25 octobre 2018

L’opposition congolaise face l’alternative du diable

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Alors que la machine à voter défraie la chronique, les partis d’opposition sont confrontés à un choix cornélien : ou bien ils décident de boycotter le scrutin prévu pour le 23 décembre prochain, échéance que la Commission électorale promet toujours de respecter, ou bien ils s’inclinent et acceptent de tenter leur chance, en sachant bien que l’élection présidentielle se joue à un tour.
Si le boycott devait l’emporter, deux hypothèses se présenteraient : la première, si les élections étaient organisées malgré tout, c’est que le Front commun pour le Congo, la méga plateforme réunie autour de la majorité présidentielle l‘emporterait haut la main faute d’adversaires. Et si, seconde hypothèse, le pouvoir utilisait cette défection pour différer le scrutin faute d’accord sur ses modalités, le grand gagnant serait… Joseph Kabila, qui, automatiquement, verrait son mandat prolongé, puisque la constitution l’autorise à rester en place jusqu’à l’installation de son successeur. Le boycott permettrait aussi au pouvoir, au cas où les moyens matériels lui feraient défaut, de faire porter à l’opposition la responsabilité d’un nouveau délai.
Bien conscients de ces risques, certains partis comme l’UDPS de Félix Tshisekedi ou l’Union pour le Congo (UNC) de Vital Kamerhe, ont annoncé qu’avec ou sans la machine à voter, ils participeraient au prochain scrutin, à la date prévue. Ce qui divise encore davantage le camp de l’opposition et fait reculer la perspective d’une candidature unique de l’oppostion… Or avec un scrutin à un tour, seul un candidat rassemblant toutes les voix de l’opposition aurait ses chances de supplanter le candidat du pouvoir, Emmanuel Shadary Ramazani, qui bénéficiera probablement de tout le soutien de l’appareil d’Etat et des forces de sécurité. Là aussi, cela coince : le parti de Tshisekedi a déjà fait savoir qu’il ne s’inclinerait devant personne et chacun des autres ténors demeure convaincu de ses chances.
Afin de définir un plan B au cas où le gouvernement demeurerait inflexible à propos de la machine à voter et de tenter, une fois encore, de trouver un candidat unique, les principaux candidats de l’opposition à l’élection présidentielle se sont retrouvés une fois encore en Afrique du Sud et maintiennent l’idée d’une grande manifestation contre la machine à voter….
C.B.