25 novembre 2018

Patrice Lumumba est revenu au Palais des Beaux Arts de Bruxelles!

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Il était là ! Par la grâce de la rumba, la force des plus belles chansons du répertoire congolais, les instruments de 22 musiciens et surtout un public enthousiaste, Congolais et Belges mélangés dans une même ferveur :durant une soirée exceptionnelle, dans la grande salle Henri Le Bœuf, Patrice Lumumba est revenu à Bruxelles. Il a été chanté, dansé, commémoré comme jamais… « Rumba Lumumba », ce concert exceptionnel organisé par « Pro activ Congo » »a réuni quelques unes des plus belles voix de la chanson congolaise, Sam Mangwana, Bumba Wassa, Nana Akumu, cinq guitares, deux saxos, la trompette de Muky Muindila, deux guitares basses, batteries et percussions pour faire revivre le souvenir de l’ancien Premier Ministre, père de l’indépendance à travers les chansons des années 60, qui marquèrent les temps de lutte, les moments d’espoir et de promesses. A cette époque, la rumba était encore jeune : c’est en écoutant les rythmes afro cubains déversés par les radios que les musiciens de Kinshasa retrouvèrent l’écho de leurs musiques traditionnelles. Elles avaient traversé l’Atlantique à bord des bateaux négriers, fait souche à Cuba, les rythmes s’étaient métissés et un jour, la radio et les disques des colons ramenèrent la rumba au pays des origines. Les artistes congolais, eux, vivaient au rythme des luttes de leur pays : c’est en 1954 qu’Adou Alenga lança une chanson qui retentit comme un cri audacieux « Ata Ndele, Mokili Ekobaluka » Autrement dit « tôt ou tard » le Congo changera de visage ». Alors que les Belges d’alors n’entendaient que les notes syncopées et la joyeuse ferveur, les Congolais de l’époque comprirent la promesse de l’indépendance. « Ata Ndele », en 2018, à un mois des élections qui vont rebattre toutes les cartes, comment ne pas frémir à nouveau ?
En 1960, un frisson d’enthousiasme parcourait le Congo : Franco chantait « Lumumba héros national », l’African Jazz animait, à sa manière, la table ronde qui précéda l’indépendance.. Mais très vite, en 1961, Franco composa « Liwa Ya Emery » pour pleurer avec sa guitare la mort de l’éphémère Premier Ministre, défiant par la musique la terreur et la répression qui s’étaient abattus sur le pays.
Dans ces chansons des années 60 se retrouvent tous les grands thèmes de la conscience nationale congolaise : l’aspiration à l’unité du pays, la célébration de sa grandeur, la beauté du Fleuve Congo, les liens avec Brazzaville la capitale jumelle de Kinshasa, le souvenir de l’esclavage…
Rochereau, Papa Wemba, Franco, Jeff Kalle, Franklin Boukala… Le temps d’une soirée, les géants de la musique congolaise ont visité le Palais des Beaux Arts et le public qui avait fait salle comble ne bouda pas son plaisir : à tout moment Belges et Congolais, toutes générations confondues, s’échappaient des travées pour danser en accompagnement des musiciens déchaînés. La souffrance des espoirs déçus, la force de la vie, l’espoir qui renaît sans cesse « ata ndele » (tôt ou tard ), c’est cela le Congo, et c’est là que des Belges, nombreux, enthousiastes, ont rejoint les Congolais le temps d’une soirée, dans la même ferveur, nostalgique pour les uns, dynamique et joyeuse pour les autres. Jusqu’à ce que la chanson mythique, le véritable hymne national du Congo et de l’Afrique fasse communier une salle debout avec des artistes peu pressés de conclure et de briser la magie: « Indépendance cha cha ». C’était hier, c’est aujourd’hui, Patrice Lumumba était revenu à Bruxelles, entre Belges et Congolais on s’est retrouvés, le temps d’une soirée magique…