18 septembre 2019

Pour le président Tshisekedi, les petits plats dans les grands

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Honneurs militaires et tapis rouge. Hymnes nationaux joués par la Musique des Guides. Revue des troupes et puis surtout, audience au Palais royal : le roi Philippe, fils d’Albert qui reçut Kabila et neveu de Baudouin qui connaissait si bien Mobutu, reçut avec chaleur Félix Tshisekedi, fils d’ Etienne, qui passa en Belgique la moitié de sa vie d’opposant tandis que la reine Mathilde et Denise Nyakeru, la première dame congolaise, qui fut infirmière à Bruxelles, faisaient connaissance.
La Belgique a tout fait pour que les premiers pas en Occident du nouveau président congolais le mènent d’abord à Bruxelles, avant Paris qui lui faisait les yeux doux et avant les Etats Unis où il participera à l’Assemblée générale des Nations unies. Aux yeux de la population congolaise, les symboles de cette « réunion de famille » pèsent lourd. Ils tiennent lieu de légitimation et le reste n’est qu’une suite logique. La normalisation des relations entre la Begique et le Congo s’est traduite par la signature de trois Memorandum d’entente et lettres d’intention portant sur des points sensibles : la réouverture des consulats, belge à Lubumbashi, congolais à Anvers, la définition d’un programme transitoire de coopération au développement après la suspension des activités de l’agence Enabel, une relance de la coopération en matière de finances et au niveau des banques centrales. Mais surtout, le dialogue étant renoué, se tiendront à nouveau, à intervalles réguliers, des consultations politiques bilatérales tandis que l’ambassadeur belge à Kinshasa a remis ses lettres de créances et que son homologue congolais sera bientôt désigné à Bruxelles. Le gouvernement belge étant en affaires courantes, aucun engagement nouveau sur le plan financier n’a cependant été pris. Mais là n’était cependant pas le plus important : le premier jour de la visite en Belgique du président congolais a marqué la fin de l’ère glaciaire qui avait caractérisé les dernières années du «règne » du président Joseph Kabila et lorsqu’il rencontra les hommes d’affaires, le président Tshisekedi fit salle comble.