29 mai 2018

Le professeur Maindo se voit interdire de quitter Kinshasa

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Professeur de sciences politiques à l’Université de Kisangani, Alphonse Maindo est un homme qui n’a pas froid aux yeux : non content d’avoir dénoncé un trafic de faux diplômes et s’être attiré l’ire d’un colonel, il a animé une conférence de presse à Bruxelles aux côtés du Docteur Mukwege et d’un autre intellectuel, le professeur Mbata. Les trois hommes ont défendu l’idée d’une « transition citoyenne » qui ne serait pas organisée par l’actuelle CENI (Commission électorale indépendante) mais par une instance neutre et provisoire. Les vives critiques adressées au pouvoir en place ne sont pas passées inaperçues à Kinshasa : arrivé dans la capitale mardi matin, le professeur Maindo qui devait se rendre à Brazzaville pour participer à une conférence s’est vu empêcher, mardi à 13 heures, de prendre la navette et de se rendre dans le pays voisin. Un fonctionnaire lui expliqua qu’il ne faisait qu’appliquer une instruction selon laquelle les professeurs d’université et les médecins ne peuvent quitter le territoire de la République démocratique du Congo sans l’autorisation de leur ministre de tutelle. « Jamais je n’avais entendu parler de cette autorisation et personne n’a pu montrer le texte de référence » nous a expliqué le professeur Maindo joint par téléphone. Après avoir attendu jusque 16 heures, le politologue a renoncé à la traversée. Si cette exigence d’autorisation devait se confirmer, elle viserait directement les membres d’une équipe de douze professeurs issus de quatre universités qui se sont déjà réunis à Bukavu, Kisangani, Lubumbashi et qui envisagent, à Kinshasa aussi, de lancer un appel aux Congolais afin qu’en réclamant leurs droits démocratiques, ils finissent par atteindre une « masse critique » qui devrait mener, espèrent ils, à une « transition citoyenne » c’est à dire sans Kabila…Tout indique aussi que le professeur Maindo est sanctionné pour les propos tenus la veille à Bruxelles…