7 mars 2020

Un colloque sur le Rwanda suscite la controverse à Paris

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En 2007 puis en 2014 le club Démocraties, proche du parti socialiste français, convoquait une conférence consacrée au « drame rwandais » et à « la vérité des acteurs ». Lundi prochain, dans l’enceinte du Palais du Luxembourg qui abrite le Sénat français, le propos va s’élargir, il sera question des « tragiques instabilités » qui endeuillent la région des Grands Lacs depuis 60 ans et plus particulièrement le Rwanda. Ce nouvel euphémisme, une fois de plus, permettra d’éviter le mot « génocide »… Plusieurs des personnalités invitées au colloque sont fortement contestées, qualifiées de « révisionnistes », comme le Camerounais Charles Onana, auteur de « Rwanda, la vérité sur l’Opération Turquoise » un livre préfacé par le colonel belge Luc Marchal ou la Canadienne Judi Rever qui a publié un ouvrage consacré aux « Crimes du Front patriotique rwandais. » Sera également présent Johann Swinnen, qui était ambassadeur à Kigali en 1994. Depuis lors, le diplomate a fortement durci sa position, se rapprochant de positions françaises qu’il dénonçait naguère et il se retrouvera aux côtés d’Hubert Vedrine, défenseur de la mémoire et de l’action de François Mitterrand. Bref du beau monde, soigneusement sélectionné, car plusieurs semaines avant le colloque, le secrétariat nous communiquait déjà que la liste des inscriptions était close. Une pétition circulant dans Paris et adressée au président du sénat Gérard Larcher juge « inacceptable » la tenue de ce colloque et rappelle que la législation française condamne le négationnisme. Quant aux organisateurs, leur invitation mentionne que la rencontre bénéficie du soutien du Docteur Mukwege. Ils rappellent que ce dernier, dans son discours lors de la remise du Prix Nobel de la paix, avait demandé que cesse l’impunité dont jouissent les coupables de crimes perpétrés dans la région. Visant implicitement l’actuel pouvoir rwandais, il avait évoqué le « rapport Mapping » consacré aux crimes commis au Congo entre 1993 et 2003 et qui fut mis sous le boisseau par l’ONU. Malgré les suspicions de révisionnisme qui entourent ce colloque, au vu des organisateurs et des intervenants, le médecin= chef de Panzi, qui fut un témoin de premier plan de tout ce qui s’est passé dans la région, y compris l’exode des Hutus favorisé par l’Opération Turquoise, n’a pas retiré son soutien à cette rencontre où sa présence n’est cependant pas annoncée.