7 juin 2011

Brève incursion dans les coulisses du Soir

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Le conflit a été bref, il a  pris tout le monde à l’improviste. Peut-être même s’agissait il d’un malentendu ? Toujours est il que le mal est fait, que Béatrice Delvaux, rédactrice en chef du Soir depuis dix ans, a proposé sa démission et que les journalistes ont pris acte de la décision de leur patronne. Mesurent ils déjà l’étendue des dégâts ? Cette démission sera-t-elle acceptée et concrétisée ? Il est sans doute trop tôt pour le dire, mais ce qui est certain, c’est que cette crise, de courte durée mais intense,  jette une lumière crue sur les coulisses du journalisme. lire la suite

26 mai 2011

Sans la liberté d’informer…

Catégorie médias

« Comment savoir si cette info est véridique ? Elle ne figure même pas dans les dépêches… Bien sûr, puisque je te dis qu’il s’agît d’un scoop, que nous étions seuls sur le coup… D’accord, mais où sont les autres ? Je répète qu’ils n’étaient pas là, pas au courant, pas intéressés… » Quel journaliste n’a pas eu ce type de dialogue avec sa hiérarchie, ses  chefs,  ses collègues, ceux qui, en définitive, décideront de publier ou non son histoire, prendront ou non le risque d’être démentis, ridiculisés peut-être… Qu’il y a-t-il de plus inconfortable : avoir (peut-être…) raison trop tôt, contre tout le monde, ou se tromper tous ensemble ?

Ces choix sont quotidiens et il est des rédactions où la question ne se pose même pas, où la hiérarchie décide, tranche, quitte à remplacer le journaliste de terrain qui rue dans les brancards par un confrère plus « branché » ou plus docile… lire la suite

23 février 2011

Burundi: pour une balle dans la tête

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Pour avoir une idée pareille, en écrire le scénario et convaincre un producteur de s’engager dans une telle  aventure, il faut vivre au Burundi, aimer ce pays et s’y accrocher ; il faut surtout avoir une foi bien particulière, de celle qui soulève les collines. Jean-Luc Pening est de cette race là, de ces hommes pour lesquels rien n’est impossible. Car ce Belge du Burundi, grièvement blessé en 1995 par des rebelles qui lui  ont logé une balle dans la tête, a choisi de rester, et de croire que dans ce pays qui fut, à l’instar du Rwanda, déchiré par la haine, il y a moyen non seulement de dépasser les clivages ethniques mais aussi de s’en distancier et d’en rire !

Si Na Wewe est le film  né de cette idée audacieuse, le documentaire ou plutôt le « making off » réalisé par Isabelle Christiaens nous fait, lui, plonger dans les coulisses du tournage et surtout dans la réalité du Burundi et… de la Belgique elle-même…Car sur cette colline où Pening fut naguère victime d’une terrible embuscade tendue par les rebelles hutus qui tenaient les campagnes proches de Bujumbura, quelle revanche sur le destin qu’amener une équipe dans laquelle se mêlent des Congolais, des Burundais, des Liégeois, des Bruxellois qui tous, affrontent leurs problème et réussissent à s’en moquer pour mieux s’en distancer ! Ici, Hutus et Tutsis ne craignent pas de nommer leur réalité ethnique tandis que les Belges, tous complexes oubliés, plaisantent avec tout le monde et n’oublient surtout pas de rire d’eux-mêmes…Même les Flamands et les Wallons, avec des accents à couper au couteau et des rires qui arrachent, en prennent pour leur grade, ce qui relativise et dédramatise… Car en réalité, le drame est loin d’être oublié, et, malgré le rire parfois forcé, l’émotion n’est jamais loin. Emotion de tous ceux qui ont vécu des scènes semblables, ces véhicules arrêtés par des hommes en armes, ces passagers mis en joue, exécutés ou non en fonction de leur ethnie, ou du caprice d’un chef brutal…Emotion des figurants qui revivent plus qu’ils ne jouent, émotion de l’équipe technique, plongée dans cette Afrique belle, étrange et cependant si familière…

Si tous  acceptent de se replonger dans le passé, de revivre le cauchemar, c’est parce qu’ils espèrent que le film sera utile et  dissuadera les démons de jamais revenir…Le documentaire d’Isabelle Christiaens aide à comprendre le sens profond de ce court métrage exceptionnel…

4 novembre 2010

Le témoignage d’un ex-espion rwandais illustre la guerre de l’ombre

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L’ombre de l’ombre…Richard Mugenzi, avant, pendant et après le génocide, n’a jamais tenté de se faire connaître. Caché il était, caché il voulait rester et c’est à cause d’une indiscrétion du juge Bruguière, qui a mentionné son nom après avoir rencontré ce témoin à Arusha, que, derrière le masque, l’identité de l’homme a soudain été révélée. Jean-François Dupaquier, qui le connaissait de réputation, s’est alors mis en contact avec ce témoin jusque là mystérieux et, au cours d’entretiens longs et minutieux, a balayé une face cachée du génocide rwandais, où le crime minutieusement préparé s’accompagna d’une soigneuse mise en condition psychologique, d’une longue phase d’intoxication de l’opinion parmi les civils mais aussi parmi les militaires. lire la suite

12 octobre 2009

Le Congo s’invite au rendez vous des reporters de guerre

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La petite ville normande de Bayeux, miraculeusement épargnée par les bombardements allemands, vit chaque année au rythme de la guerre. Durant une semaine, reporters et correspondants viennent témoigner des grands conflits qui ensanglantent la planète, exposer leurs photos, montrer leurs films, leurs livres, soumettre leur moisson d’images, de mots et de souvenirs au jugement de leurs pairs et aussi à l’attention d’un public attentif, parmi lequel de nombreux étudiants et lycéens venus de toute la Basse Normandie. Irak, Afghanistan, Gaza sont, sans surprise, les conflits les plus couverts et c’est un long texte désabusé « mission impossible en Afghanistan » publié dans le Sunday Times sous la plume de Christina Lamb qui a obtenu le prix de la presse écrite tandis que le sujet de Paul Comiti, (TF1) « embuscade afghane » a remporté les suffrages dans la catégorie des reportages de télévision, car le journaliste, avec sang froid et efficacité, a partagé les risques pris par une patrouille française sous le feu des talibans. lire la suite

5 octobre 2009

Els De Temmerman:l’Afrique au coeur

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Sans aucun doute, elle est la patronne. L’œil fixé sur son Blackberry, elle écoute les journalistes proposer les sujets du jour. Leur explique que la veille elle dînait avec des prospecteurs pétroliers, que le matin même, alors que le chauffeur se faufilait dans les embouteillages de Kampala, elle s’entretenait avec le commandant des opérations menées contre de l’Armée de libération du Seigneur. lire la suite

23 août 2009

Retrouvailles Zuma-dos Santos: le souvenir des luttes de libération

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C’est à son voisin angolais que le nouveau président sud africain Jacob Zuma a réservé sa première visite d’Etat, accompagné de onze ministres et d’une centaine d’hommes d’affaires. A l’issue de cette rencontre, le président Zuma comme son homologue angolais dos Santos se sont montrés exceptionnellement élogieux à propos des relations bilatérales entre les deux pays : « cette visite marque le début d’un renouveau » a dit Zuma, tandis que son homologue assurait que » cette visite signifie le début d’une nouvelle ère dans les relations bilatérales, que le gouvernement angolais est prêt à intensifier dans tous les domaines. »
Dans la foulée, de nombreux contrats et accords commerciaux ont été signés, marquant la complémentarité des deux économies. En effet, l’Afrique du Sud dispose d’un appareil industriel performant, d’une bonne capacité de management et son économie est de loin la plus développée du continent. Mais le pays manque désespérément d’énergie et de ressources hydroélectriques et l’Etat peine toujours à répondre aux aspirations de la majorité noire. De son côté, l’Angola, à la fois très riche et sous peuplé, souffre toujours des conséquences humaines et matérielles de la guerre civile qui l’a dévasté de 1996 jusqu’en 2002, lorsque le Mouvement populaire pour la libération de l’Angola, toujours au pouvoir, combattait l’Unita de Jonas Savimbi, qui fut longtemps soutenu par les Américains.
Durant ce conflit dévastateur, les infrastructures furent détruites, des millions de civils déplacés et le pays détient toujours le triste record du plus grand nombre de mutilés de guerre. Mais depuis la fin de la guerre, l’économie s’est redressée de manière spectaculaire et la croissance dépasse les 14% par an. L’Angola en effet est devenu le premier producteur de pétrole d’Afrique et le 8eme fournisseur des Etats Unis, mais il ne dispose toujours pas des capacités suffisantes pour raffiner toutes sa production potentielle tandis que sur le plan social, les inégalités demeurent criantes. Déçu par les révélations portant sur les commissions versées lors des achats d’armes en France (affaire dite de l’Angolagate…) et soucieux de diversifier ses relations économiques, Luanda a chargé les Chinois de reconstruire les infrastructures et ouvre ses portes à son voisin sud africain. C’est ainsi que l’entreprise publique sud africaine PetroSA coopérera avec son homogogue angolaise Sonangol pour l’exploration, le raffinage et la distribution de pétrole.
D’autres accords ont été conclus dans le domaine du sport et des télécommunications. A terme, les deux pays devraient aussi se retrouver associés dans un projet impliquant leur allié commun, la République démocratique du Congo : la réhabilitation et l’extension du barrage hydro électrique d’Inga, dans le Bas Congo, qui pourrait produire toute l’électricité nécessaire aux pays membres de la SADC (Conférence pour la coopération des pays d’Afrique australe). La République démocratique du Congo en effet est également membre de la SADC et tant l’Angola que l’Afrique du Sud ont joué un rôle important durant la guerre : après avoir initialement fourni des armes au Rwanda, l’Afrique du Sud a mis en œuvre toutes les ressources de sa diplomatie pour héberger les négociations de Sun City qui réunissaient le gouvernement et les groupes rebelles et le président Thabo Mbeki s’impliqua personnellement pour faire aboutir l’accord de paix. Quant à l’Angola, à plusieurs reprises l’intervention de son armée, la meilleure de la région, s’avéra décisive pour Kinshasa. L’an dernier encore, alors que les forces congolaises vacillaient face à Laurent Nkunda, la perspective d’une intervention militaire angolaise à Goma fit basculer la donne.
Un rapprochement entre Luanda et Pretoria ne peut que renforcer la stabilité du Congo et éloigner plus encore les risques de balkanisation.
Le partenariat entre l’Afrique du Sud et l’Angola se fonde sur la complémentarité des économies (savoir faire et capital d’un côté, ressources naturelles de l’autre) mais aussi, dans le cas des présidents Zuma et dos Santos, sur le souvenir d’une lutte commune contre l’apartheid. En effet, si au lendemain de l’indépendance, l’Angola s’est retrouvé plongé dans la guerre, c’est parce que le MPLA, avec l’aide de Cuba et de l’Union soviétique, soutenait activement les combattants de l’ANC (le Congrès national africain) qui disposaient de camps d’entraînement dans le sud du pays. Symboliquement M. Zuma a tenu a visiter un de ces camps et il a déposé une gerbe sur la tombe du premier président angolais Agostinho Neto.
M. Zuma s’est également souvenu du fait qu’en 1988, le corps expéditionnaire sud africain avait subi à Cuito Canavale, dans le Sud de l’Angola, une défaite cuisante face à l’armée angolaise soutenue par les Cubains. Ce tournant dans la guerre mena à l’indépendance de la Namibie et, in fine, à la libération de Mandela et à la fin de l’apartheid.
Alors que de nombreuses divergences avaient séparé le président Mbeki de son voisin angolais, (à propos du Zimbabwe ou de la Commission Vérité et réconciliatiopn que Mbeki voulait exporter en Angola) les retrouvailles des présidents Zuma et dos Santos représentent une avancée importante dans le domaine de la coopération politique et économique entre des pays africains voisins et alliés de la République démocratique du Congo.

15 octobre 2008

C’est à Kinshasa que Philippe de Dieuleveult a été liquidé

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Lorsqu’en août 1985 Philippe de Dieuleveult s’est approché des rapides d’Inga, le célèbre animateur de « la Chasse au trésor », n’avait aucune chance de s’en sortir : non parce que le fleuve furieux allait faire chavirer son embarcation, mais parce que des commandos de la Division spéciale présidentielle allaient le soumettre à un rude interrogatoire, avant de finalement l’expédier vers Kinshasa, où il allait trouver la mort après un passage par le camp Tshatshi.
La journaliste française Anna Miquel publie dans la dernière livraison du magazine XXI, le résultat d’une longue enquête sur les circonstances exactes de la mort de Philippe de Dieuleveult et de ses compagnons de voyage. Il apparaît que le 8 août 1985, soit deux jours après l’annonce de leur disparition, Philippe de Dieuleveult et certains de ses compagnons encore vivants étaient interrogés à Kinshasa par la DSP qui voulait leur faire avouer qu’en réalité ils étaient des mercenaires, venus au Zaïre avec l’intention de saboter le barrage d’Inga ! Un ancien membre de la FIS (Force d’intervention spéciale) a confié à la journaliste un PV d’audition manuscrit, retrouvé dans les archives des services, où Dieuleveult assure qu’il se trouve dans le pays pour une « expédition » et précise qu’il possède des documents autorisant sa visite. Il exige aussi « d’être entendu devant mon avocat dans mon ambassade ». lire la suite

20 août 2008

Le fleuve, matrice du Congo

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Après l’Amazone, le fleuve Congo est le plus vaste du monde. Lorsque l’on survole son embouchure, jusqu’à cent kilomètres en mer on voit la trace des terres brunes charriées par le géant. Même si Kinshasa la capitale tourne le dos au fleuve en ignorant sa majesté, le Congo est l’épine dorsale du pays auquel il a donné son nom, le trait d’union entre les savanes du Katanga et les forêts de l’Equateur, le moyen de communication entre des peuples divers mais qui ont conscience d’appartenir à une nation modelée par les eaux alourdies par le limon. lire la suite

19 mars 2007

Belgique-Congo: histoire d’une passion mal partagée

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Les relations entre la Belgique et le Congo ont souvent été décrites comme passionnées, sinon passionnelles et aujourd’hui encore, lorsqu’il s’agît du devenir de notre ancienne colonie, les débats demeurent vifs…à Bruxelles. Avec sobriété et rigueur, l’ historien Guy Vanthemsche remet en perspective 80 années de domination coloniale, 40 années d’indépendance. Il rappelle à quel point la naissance du Congo, dans sa forme actuelle, fut aléatoire, ce pays étant le fruit de l’ambition du roi Léopold II, mal compris par une Belgique qui n’a jamais réellement assumé sa « vocation coloniale ».

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