17 janvier 2020

Jean-Pascal Labille au retour de Kinshasa: c’est maintenant qu’il faut aider le Congo

Catégorie Non classé

Si, après toutes ces années de « valse hésitation » et de quasi rupture, on veut aider le Congo, c’est maintenant qu’il faut le faire. Maintenant ou jamais… Et nous, nous sommes prêts à le faire… » A son retour de Kinshasa, Jean-Pascal Labille, se montre déterminé à aider le Congo à mettre en place un système de protection sociale efficace, de rendre les soins de santé accessibles au plus grand nombre. La mission dirigée par le patron de Solidaris (mutualités socialistes ) a été particulièrement bien accueillie dans la capitale congolaise car elle se composait de personnalités habituées à l’action sociale, comme Robert Verteneuil qui représentait la FGTB, Pierre Galand au nom de Laïcité et Humanisme en Afrique centrale, Marc Tarabella, aujourd’hui député européen et aussi le Français Thierry Beaudet, qui dirige la Fédération nationale des Mutualités françaises, forte de 36 millions d’adhérents.
Ces hommes de terrain ont été impressionnés à la fois par la détermination du président Tshisekedi, bien décidé à améliorer les conditions sociales des Congolais et entouré de conseillers essentiellement issus de la diaspora, et par le manque dramatique de moyens financiers, le budget réel de l’Etat ne dépassant pas les 6 milliards de dollars. Deux priorités se sont dégagées parmi d’autres urgences : mettre en place une couverture de santé universelle, à l’image de ce qui a été réalisé au Rwanda sur le modèle du système mutualiste belge et aider le pouvoir à réussir ce qui a représenté l’été dernier un grand « coup » politique, à savoir décréter la gratuité de l’enseignement primaire. Quoique inscrit dans la Constitution, ce droit avait été aboli vers la moitié des années 80 sous la pression des institutions financières internationales. Pierre Galand, qui a visité à Kinshasa l’Athénée Lisala, réhabilité par l’ONG Laïcité et humanisme, a constaté sur place l’explosion de la fréquentation scolaire : « voici cinq ans, l’établissement, entièrement réhabilité par nos soins, accueillait 500 enfants. Aujourd’hui, les sanitaires sont à nouveau bouchés, l’eau manque mais cela s’explique par le fait que la population scolaire s’élève à 1800 élèves : avec enthousiasme, la population a pris au mot la promesse d’un enseignement gratuit et tous les enfants ont été envoyés à l’école, y compris les filles…. » Labille confirme : « il faut remettre à niveau des enfants déscolarisés, organiser des cours de rattrapage, mais la volonté de réussir le pari est bien réelle…» Et de répéter « c’est maintenant qu’il faut aider le Congo… » En plus de l’enseignement et de l’assurance santé, d’autres priorités ont été identifiées dans ce pays où tout est urgent : enrayer la dégradation de l’environnement, assurer l’approvisionnement en eau potable, soutenir les initiatives locales qu’il s’agisse de la prévention du Sida ou de l’encadrement des enfants des rues, comme le fait l’ONG Dynamo international. C’est que le temps imparti à l’équipe de Félix Tshisekedi est limité et son prédécesseur Joseph Kabila ne lui fera certainement pas de cadeau. En outre, des villes comme Kinshasa, dont on ignore le nombre exact d’habitants (les estimations oscillent entre 8 et 14 millions d’âmes…)sont, selon Pierre Galand, en voie d’asphyxie : les embouteillages paralysent toutes les activités, les constructions sont anarchiques et, chaque jour, de nouveaux habitants débarquent depuis les campagnes ravagées par la rougeole, l’épidémie Ebola, le Sida ou, tout simplement, l’insécurité et la guerre…
Pour Jean-Pascal Labille, cette année du 60e anniversaire de l’indépendance, où la population s’est remise à espérer, à attendre quelque chose de ses dirigeants, représente, pour les amis et partenaires du Congo, une opportunité à ne pas manquer et l’ « appel de Kinshasa » sera remis sans attendre à l’actuel ministre belge des affaires étrangères Philippe Goffin ansi qu’à son éventuel successeur.