18 février 2019

A Goma, le festival Amani est aussi un pari sur l’avenir

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Pour sa 6e edition, le festival Amani à Goma a affiché complet. Sold out ! Plus de 36.000 spectateurs, venus de l’Est du Congo et des pays voisins, ont applaudi de grandes vedettes congolaises comme Falu Ipupa ou Youssoufa, chanté la beauté de la femme africaine et surtout dansé jusqu’au crépuscule, sur la pelouse du collège Mwanga. « Quant on danse on est tous égaux » chantaient les jeunes Congolais, Rwandais, Burundais, poussés par un souffle d’optimisme sans précédent. Les années précédentes en effet, le festival avait, à chaque fois, été marqué par les incertitudes : risques de guerre, tensions pré électorales. Cette fois, seule l’épidémie d’Ebola qui sévit à Beni et est apparue à Butembo a justifié des précautions rigoureuses : chaque participant devait non seulement exhiber son bracelet d’entrée (obtenu pour le prix modique de un euro…) mais se laver soigneusement les mains…Lucha, plus militante que jamais, a cependant fait la grimace et critiqué le fait que, dans les circonstances actuelles, on puisse faire la fête. Il est vrai que des morts avaient été déplorés dans le quartier de Mugunga, que MSF a suspendu ses opérations dans le Masisi. En revanche, le parc des Virunga est à nouveau ouvert aux touristes…
Au Congo, si on veut critiquer et se lamenter, les raisons ne manquent jamais. C’est précisément pour cela que le festival Amani n’est pas seulement un divertissement : il est aussi un acte de foi et de courage. Des milliers de jeunes bravent les incertitudes de l’heure pour se rencontrer et, en dehors de la musique, pour échanger. Des dizaines d’associations, d’ONG présentent leurs projets et mobilisent l’attention du public. Des relations se nouent, on se parle, on fait des plans, on apprend à se connaître. Lorsque les volontaires repartent, ils sont réconfortés par ces trois jours de joie et de solidarité et bien après la fermeture des barrières du collège Mwanga, alors que les cours ont repris et que la vie continue, les contacts se maintiennent. Pourquoi bouder les bonnes nouvelles, les initiatives positives ? Ceux qui croient que défendre le « Congopessimisme », c’est faire preuve d’intelligence et marquer des points sur le plan international, devraient venir à Goma. Ils y feraient le plein d’énergie et découvriraient qu’au Congo, malgré tous les malheurs, l’espoir du peuple est têtu et que l’avenir ne mérite pas d’être hypothéqué…