9 août 2018

Isidore Ndaywel salue la victoire du peuple congolais

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L’historien congolais Isidore Ndaywel, à l’origine de la Coordination des laïcs chrétiens (CLC) organisatrice des grandes marches pacifiques du début de cette année, se réjouit de ce qu’il appelle « une victoire d’étape». « Pour nous, l’identité du candidat présenté par la majorité présidentielle est une question secondaire. C’est de la « cuisine interne» et il ne nous appartient pas d’interférer dans le choix des partis politiques. Par contre, nous nous réjouissons du fait que le président Kabila ne sera pas candidat à sa propre succession, qu’il renonce à briguer un troisième mandat. Il s’agît là d’une victoire obtenue grâce à la mobilisation du peuple congolais, de la suite des efforts menés par les leaders religieux, des pressions exercées par la communauté internationale. Un tel résultat mérite d’être salué, car il est encore relativement rare sur le continent africain. »
Le professeur Ndaywel, qui travaille en ce moment sur les processus de résistance mis en œuvre par les Congolais depuis l’époque coloniale, assure qu’ « une fois de plus le peuple congolais a démontré sa capacité de résister. Je suis fier d’appartenir à ce peuple qui, par son courage, a obtenu un tel résultat… Cependant, la lutte continue, car nous voulons arriver à des élections crédibles et inclusives. Or des acteurs politiques importants demeurent exclus du processus électoral, et nous ne sommes pas d’accord avec l’exclusion de Moïse Katumbi, ni avec le maintien en prison de personnalités politiques comme Diomi Ndongala (leader de la démocratie chrétienne) ou l’avocat de Lubumbashi Jean-Claude Muyambo. Ceux qui sont toujours en prison auraient le droit de se porter candidats, y compris à d’autres scrutins que la présidentielle, et ils en sont empêchés.
Par ailleurs, le fichier électoral reste à nettoyer, conformément aux recommandations de l’Organisation internationale de la francophonie ; plus de dix millions de cartes d’électeurs sont contestables et nous ignorons quel usage on en fera…
Le dernier point litigieux, c’est la « machine à voter ». Il est clair que le peuple n’en veut pas, que cette « machine » n’est pas prévue par la loi et est rejetée par l’opinion. Il faudra résoudre au plus vite cette question. Le combat continue, nous devons demeurer vigilants… »
Au sujet d’une « transition citoyenne » qui passerait par la mise à l’écart du président Kabila, Isidore Ndaywel rappelle « qu’elle n’est pas prévue par la Constitution et ne possède donc pas de base juridique. Par contre, il est possible que des raisons techniques obligent à déplacer la date des élections, que le délai puisse être déplacé de six mois. Cela, nous pourrions le comprendre, à la rigueur. Ce qui compte pour nous, c’est la légitimité. Il faut que ces élections soient les meilleures possible, qu’on en finisse avec la corruption, que le peuple sorte enfin de la misère. Le peuple congolais mérite de bonnes élections. Les meilleures possible. »