23 novembre 2011

Les accusations de fraude se multiplient

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La musique ne suffit pas…A travers Kinshasa, les candidats font la ronde dans une atmosphère de fête. Les fanfares fanfaronnent, les tambours tambourinent, les candidats qui en ont les moyens distribuent des bics ou des « zibulateurs » un terme passé du lingala au français,  ceux ont des ambitions mais pas d’argent se sont contentés d’imprimer leur portrait sur une feuille A 4 et dans leur quartier ils font du porte à porte  avec un message simple, « votez pour moi… » Bien rares sont ceux qui mentionnent le nom de leur parti d’origine. lire la suite

22 novembre 2011

Kinshasa craint la collision frontale entre poids lourds

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Masquant les plus hauts immeubles de Kinshasa, les affiches de  Kabila, le sourire étincelant, proclament « le raïs , 100% sûr » et l’intéressé assure « je ne sais pas qui gagnera, mais je ne peux pas perdre ». Quant à Tshisekedi, les affiches du « candidat du peuple » sont moins nombreuses, plus modestes, mais la détermination n’est pas moindre et de nombreux Kinois arborent désormais une casquette écossaise, à l’instar de leur leader qui va bientôt rentrer de sa longue tournée dans l’Est et le centre du pays.  Alors qu’à Goma, à Bunia et Butembo les deux favoris se sont croisés et que les populations, drainées par la curiosité, ont fait preuve d’un flegme olympien, la dernière étape, celle de Kinshasa, risque de s’avérer plus dangereuse. lire la suite

22 novembre 2011

Freddy Tshimba, ou la rage d’un artiste

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Depuis qu’il est retenu de Belgique, Freddy Tshimba a la rage. Il ne quitte plus son atelier, caché dans un coin de Matonge derrière quatre tôles ondulées. Il soude, il frappe, il assemble. Il crée. Trois silhouettes immenses s’appuient au mur, mains tendues sur la chaux, pantalons baissés sur les chevilles. Pas de tête, mais le dos courbé, les fesses serrées de tous les humiliés, de tous ceux qui attendent le prochain coup, la dernière injure. Ces hommes là, qui devraient bientôt être huit ou neuf, pourraient venir d’un camp lointain, de Guantanamo, de Syrte, mais aussi de Zaventem. De la section fermée de notre aéroport national, cet enclos où aboutissent tous ceux qui sont rejetés par l’Europe forteresse. lire la suite

21 novembre 2011

Kinshasa prépare des élections au superlatif

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Lorsque la route rapide qui mène à l’aéroport traverse le district de Tshangu, le plus peuplé de Kinshasa, le  ciel disparaît, masqué par des dizaines de banderoles tendues d’un poteau à l’autre. Tous les murs sont colonisés par des affiches colorées. Le message est résumé à l’extrême : un visage, un nom, un numero. Ni promesse ni programme, à peine, parfois, le nom ou le logo d’un parti. Pour retrouver nos amis du quartier de PetroCongo, près du fleuve,  il faut quitter l’asphalte, lâcher une voie secondaire qui sera bientôt dotée de caniveaux, et s’engager sur un chemin de terre creusé de flaques profondes comme des étangs, que tout le monde traverse en remontant son pantalon… lire la suite

18 novembre 2011

Portrait d’une femme chef d’un état major de paix

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Voici un an, Elise Muhimuzi accueillait à Bukavu la Marche Mondiale des femmes et elle conduisait des délégations venues du monde entier à la rencontre de femmes du Sud Kivu victimes d’exactions et de violences multiples. Aujourd’hui, cette militante qui a défendu sur tous les fronts la cause des femmes de son pays a les responsabilités d’un chef d’état major. Au titre de questeur adjoint de la Commission nationale électorale indépendante, elle tient tous les leviers de la direction logistique de la CENI : commandes du matériel, gestion du charroi, acheminement des bulletins et des urnes… Cette semaine, elle s’est rendue presque chaque jour à l’aéroport, surveiller le déchargement des appareils venus de Chine ou d’Afrique du Sud chargés d’urnes ou de bulletins de vote. A dix jours du scrutin, enfin, elle assure qu’elle dort tranquille : « tout sera prêt, acheminé, les 210 territoires du Congo seront approvisionnés, 63 000 bureaux de vote ont été déployés, 69 antennes logistiques fonctionnent dans les onze  provinces… » lire la suite

15 novembre 2011

Retour sur les lieux du crime

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Le juge antiterroriste Marc Trevidic, chargé, à la suite du juge Bruguière, d’enquêter sur les responsables de l’attentat qui, le 6 avril 1994 a coûté la vie aux présidents du Rwanda et du Burundi ainsi qu’à l’équipage français du Falcon, a bouclé son instruction et il se prépare à rendre publiques les conclusions des experts qui, en septembre 2010 l’avaient accompagné sur le terrain.
En attendant ce verdict, rumeurs et aveux, feux et contre-feux se croisent, à Kigali et dans les capitales européennes. Au Rwanda, où neuf hauts responsables avaient été mis en cause par le juge Bruguière, nombre de nos interlocuteurs espèrent qu’un non-lieu sera prononcé. Par contre, depuis les Etats-Unis, où il est réfugié politique, l’un des anciens compagnons de Kagame, Théogène Rudasingwa, qui fut secrétaire général du Front patriotique rwandais, a déclaré à la BBC qu’«en juillet 1994, avec son insensibilité caractéristique et beaucoup de jubilation, Kagame m’a dit qu’il était responsable de l’attentat contre l’avion.» Et d’ajouter: «comme bon nombre au sein de la direction du FPR, j’ai vendu avec enthousiasme cette version trompeuse de l’histoire. (…)»
Après s’en être tenu durant 17 ans à la version officielle de Kigali, Rudasingwa, l’un des fondateurs du CNR (Congrès national rwandais), un mouvement d’opposition qui regroupe d’anciens réfugiés tutsis membres du FPR et des Hutus en exil, assure donc regretter d’avoir menti durant 17 ans!
Ses accusations tardives pèseront sans doute moins dans la balance que les conclusions des experts convoqués par le magistrat français, qui ont tenu à arpenter les «lieux du crime», des lieux naguère familiers et que nous avons redécouverts après 17 années.
Hérissée de gratte ciels, de maisons à étages, Kigali est méconnaissable. Mais du côté de l’aéroport de Kanombe, en passe d’être détrôné par un «hub» aérien qui se construit dans le Bugesera, le paysage n’a pas changé. Au-delà des constructions de l’aéroport, on devine un vaste camp militaire, celui-là même qui abritait jadis la garde présidentielle, dernier carré des fidèles du chef de l’Etat. Plus loin, jouxtant le camp, la villa de l’ancien président a été transformée en musée.
Au rez-de-chaussée, une jeune femme fait les honneurs d’une exposition de photos couleur sépia, de vieux clichés qui rappellent le Rwanda d’autrefois, les spectaculaires coiffures de tresses, la grâce des danseuses et la majesté des Mwami posant devant leur rugo, leur hutte de paille. A l’étage, sans états d’âme, notre guide nous introduit dans la chambre à coucher, la chapelle, la chambre des enfants; elle fait jouer les parois de bois qui dissimulaient un passage secret et explique que l’ancien président, qui craignait toujours pour sa vie, avait placé des alarmes dans chacune des marches de l’escalier «afin d’entendre les intrus qui se seraient introduits de nuit…»
En face de l’ancienne salle à manger, la piscine est toujours aussi ombragée, la pelouse aussi verte. C’est ici que, le 6 avril 1994, à 20 heures 30, alors qu’il devait revenir de Tanzanie où il avait enfin accepté d’appliquer les accords de paix qui prévoyaient de partager le pouvoir avec le FPR, le président du Rwanda fut éjecté de son avion Falcon touché par deux missiles et mourut avant d’arriver au sol.
Dans Kigali portée au paroxysme de la tension et de la haine, les massacres étaient planifiés depuis longtemps, mais cet attentat fut l’étincelle qui mit le feu aux poudres. Alors que dans les minutes qui suivirent le crash, la ville se couvrait de barrières, les premières tueries commençaient. C’était le début du génocide des Tutsis, du massacre des Hutus qui refusaient l’extrémisme, le début de la mise à mort d’un million de Rwandais.
Igor, un fonctionnaire rwandais, a suivi durant tout son séjour au Rwanda le juge français Marc Trevidic. Ce dernier, au contraire de son prédécesseur Jean-Louis Bruguière qui n’avait jamais fait le voyage, est descendu sur le terrain accompagné d’experts français tandis que le gouvernement rwandais avait sollicité des experts écossais. Le traducteur rwandais nous rappelle quelques évidences relevées en sa présence par les enquêteurs: «l’appareil, qui avait quitté la Tanzanie, venait de l’Est et c’est sur le côté gauche qu’il fut touché par deux tirs qui se sont suivis de près. L’avion, qui se trouvait en phase d’atterrissage, est pratiquement tombé à la verticale, presque sous les yeux de la famille du chef de l’Etat qui se trouvait dans le salon et les corps de certains passagers ont été projetés dans les arbres.»
Les experts ont examiné à la loupe la piscine, le jardin, la demeure présidentielle, mesuré le point d’impact, calculé la vitesse probable des deux missiles et essayé de déterminer l’angle du tir. Pour Igor, il est certain que les missiles ont été tirés depuis l’est de la piste, et les témoins qui se trouvaient dans l’ancienne tour de contrôle ont vu la lueur orange du «départ» des projectiles.
D’autres témoins ont aussi entendu le bruit des deux tirs. Minutieux, le juge d’instruction français a également pris l’avis de spécialistes en acoustique. En effet, les souvenirs «auditifs» des témoins devraient permettre de localiser le lieu d’où les tirs sont partis. A cet égard, deux témoins européens sont importants: le Dr Pasuch, un ancien coopérant militaire belge, et le colonel de Saint-Quentin, un coopérant militaire français. Les deux hommes vivaient dans l’enceinte même du camp militaire.
Leurs souvenirs, détaillés au juge Trevidic, ont ravivé ceux de trois médecins belges, les Dr V. père et fils et le Dr VDP qui, ce soir-là, étaient tranquillement installés dans un restaurant grec, du côté de Kicukiro, sur la route de l’aéroport. Ils se rappellent que, vers 20 heures 30, un bruit énorme les fit sursauter, celui d’une déflagration, «un bruit» nous disent-ils «qui n’avait rien à voir avec les grenades auxquelles ils avaient fini par s’habituer…»
Depuis son salon, où il dînait en compagnie d’un ami, le Dr Pasuch avait entendu la même chose: le bruit d’un tir, et ensuite celui du crash.
Le premier rapport rédigé sur les activités du bataillon belge Kibat, à la suite de la mort des dix Casques bleus belges, devait, par la suite, confirmer le témoignage du Dr Pasuch. On y lit, entre autres, que les tirs sont vraisemblablement partis du nord est de l’enceinte du camp présidentiel.
Le colonel Grégoire de Saint Quentin fut le premier à se diriger vers l’épave de l’avion. Des casques bleus belges, qui avaient tenté de rejoindre les lieux du crash, expliquèrent par la suite à un enquêteur militaire, qu’ils avaient vu, de loin, l’officier français s’emparer de certaines pièces de l’appareil, peut-être la fameuse boîte noire, qui fut tant recherchée par la suite et demeura introuvable.
Au contraire des autres témoignages, les souvenirs des trois dîneurs belges, qui, au moment même, n’avaient pas mesuré l’importance potentielle de leurs souvenirs, n’ont pas été portés la connaissance du juge Trevidic.
A l’heure actuelle, tout Kigali estime qu’au vu des dépositions des témoins oculaires, les experts convoqués par le juge français seront obligés de conclure que les tirs ne sont pas, comme on l’a souvent dit, partis de la colline de Masaka, située au sud du domaine présidentiel, mais de l’enceinte même du camp militaire.
S’il se confirme, un tel constat ne permettra pas d’identifier les tireurs mais il devrait en tout cas écarter une piste, celle d’un commando issu du Front patriotique rwandais. En effet, compte tenu de l’extrême tension, sinon de la paranoïa qui régnait à l’époque à Kigali, il est exclu que des militaires tutsis (aisément repérables…) aient pu s’infiltrer dans le «saint des saints», s’y installer, y perpétrer leur coup pour, comme le concluait ingénument le juge Bruguière «quitter ensuite les lieux en taxi…» A l’époque, seuls des militaires de la garde présidentielle avaient accès à ce véritable camp retranché.
Rappelons que le sujet, depuis 17 ans, a représenté l’«énigme» sinon «le «mensonge» du siècle. En effet, alors que les premières informations ou présomptions que «le Soir» avait recueillies sur place, auprès des coopérants belges et de la communauté expatriée, mettaient en cause des mercenaires «blancs», peut-être français, qui auraient participé à un attentat soigneusement préparé, exécuté par une poignée d’hommes qui n’auraient informé personne de leur projet, une autre thèse se développa bientôt, selon laquelle les rebelles tutsis du Front patriotique rwandais, dirigé par le général Paul Kagame, auraient choisi d’éliminer le chef de l’Etat car ce dernier refusait de mettre en œuvre les accords d’Arusha qui prévoyaient le partage du pouvoir.
Rudasingwa ne répète pas autre chose: selon lui, «en décidant d’éliminer Habyarimana, Kagame a introduit une «wild card», une carte sauvage, dans un cessez-le-feu déjà fragile, ce qui <TB>a créé un puissant déclencheur, l’escalade d’un point de basculement vers la reprise de la guerre, le génocide civil et la déstabilisation à l’échelle régionale».
Cette mise en cause du FPR, soutenue par des articles de presse retentissants et de nombreux livres, avait mené à l’inculpation par le juge anti terroriste Jean-Louis Bruguière de neuf hauts dirigeants rwandais proches de Kagame et à la rupture des relations diplomatiques entre la France et le Rwanda.
Des relations qui ont été restaurées par le président Sarkozy, et dont le renouveau a été scellé en septembre dernier par la visite à Paris du président rwandais.
Rappelons que c’est le Rwanda, qui, défendant Rose Kabuye, chargée du protocole présidentiel et inculpée par Bruguière, a forcé la réouverture du dossier et son réexamen par deux nouveaux juges, Marc Trevidic et Nathalie Poux. Depuis cette contre offensive, l’édifice soigneusement construit par Bruguière s’est effondré par pans entiers: des témoins clés se sont rétractés, comme Abdul Ruzibiza (décédé depuis lors) qui a reconnu qu’il n’était pas présent sur les lieux au moment des faits, d’autres, comme Emmanuel Ruzindana ont assuré que le juge leur avait forcé la main et fait signer un document auquel ils n’avaient rien compris. Il est apparu aussi que le traducteur des témoins rwandais, Fabien Singaye, était très proche de la famille Habyarimana et de Paul Barril, ancien membre de la cellule anti terroriste de l’Elysée. C’est Barril qui avait recommandé Singaye à l’enquêteur Pierre Payebien, lequel s’était ensuite chargé de mettre en piste les témoins les plus accablants…
Si les conclusions des experts devaient conclure que les tirs sont partis de l’intérieur du camp, et en particulier d’une sorte de terrain de sport qui se trouve à son extrémité et qui n’est plus aujourd’hui qu’un terrain vague, on ne pourrait qu’en déduire que les auteurs du tir étaient des proches du président ou des hommes connus dans la place…
Ce qui était sans doute le cas des 24 éléments des forces spéciales françaises (des barbouzes…) qui reconnurent par la suite que ce soir-là ils se trouvaient bien à Kigali… A l’époque, ils confiaient à ceux qui s’étonnaient de leur présence qu’ils se trouvaient au Rwanda en vacances, pour une mission de courte durée…
L’enquête n’en est visiblement qu’à sa première phase…

COLETTE BRAECKMAN

12 novembre 2011

La diaspora à l’heure des élections

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« Si au pays, la situation s’était réellement améliorée, la famille cesserait de nous appeler pour quémander…Or à tout moment, nous devons envoyer de l’argent, pour payer un minerval scolaire, un deuil, des frais médicaux…Cela ne s’arrête jamais et c’est pour cela que, le 19 novembre, nous allons manifester, avec un seul mot d’ordre : « Kabila, dégage »… »

Comme nombre de ses compatriotes, Jean, un ancien journaliste, qui a quitté Kinshasa au début des années 90, au moment de la conférence nationale souveraine, fait la file devant le bureau de Western Union chaussée de Wavre. Abritée par une vitre épaisse, c’est à peine si l’employée, d’origine congolaise elle aussi, a le temps de lever la tête pour confirmer que son agence ne désemplit pas : « chaque jour, j’opère plus de 250 transferts vers le Congo… » lire la suite

12 novembre 2011

Des élections à inconnues multiples

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Partira, partira pas ? Le suspense est enfin levé : Etienne Tshisekedi est bien arrivé à Kisangani, son avion ayant obtenu les autorisations nécéssaires et le challenger de Kabila a pu entamer sa campagne dans l’Est du Congo. Telle est bien la seule certitude de ces élections congolaises, car pour le reste, questions et inquiétudes se bousculent : à mesure que le ton monte, les mises en garde se multiplient (Onu, Union Européenne, Cour pénale internationale, organisations non gouvernementales). Tous ces intervenants dénoncent le climat de violence, verbale et physique, l’intolérance des discours, le « zèle » des militants qui n’hésitent pas à frapper leurs adversaires.

A Kisangani, fidèle à lui-même, Tshiskedi persiste et signe: il continue à inviter ses militants à délivrer de force eux des leurs qui sont en prison et assure que le seul but de ses propos incendiaires est de délivrer ses partisans de la peur “face à la dictature qui veut les terroriser”. Ce combat contre la peur est légitime et il faut créditer Etienne Tshisekedi de l’avoir mené avec courage durant des décennies, contre Mobutu. Mais il faudrait tout de même que le “Sphynx” qui a gardé ses réflexes d’antan remette ses pendules à l’heure et aie la bonne foi de constater que le Congo a changé, qu’il est lui-même en train de participer à des élections démocratiques, qu’il jouit de la liberté de s’exprimer, même à tort et à travers, toutes choses qui auraient été impensables du temps de Mobutu…Il est évident cependant que tous les accidents de parcours (bavures, violences policières, retards dans l’organisation du scrutin) apporteront de l’eau au moulin des prophètes de malheur, qui n’ont que les lunettes du passé pour regarder le Congo d’aujourd’hui….

Dans ce contexte, les regards se tournent, plus que jamais, vers les deux acteurs principaux, la Commission nationale indépendante (CENI), chargée d’organiser les deux scrutins, présidentiel et législatif, et la Monusco (Mission des Nations unies au Congo) qui devra acheminer et déposer dans 60.000 bureaux de vote, aux quatre coins d’un pays vaste comme l’Europe, 42 millions de bulletins, dont certains sont aussi maniables qu’une carte routière…

Le défi est colossal et, à raison de quatre vols par jour, c’est un véritable pont aérien qui a été organisé entre le Congo et la Chine où les bulletins sont imprimés tanfis que l’Afrique du Sud s’est chargée de produire des urnes géantes, près de deux mètres de haut…

A ce stade, la CENI tient bon, assure que les délais seront respectés, que les élections, présidentielle et législative, ne seront ni dissociées, ni retardées. Quant à la Monusco, ses avions « tournent » à travers le pays, et malgré les difficultés, elle n’a pas encore jeté le gant et réclamé un nouveau délai, qui serait politiquement très dangereux…

De son côté, l’ « enveloppe » des élections s’enfle elle aussi, de manière inquiétante, dépassant déjà les 750 millions de dollars et on se demande comment l’Etat congolais, qui assure 80% du financement des opérations, pourra éviter les difficultés financières. La classe politique elle aussi fait ses comptes et, si les observateurs relèvent que la campagne est toujours assez calme, c’est aussi parce que les candidats manquent de moyens.

10 novembre 2011

Congo: officiellement la date des élections ne changera pas. Mais…

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Officiellement, rien ne change : les élections présidentielle et législatives auront bien lieu au Congo le 28 novembre prochain. Cependant le tour de force logistique se poursuit : 15 tonnes de bulletins de vote pour l’élection présidentielle sont arrivés dans le pays mercredi, les bulletins des législatives sont attendus. Si le timing est respecté, le 24 novembre, les urnes géantes (des boîtes de plastique de près de deux mètres de haut) auront été distribuées par les soins de la Commission nationale indépendante dans tous les bureaux de vote. La Mission des Nations unies au Congo devra alors réaliser son dernier tour de force ; en quatre jours, « dispatcher » tous les bulletins électoraux sur l’ensemble du pays. A ce stade, rien n’indique que les deux scrutins pourraient être découplés, mais en dernière minute, les législatives pourraient se voir « accoler » aux élections locales qui devraient avoir lieu en mars prochain.

Autre suspense,  celui entretenu par le candidat Tshisekedi : aux dernières nouvelles, il n’a pas encore quitté l’Afrique du Sud alors que ses militants l’attendaient à Kisangani. Depuis l’Afrique du Sud, ses déclarations belliqueuses ont jeté l’émoi et suscité une cascade de mise sen garde, émanant des Nations Unies, de l’Union européenne et même de la Cour pénale internationale, tous les communiqués rappelant la nécessité d’élections apaisées, sans affrontements ni discours haineux, de part et d’autre… Il devrait cependant quitter l’Afrique du Sud par petit porteur et fibnalement arriver dans la Province Orientale.  Les autres autres  candidats, comme Vital Kamerhe, éprouvent également des difficultés à se déplacer à l’intérieur du pays, même lorsque les vols sont réservés et payés depuis  longtemps….

La tension croissante rend plus périlleuse encore l’hypothèse d’un report du scrutin pour des raisons techniques et à Kinshasa comme dans les capitales étrangères, on croise les doigts…

7 novembre 2011

Fausses notes électorales

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La campagne électorale au Congo est émaillée de fausses notes. L’une des plus inquiétantes vient de Goma: des jeunes, furieux, ont déchiré des effigies du président Kabila après la disparition d’un chanteur très populaire, Fabrice Mupsiritsa. Censé être proche de Vital Kamerhe, l’un des candidats à l’élection présidentielle, l’artiste avait été enlevé  par des inconnus. Il a été retrouvé en brousse lundi matin,pieds et mains liés et portant des traces de torture. S’il n’a pas révélé l’identité de ses ravisseurs, toute la ville met en cause la garde présidentielle qui aurait voulu intimider l’artiste. Des barricades ont été dressées, des pneus ont brûlé, il y a eu des coups de feu et des arrestations et la colère gronde au sein de la communauté hunde. A Lubumbashi (Katanga) aussi, l’atmosphère est électrique, les partis s’affrontent à coups d’injures, l’opposition  brandit  des affiches en forme de cartons rouges pour le régime sortant et le ton monte à l’encontre des Kasaïens . Autre fausse note, émanant cette fois du parti  de Tshisekedi: alors que le secrétaire général de l’UDPS  avait déclaré que l’aviation civile congolaise n’avait pas autorisé l’atterrissage de l’avion du candidat, ce dernier, qui se trouve toujours en Afrique du Sud, a tranquillement démenti. Etienne Tshisekedi  a affirmé que rien ne l’empêchait de rentrer dans son pays. Il a aussi appelé à casser les portes des prisons» pour libérer les combattants de son parti.A la suite de cet appel le signal d’une télévision, Radio TV Lisanga,  a été coupé par le gouvernement. Ambiance…