jours à venir.