25 novembre 2018

Forêts du bassin du Congo, un livre, une conférence internationale

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Comment sauver les forêts du bassin du Congo ? Après l’Amazonie, l’Afrique centrale abrite la plus grande forêt pluviale continue au monde et ses deux millions de km2 couvrent en partie six pays :le Cameroun, la République centrafricaine, la République du Congo, la République démocratique du Congo, le Gabon et la Guinée équatoriale. Relativement intacte, -mais pour combien de temps ?- cette immense forêt, l’une des dernières de la planète, abrite et fait vivre des dizaines de millions d’hommes mais elle est également très riche en biodiversité. Grands singes, gorilles, chimpanzés et bonobos, éléphants de forêts, oiseaux au plumage multicolore y trouvent l’un de leurs derniers havres… Cependant, le temps joue contre ce trésor : l’exploitation forestière non durable se répand, la pression sur les ressources en bois pour fabriquer du « makala », le bois de chauffage, devient de plus en plus forte, accentuée par l’augmentation de la démographie et la pauvreté généralisée. S’il n’est pas encore trop tard, il est urgent de se mobiliser pour sauver ce dernier poumon vert de la planète. C’est pourquoi Bruxelles accueillera cette semaine une importante conférence internationale, réunissant les « parties du partenariat pour les forêts du bassin du Congo » (PFBC), soit 450 personnes appartenant au monde académique et scientifique mais aussi des représentants des divers gouvernements concernés et des membres du secteur privé qui devront faire face à certaines critiques…. Cette réunion est la première depuis longtemps où une délégation venue de Kinshasa est attendue avec impatience et curiosité : qui sera du voyage et avec, éventuellement, quel message ?
S’ils veulent nourrir leur réflexion voire leurs décisions, on ne peut que conseiller aux participants de lire le très beau livre d’un auteur hollandais, Meindert Brouwer, « les forêts d »’Afrique centrale pour toujours » (édition MB) . L’auteur, déjà remarqué pour ses ouvrages sur l’Amazonie, associe un travail de journaliste et une vocation de pédagogue : à l’aide de superbes photos, il explique, en interrogeant le Camerounais Kevin Ndjabo, quelles sont les fonctions des plantes et des animaux dans l’écosystème forestier, il décrit les méfaits du braconnage dans le parc de la Salonga en RDC, raconte la vie d’un jeune couple européen qui a choisi de travailler pour la protection des bonobos et de vivre à leurs côtés dans la forêt pluviale.
L’auteur insiste : tout n’est pas négatif, des solutions existent, des initiatives réussissent. Ainsi, il apparaît que l’on peut réduire la déforestation en plantant des arbres pour en faire du charbon de bois, que des pratiques agricoles novatrices peuvent réduire la pression sur les forêts et diminuer la conversion de ces dernières en terres agricoles. Même l’huile de palme, si critiquée, en particulier en RDC, peut être un facteur de développement lorsque les petits exploitants, bien encadrés, se chargent de la production agricole…. Didactique, bien illustré, abordant des sujets variés, ce livre mérite de circuler et d’être lu dans les coulisses de la conférence de Bruxelles.