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	<title>le carnet de Colette Braeckman</title>
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		<title>L&#8217;Ordre de Malte actif à Idjui</title>
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		<pubDate>Wed, 22 Feb 2012 17:19:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>colette braeckman</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La visite avortée sur l’île d’Idjui d’une délégation conduite par Augustin Katumba Mwanke (qui a trouvé la mort dans le crash de son avion à Bukavu) a attiré l’attention sur l’ancien domaine du prince de Ligne, dont le site d’une grande beauté pourrait attirer les promoteurs immobiliers. A ce sujet, l’association belge de l’Ordre de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La visite avortée sur l’île d’Idjui d’une délégation conduite par Augustin Katumba Mwanke (qui a trouvé la mort dans le crash de son avion à Bukavu) a attiré l’attention sur l’ancien domaine du prince de Ligne, dont le site d’une grande beauté pourrait attirer les promoteurs immobiliers. A ce sujet, l’association belge de l’Ordre de Malte nous communique que, sous l’impulsion de feu le prince de Ligne, elle a contribué à réhabiliter l’hôpital de Kihumba, situé au nord de l’île. Dans  le cadre de sa mission consistant à réhabiliter les infrastructures hospitalières et de soins de santé dans les zones les plus défavorisées du Congo, l’Ordre de Malte s’emploie à remettre en état deux hôpitaux, quatre maternités auxiliaires et deux centres de santé sur l’île d’Idjui, en partenariat avec le Bureau Diocésain des œuvres médicales de Bukavu, qui bénéficie donc d’un soutien logistique et financier.</p>
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		<title>La malédiction du rétroviseur</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Feb 2012 16:57:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>colette braeckman</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Quel gâchis ! Alors que ces deuxièmes élections, présidentielle et législative, étaient censées consolider la démocratie, reserrer la cohésion, stabiliser un pays qui peine à sortir des conflits armés, le résultat est à l’opposé de ce qui était souhaité. En effet, au lendemain de la marche des chrétiens à Kinshasa et de la répression violente dont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quel gâchis ! Alors que ces deuxièmes élections, présidentielle et législative, étaient censées consolider la démocratie, reserrer la cohésion, stabiliser un pays qui peine à sortir des conflits armés, le résultat est à l’opposé de ce qui était souhaité. En effet, au lendemain de la marche des chrétiens à Kinshasa et de la répression violente dont elle a fait l’objet, force est de constater que les élections ont  fragmenté davantage encore la société congolaise, sur des lignes de fracture ethniques (le vote communautaire), religieuses (catholiques d’un côté, protestants et kimbanguistes de l’autre), régionales. D’un côté, le pouvoir se durcit et les forces de l’ordre ne résistent pas à la tentation de la répression, de l’autre, l’opposition  dès le début de la campagne, s’efforce de pousser l’adversaire à la faute. Le pays est désormais rongé par la rancœur des vaincus, par la suspicion généralisée, il est indigné par l’arrogance et la dureté de certains des vainqueurs. Même si on n’en parle pas encore, au Kivu,  une nouvelle opération militaire contre tous les groupes rebelles se prépare, et des défections au sein de l’armée, avec à leur tête le prestigieux chef « Foca Mike », Albert Kashala, laissent présager une nouvelle rébellion contre des forces armées auxquelles les populations de l’Est reprochent d’être  désormais noyautées par les Tutsis congolais,  anciens compagnons de Laurent Nkunda et ex membres du CNDP.<span id="more-1328"></span><!--more--></p>
<p>Autrement dit, ce pays pudiquement appelé « post conflit » se retrouve une nouvelle fois en crise. Avant de rechercher les moyens de recoudre le tissu social déchiré, il n’est pas inutile de rappeler les causes du désastre électoral. La première, c’est sans doute le coup de force constitutionnel qui a imposé le scrutin à un tour : un deuxième tour de scrutin aurait –enfin- obligé l’opposition à se rassembler, il aurait surtout permis à l’agressivité et à la frustration d’être canalisées sur des voies politiques. Les joutes se seraient déroulées dans les isoloirs au lieu de mobiliser la rue et le resultat final aurait peut-être  fini par être accepté.</p>
<p>Une autre cause du désastre est l’hypocrisie et la désertion de la communauté internationale : oubliant  que les Congolais ne se faisaient pas confiance entre eux, on a laissé l’arbitrage entre les mains d’institutions ou de personnalités  qui allaient de toutes facons être contestées, quoiqu’elles fassent.</p>
<p>Si dès le début, la communauté internationale avait consacré à ces élections plus de fonds, plus d’observateurs, plus de mécanismes de certification,  la tricherie aurait été rendue plus difficile, la contestation aurait été plus aisément désamorcée.</p>
<p>La Commission nationale indépendante est aujourd’hui la cible de toutes les critiques et sa démission et exigée,  malgré le défi colossal qu’elle a relevé, pratiquement sans assistance étrangère. C’est à la fois injuste et compréhensible : injuste, car la CENI est composée de manière pluraliste, les bonnes volontés y ont été nombreuses et le désordre, certes condamnable, n’est pas pire qu’en 2006, ce qui s’explique avant tout par les difficultés logistiques.</p>
<p>Cependant, malgré le volontarisme, l’énergie et la compétence de l’homme, qui a fait ses preuves ailleurs en Afrique, aux côtés de Desmond Tutu, placer le pasteur Mulunda à la tête de la CENI a été une erreur : trop proche conseiller du chef de l’Etat, comment aurait il pu échapper au reproche de « rouler » pour Kabila ? Et comment ne pas soupçonner la puissante Eglise catholique, qui avait pratiquement piloté et validé les élections de 2006, conduites par l’abbé Malu Malu, de n’avoir rien fait pour épauler un pasteur protestant ?</p>
<p>Les divisions d’aujourd’hui s’expliquent aussi par le fait que hier, à la veille des élections, aucun consensus n’a pu être réuni ni sur le mode opératoire, ni sur le respect des résultats et bien avant le scrutin, un homme comme Tshisekedi a largement fait tourner le moulin de la suspicion tandis que son parti refusait de signer le « code de bonne conduite » arguant du fait que certains de ses membres étaient emprisonnés à la sjuite de manifestations.</p>
<p>Quant aux chrétiens qui sont descendus dans la rue, ils ont voulu commémorer le massacre de 1992 et défier le régime, comme si, en vingt ans, rien n’avait changé. Et cela alors que le Congo, entretemps, a traversé deux guerres, subi le morcèlement du territoire, la ruine et le pillage de son économie. Alors qu’il a aussi amorcé sa démocratisation, entamé le début de la reconstruction, qu’il a diversifié ses relations économiques et qu’il reprend peu à peu la place qui lui revient sur la scène internationale, attendant, l’automne prochain, le sommet de la francophonie.</p>
<p>Ce pays serait-il condamné à vivre une « prophétie autoréalisatrice », où les catholiques croient revivre l’ « union sacrée » de 1992 contre le régime Mobutu et pour la conférence nationale souveraine (qui, présidée par Mgr Monsengwo s’était terminée sur un échec…) et où le régime de Joseph Kabila se voit reprocher les mêmes pratiques que le dictateur d’hier (enrichissement des élites, répression des opposants, tentatives de fraudes et de truquages, contrats opaques…).</p>
<p>Une fois pour toutes, les Congolais ne pourraient ils pas briser le rétroviseur, dépasser les déterminismes et les répétitions de l’histoire, inventer de nouveaux modèles de gouvernance ?</p>
<p>Il faut espérer que la prochaine visite du ministre belge des Affaires étrangères contribue à brancher le Congo sur l’avenir plus que sur le passé, incite l’opposition à choisir la voie parlementaire (où son rôle pourraut être essentiel) et aide le pouvoir à tirer les leçons de la contestation des élections, à entendre le message qui a fusé de partout : il est plus que temps de payer militaires et fonctionnaires, plus que temps de freiner l’enrichissement insolent de quelques uns et d’ouvrir, au bénéfice de tous, le chapitre du social.</p>
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		<title>Pourquoi Nzibira(au Sud Kivu) en veut toujours à Kabila</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Feb 2012 16:43:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>colette braeckman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[Nzibira, Venues d’Ouganda, des dizaines de vaches aux longues cornes cheminent en direction du centre minier de Kamituga, au Sud Kivu. Lorsque le troupeau traverse Nzibira, dernière localité avant la grande forêt, Salomon, le président de la société civile locale, soupire : « là bas, les mineurs ont besoin de viande et lorsqu’ils trouvent de l’or, ils [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nzibira,</p>
<p>Venues d’Ouganda, des dizaines de vaches aux longues cornes cheminent en direction du centre minier de Kamituga, au Sud Kivu. Lorsque le troupeau traverse Nzibira, dernière localité avant la grande forêt, Salomon, le président de la société civile locale, soupire : « là bas, les mineurs ont besoin de viande et lorsqu’ils trouvent de l’or, ils peuvent se la payer. Ici, nos troupeaux ont été massacrés  par les groupes rebelles qui se sont succédé, nos forêts ont été coupées par les réfugiés et les minerais de nos creuseurs ne trouvent presque plus d’acheteur. » Dans le petit centre de santé, les femmes sont étendues à trois par lit, une jeune parturiente attend son tour à même le sol. Un peu plus loin, des huttes abritant les déplacés grigotent la colline. <span id="more-1325"></span>Tout en remerciant l’ONG belge Memisa pour son soutien, Salomon nous charge de transmettre ses craintes : « les habitants de plusieurs villages, Lubimbe, Tchulwe, Cirambo se sont réfugiés chez nous et les produits de première nécéssité deviennent de plus en plus chers, le mesure de manioc est passée de 500 à 800 francs congolais,les sources d’eau aménagées ne suffisent plus aux besoins… »</p>
<p>Le Docteur Etienne, Salomon et son collègue Deogratias expriment le même découragement : « dans la forêt de Tchulwe, à 24 kilomètres d’ici, les rebelles hutus des FDLR sont toujours là. Ils vivent en pillant, en rançonnant, et se heurtent à des groupes congolais,  les Mai Mai Mutomboki, les Mai Mai Bafamanda, qui ont repris les armes…De tous côtés, les gens fuient. Est-ce cela la paix que Kabila nous avait promis ? »Alors qu’autrefois les villageois comptaient sur les organisations internationales, cette fois le doute s’insinue : « que transportent ces hélicoptères onusiens qui se posent dans la forêt ? » Salomon est plus précis : « lorsque le CICR nous demande de porter des caisses dans la forêt et nous paie pour cela 7 dollars, nous ne les remettons à personne, il nous suffit de les déposer. A qui sont elles destinées, que contiennent elles ? » Et de se demander si la persistance du conflit n’arrangerait pas une certaine « opinion internationale »…</p>
<p>Plus grave encore, le doute généralisé s’étend aux Forces armées congolaises : l’an dernier, lorsqu’elles se sont constituées en régiments, les troupes ont été retirées du milieu. Une vacance qui a permis aux rebelles hutus de se réimplanter. Lorsque l’armée fut revenue, les civils ont constaté avec effarement que leurs ennemis d’hier, les militaires tutsis, anciens   compagnons de Laurent Nkunda, longtemps tenus en échec, occupaient désormais la plupart des postes de commandement. Et de conclure : «grâce à eux, le Rwanda contrôle désormais tous les mouvements dans le Sud Kivu. Comment Kabila a-t-il pu accepter cela ? »</p>
<p>Dans ces villages qui s’étirent entre Bukavu et le cœur de la grande forêt de Shabunda, où se trouvent de nombreux sites miniers, les griefs à l’égard du président s’accumulent : il n’a pas chassé les Hutus, il a laissé revenir les Tutsis. De jeunes creuseurs, qui tamisent les eaux de la rivière voisine et recueillent de la cassitérite, sorte de poussière grise brillante enfouie dans des sacs, nous interpellent à leur tour : « nous sommes victimes d’un embargo de fait, nous ne vendons plus la cassitérite qu’à 3 dollars le kilo. Les militaires, eux, contrôlent toujours des mines dans la forêt… »</p>
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		<title>Didier Reynders prépare un voyage en Afrique centrale</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Feb 2012 16:32:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>colette braeckman</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les premiers pas de Didier Reynders en terre africaine, au titre de Ministre des Affaires étrangères, auront lieu fin mars et le mèneront successivement au Congo, au Rwanda et au Burundi. Trois pays qui ont suivi des évolutions différentes, mais où la visite du chef de la diplomatie belge,  annoncée vendredi dernier au Parlement,  est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les premiers pas de Didier Reynders en terre africaine, au titre de Ministre des Affaires étrangères, auront lieu fin mars et le mèneront successivement au Congo, au Rwanda et au Burundi. Trois pays qui ont suivi des évolutions différentes, mais où la visite du chef de la diplomatie belge,  annoncée vendredi dernier au Parlement,  est également attendue.</p>
<p>A Kinshasa, Didier Reynders devrait être le premier dirigeant occidental à revenir après les élections contestées du 28 novembre dernier. Une visite à hauts risques, où, à Kinshasa comme à Bruxelles, chaque mot sera pesé, chaque pas compté.<span id="more-1322"></span> Le ministre, certes, a reconnu « l’ordre d’arrivée des candidats », une formule qui consacre la victoire de Joseph Kabila, mais il aussi exprimé plusieurs sujets d’inquiétude, qu’il s’agisse des fraudes et des irrégularités qui ont marqué le scrutin, ou de l’ « usage excessif de la force » qui, selon lui, a marqué la « marche des chrétiens ». Interdite par le gouverneur de Kinshasa, cette commémoration du massacre des chrétiens commis voici vingt ans a été rudement dispersée par la police à coups de gaz lacrymogènes. Le ministre belge arrivera aussi à Kinshasa dans un contexte de tension avec les Occidentaux : le ministre congolais de l’Information Lambert Mende a accusé d’ « ingérence »  l’Union européenne, qui avait regretté l’interdiction de la marche des chrétiens. D’ici la date de sa visite cependant, la situation  se sera peut-être clarifiée, qu’il s’agisse de la recomposition du cabinet présidentiel après la disparition d’Augustin Katumba Mwanke, le tout puissant conseiller du chef de l’Etat, ou du fonctionnement  de l’Assemblée nationale. Le parti d’Etienne Tshisekedi avec ses 41 élus, y représente la deuxième formation et pourrait revendiquer le poste de porte parole de l’opposition. Reste à savoir si les parlementaires de l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social)  dépasseront la « fatwa » décrétée par M. Tshisekedi, qui ne reconnaît pas la légitimité de l ‘Assemblée et si la procédure de validation des cas encore en litige sera terminée d’ici fin mars. Tous les contacts de M. Reynders, qu’il s’agisse du pouvoir ou de l’opposition, seront examinés à la loupe, non seulement à cause de la polarisation de l’opinion congolaise (et belge…)mais aussi parce que le Ministre des Affaires étrangères devra s’exprimer au nom de toutes les tendances du gouvernement et qu’il agira également en coordination avec l’Union européenne.</p>
<p>Au Rwanda et au Burundi, le Ministre devra aborder des questions politiques, mais aussi des sujets bilatéraux. En effet, c’est de manière très différente que ces «faux jumeaux » se préparent au 50eme anniversaire de l’indépendance. Pour le pouvoir de Kigali, la date du 1<sup>er</sup> juillet 1962 correspond plus à la consécration du « pouvoir hutu » de Grégoire Kayibanda, avec le soutien de l’ancienne puissance coloniale, qu’à une véritable émancipation. Considérant qu’il n’y a rien à fêter, au contraire, le Rwanda préférera vraisemblablement organiser un temps de réflexion sur les cinquante années écoulées, qui eurent leur lot d’évènements tragiques et à cette date, Kigali n’a pas lancé d’invitation vers Bruxelles. M. Reynders sera aussi confronté au fait que les comptes de l’ambassade belge à Kigali sont toujours gelés, en représailles au blocage des comptes de l’ambassade rwandaise à Bruxelles à la suite d’un litige commercial.</p>
<p>Au Burundi, le président Pierre Nkurunziza a adressé une lettre particulièrement chaleureuse au roi Albert II, l’invitant à se rendre dans son pays à l’occasion du 50eme anniversaire de l’indépendance. Pour cette occasion, outre un double colloque, à Tervuren et à Bujumbura, le pouvoir burundais a demandé à chacune des communes du pays d’associer ses administrés à la réalisation d’une « œuvre » (école, centre de santé, monument) qui marquera cette date historique.</p>
<p>Si l’état de santé du roi Albert II ne lui permet pas de se rendre en Afrique centrale, le souverain devrait être représenté par le prince Philippe et la princesse Mathilde mais on ignore encore si ces derniers seront invités à faire escale à Kigali…La différence d’approche entre les deux pays risque de gêner une diplomatie belge toujours soucieuse d’équidistance et le ministre Reynders devra baliser le terrain…</p>
<p>Dans aucun de ces trois pays, le ministre n’arrive en terre inconnue : au Congo, il a déjà rencontré le président Kabila qui avait reçu à Lubumbashi, en compagnie d’Arland De Decker, celui qui était alors Ministre des Finances. Quant au Rwanda et au Burundi, Didier Reynders, qui fut un disciple de Jean Gol, a certainement hérité des enseignements de celui qui fut le premier des responsables belges à  déceler le signes avant coureurs du génocide au Rwanda et à tenter, jusqu’à la veille de sa mort, de prévenir le cataclysme.</p>
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	</item>
		<item>
		<title>Le secret de la visite au Kivu se trouve sur l&#8217;île d&#8217;Idjui</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Feb 2012 21:51:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>colette braeckman</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ Mais  que diable une délégation composée des  hommes les plus influents du pays (le conseiller Katumba Mwanke, le ministre des Finances, l’ambassadeur itinérant Antoine Ghonda, accompagnés par le gouverneur du Sud Kivu Marcellin Cishambo) allait elle faire sur l’île d’Idjui ? Entre le Rwanda et le Congo, à plus de 2000 kilomètres de la capitale, plantée [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span id="more-1320"></span></p>
<p> Mais  que diable une délégation composée des  hommes les plus influents du pays (le conseiller Katumba Mwanke, le ministre des Finances, l’ambassadeur itinérant Antoine Ghonda, accompagnés par le gouverneur du Sud Kivu Marcellin Cishambo) allait elle faire sur l’île d’Idjui ? Entre le Rwanda et le Congo, à plus de 2000 kilomètres de la capitale, plantée au milieu du lac, cette grande île de 230.000 km2 est l’un des lieux les plus discrets de la République.</p>
<p>Dimanche après midi, nous accueillant dans le guest house de Katchovu, sur la pointe sud de l’île, le journaliste Eustache Kashinzwe, animateur d’une radio communautaire et Benoït Miruho, membre d’une association paysanne, assuraient que leur île était la « grande oubliée » de la République et qu’ils se battaient pour sensibiliser l’opinion à un risque de famine due à la maladie des bananiers, la principale ressource des 800.000 habitants de cette terre surpeuplée. <!--more--><!--more-->C’est d’ailleurs pour constater de visu les ravages de cette épidémie, le « wild » du bananier, que nous avions fait trois heures de traversée. Depuis un an, une sorte de feu noircit les feuilles, ronge les troncs, fait pourrir les fruits  dont même les oiseaux se détournent. La terre, empoisonnée par ces bananiers morts, ne porte même plus les courges ou les colocases. « Si rien n’est fait, nous allons mourir de faim » assuraient les paysans, reprochant aux autorités de ne pas prendre la mesure de leur nouveau malheur.</p>
<p>Alors que le responsable local de l’agence nationale de renseignements assurait que, le jour même, une délégation du plus haut niveau était attendue, un appel nous apprit en milieu d’après midi que l’avion qui amenait les personnalités de haut niveau venait de s’écraser. Quelques instants plus tard, un appel du Mwami confirma l’annulation de la visite…</p>
<p>Depuis lors, alors que les blessés ont été transportés en Afrique du Sud par vol spécial (la Belgique aussi avait fait des offres) plusieurs hypothèses circulent à propos de la raison de cette visite, qui avait pris au dépourvu le gouverneur du Sud Kivu lui-même : alors que Marcellin Cishambo assistait à un mariage à Goma, il fut « embarqué » à l’improviste par la délégation dont il ignorait les objectifs. La première des hypothèses serait celle de contacts militaires, extrêmement discrets, avec le Rwanda, qui ne se trouve qu’à quelques encablures d’Idjui.  </p>
<p>A côté d’Idjui se trouve l’île rwandaise d’Iwawa, transformée en base militaire, en centre derééducation pour les enfants de la rue et où sont abritées quelques vedettes rapides de l’armée rwandaise. Quoi de plus facile que franchir l’étroite bande d’eau pour tenir une réunion au sommet sur l’une des deux rives ? Comme par hasard, une agitation inhabituelle avait été remarquée cet après midi là à Iwawa&#8230;Entre Rwandais et Congolais, les sujets de discussion ne manquent  pas : alors que les troupes congolaises déployées au Sud Kivu sont presque toutes dirigées par des officiers tutsis proches de Kigali, une nouvelle rébellion est en gestation dans la région.  En outre, il est de notoriété publique que la cassitérite en provenance de Kalehe(Sud Kivu) transite par Idjui avant d’être débarquée à Kibuye au Rwanda. Or Kigali vient de placer en résidence surveillée quatre généraux, accusés de trafics en complicité avec des Congolais… Si cette hypothèse se confirmait, elle expliquerait que ce sont des impératifs de sécurité nationale qui incitèrent le puissant Katumba Mwanke, chargé des contacts préliminaires à la formation d’un gouvernement, d’abandonner pour quelques heures sa tâche de « faiseur de rois ».</p>
<p>Une autre hypothèse porte sur le fait que, via cette délégation, le président aurait voulu remercier l’un des Bami d’Idjui, qui, présidant l’association des chefs coutumiers du Sud Kivu, l’avait fortement aidé dans sa campagne électorale.</p>
<p>Mais en ville, nul ne croit en d’aussi innocentes intentions, et la présence dans la délégation du Ministre des Finances Matata Mponyo, le grand argentier du pays, autorise d’autres suppositions. Sur Idjui en effet, la délégation devait être accueillie par Bertrand Bisengimana, qui possède au nord de l’île un vaste domaine qui avait été offert à son père par le président Mobutu lors de la zaïrianisation. Dans ce domaine qui s’ouvre sur le lac se trouve l’ancienne propriété des princes de Ligne, un lieu lorgné par les promoteurs qui rêvent de le transformer en complexe immobilier de luxe, même si Bisengimana a toujours déclaré à des proches que jamais il ne vendrait ce bâtiment en ruines mais emblématique. Sachant que via son conseiller Katumba Mwanke le chef de l’Etat n’hésite pas à investir dans  les  plus beaux sites du pays, la visite de la délégation avait peut-être, aussi,  l’allure d’une prospection…Hospitalisé à Kigali, ce n’est pas demain que Bertrand Bisengimana s’expliquera sur les raisons de l’invitation adressée à des hôtes aussi prestigieux…</p>
<p>Au début de la semaine, la délégation devait aussi s’entretenir avec la société canadienne Banro, qui exploite l’or du gisement de Twangiza et va bientôt produire son premier lingot et elle devait examiner une nouvelle fois les conséquences de la paralysie du secteur minier, due à la mise en œuvre d’une loi américaine. A Bukavu en effet, on estime que la province perd 30 millions par mois en recettes fiscales et que l’embargo de fait sur les produits miniers risque de repousser vers les mouvements armés de nombreux jeunes qui aujourd’hui se trouvent parmi les 200.000 « creuseurs » de la province. </p>
<p>La conviction de la rue est, quant à elle, beaucoup plus radicale: parlant de Katumba Mwanke et refusant de reconnaître les services rendus  au pays par l’ « éminence grise » un étudiant résumait le sentiment général en disant  « c’est la main de Dieu qui a enlevé celui que le président n’arrivait pas à faire partir… »</p>
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		<title>Une erreur humaine à l&#8217;origine du crash de Bukavu</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Feb 2012 19:32:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>colette braeckman</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Bukavu, Des neuf rescapés du crash de l’avion Katanga Express, qui s’est brisé en trois dans un ravin de vingt mètres au-delà de la piste de Kavumu (Bukavu) le gouverneur du Sud Kivu, Marcellin Cishambo, est le seul à pouvoir encore s’exprimer. Autour de lui, dans la petite salle des urgences de l’hôpital général de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Bukavu,</p>
<p>Des neuf rescapés du crash de l’avion Katanga Express, qui s’est brisé en trois dans un ravin de vingt mètres au-delà de la piste de Kavumu (Bukavu) le gouverneur du Sud Kivu, Marcellin Cishambo, est le seul à pouvoir encore s’exprimer. Autour de lui, dans la petite salle des urgences de l’hôpital général de Bukavu, les autres blessés, la tête ceinte de bandages, semblent beaucoup plus mal en point, inconscients, les yeux fermés. Il y a là, entre autres, le Ministre des Finances, Matata Mponyo, Antoine Ghonda, le conseiller diplomatique du chef de l’Etat, Barthelemy Bisengimana, fils de l’ancien directeur de cabinet du président Mobutu. Cet  homme d’affaires local devait accompagner la délégation de onze personnes qui, au départ de Bukavu, se préparait à se rendre en bateau  sur l’île d’Idjui où  la famille Bisengimana, lors de la zaïrianisation, avait hérité d’une spectaculaire propriété, construite naguère par le prince de Ligne.<span id="more-1316"></span></p>
<p>Sous perfusion, adossé à son oreiller, Marcellin Cishambo a les deux genoux plâtrés et souffre de fractures tibiales qui demanderont au moins trois mois d’immobilisation. Lorsqu’il nous relate l’accident, il ignore encore qu’Augustin Katumba Mwanke, le plus puissant des conseillers du président, est mort sur le coup, le crâne brisé. La dernière image que Cishambo a gardé, c’est que le député katangais, assis derrière lui, a fait un vol plané jusqu’à l’avant de l’appareil, n’ayant vraisemblablement pas attaché sa ceinture de sécurité. «Lorsque j’ai vu que le jet entamait l’atterrissage beaucoup trop tard, dit Cishambo, « et qu’il allait sortir de la piste, j’ai crié « attachez vous »  et je me suis préparé au choc. Effectivement, l’appareil a plongé dans un ravin. Comme le plein de carburant venait d’être fait à Goma, j’ai eu peur de finir dans un avion en flammes, mais Dieu n’a pas voulu de moi… »</p>
<p>Rassemblés par petits groupes dans l’entrée de l’hôpital chichement éclairé, les témoins sont encore sous le choc. Le vice gouverneur du Sud Kivu, Jean-Claude Kibala, se souvient : « alors que nous attendions dans le salon d’honneur,  nous avons vu que l’avion, en face de nous, ne s’était pas encore posé. Nous avons hurlé « remontez », mais le crash était inévitable. Les pilotes, deux Sud Africains, engagés par le gouverneur du Katanga Moïse Katumbi, ne connaissaient pas cette piste où ils se posaient pour la première fois. Ils sont morts tous les deux.  Depuis Lubumbashi, Moïse Katumbi, qui avait prêté son appareil personnel pour cette mission, a voulu se précipiter à Bukavu, mais nous le lui avons interdit, de nuit on ne peut pas se poser ici… »</p>
<p>« Sur le petit aéroport de Kavumu, la scène était dantesque », raconte Jean-Pierre Ndusha, un collaborateur du gouverneur « il a fallu découper à la scie l’avant de l’avion  pour extraire les corps des pilotes. L’un était mort, l’autre a succombé peu après. Et pour extraire les passagers, nous avons du briser les hublots avec des pierres, jusqu’à ce que la Monusco arrive avec des scies électriques et de haches… »</p>
<p>Accablés, tous les témoins concluent que cet accident est du à une erreur humaine, les pilotes ayant mal pris la mesure de la courte piste de Kavumu, coincée entre le lac et les collines. Dès qu’ils pourront être transportés, les blessés devraient être amenés en Afrique du Sud. A part le projet de déplacement sur l’île d’Idjui, nul n’a pu nous dire la raison qui avait amené plusieurs personnalités de premier plan à se déplacer en voyage privé à Bukavu à la veille de l’installation de l’Assemblée nationale le 16 février et alors que la crise politique est loin d’être terminée.</p>
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		<title>Augustin Katumbe Mwanke le Richelieu du Congo</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Feb 2012 19:30:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>colette braeckman</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Petit, mince, le regard sérieux, Augustin Katumba Mwanke, député de Pweto, Katanga, ne ressemblait pas à l’homme le plus puissant du Congo. D’ailleurs, il ne fréquentait pas les ambassades et boudait les réceptions. Ce bûcheur, qui avait  établi ses bureaux dans la « concession Eternit » à Kinshasa, préférait les dossiers et les contacts discrets. Cependant c’est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Petit, mince, le regard sérieux, Augustin Katumba Mwanke, député de Pweto, Katanga, ne ressemblait pas à l’homme le plus puissant du Congo. D’ailleurs, il ne fréquentait pas les ambassades et boudait les réceptions. Ce bûcheur, qui avait  établi ses bureaux dans la « concession Eternit » à Kinshasa, préférait les dossiers et les contacts discrets. <span id="more-1314"></span>Cependant c’est chez lui que défilaient tous ceux  qui souhaitaient une promotion, proposaient un contrat, suggéraient des arangements politiques. C’est lui qui communiquait les grâces et les disgrâces de la « cour » présidentielle, c’est lui qui, avec Evariste Boshab, président de l’Assemblée nationale, élaborait les grandes lignes politiques de la majorité.</p>
<p>Cet homme qui tissait sa toile dans l’ombre était unanimement détesté par les Occidentaux. Réclamant sa tête, en vain, ils  lui reprochaient les dessous de table, les contrats opaques avec des sociétés basées aux Ïles Vierges et autres paradis fiscaux, et surtout les accords économiques avec les pays émergents. Il était de notoriété publique que Katumba, qui avait commencé sa carrière dans une banque en Afrique du Sud, tournait le dos à la vieille Europe. Il lui préférait les Chinois qui l’aidaient à reconstruire le pays, les Brésiliens, les Sud Coréens sans oublier les Sud Africains, toujours prêts à considérer le Congo comme leur nouvelle frontière. Invisible, mais censé ne jamais être loin du chef de l’Etat, il avait établi le contact avec le jeune président alors que, du temps de Laurent Désiré Kabila, il était gouverneur du Katanga. Après la cuisante défaite de Pweto face aux Rwandais, en 2000, c’est Katumba qui  avait accueilli Joseph Kabila, alors commandant de l’armée de terre et que son père voulait sanctionner. Son emprise sur le « Raïs », nom swahili du président, était elle due à la reconnaissance, à la force de travail, à une vieille complicité ? Même ceux qui n’aimaient pas cet homme de l’ombre reconnaissent  que sa disparition prive le président d’un redoutable stratège.</p>
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		<title>Deux filles-soldats font pleurer Bukavu</title>
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		<pubDate>Sat, 11 Feb 2012 12:55:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>colette braeckman</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le « bruit  des os  qui craquent » en tournée africaine « On est passé à travers »… A l’issue de la représentation de son spectacle « le Bruit des os qui craquent » dans la salle de l’Alliance francaise de Bukavu, Roland Mahauden, le directeur du Théâtre de Poche, avait quelques raisons d’exhaler un soupir de soulagement. Le public nombreux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le « bruit  des os  qui craquent » en tournée africaine</p>
<p>« On est passé à travers »… A l’issue de la représentation de son spectacle « le Bruit des os qui craquent » dans la salle de l’Alliance francaise de Bukavu, Roland Mahauden, le directeur du Théâtre de Poche, avait quelques raisons d’exhaler un soupir de soulagement. Le public nombreux ne s’est pas impatienté lors de la coupure de courant, nul n’a sursauté lorsque lui-même, du fond de la salle, a du crier «Pan » pour remplacer la sono défaillante et imiter un coup de feu, les portables ont crépité durant toute la représentation mais c’était aussi  pour assurer le « bouche à oreille ».<span id="more-1312"></span> La veille, alors que la petite troupe franchissait la frontière du Burundi, les douaniers suspicieux avaient fini par laisser passer une mitraillette de plastique, élément indispensable du spectacle, après l’avoir démontée pièce par pièce…</p>
<p>Au-delà de ces quelques aléas techniques, l’important était ailleurs : le public de Bukavu, qui n’a rien oublié de la guerre et de l’occupation rwandaise, qui est souvent qualifié d’ « ethniste », a applaudi à tout rompre les trois comédiennes, une Belgo Sénégalaise, une Rwandaise et une Kinoise, qui avaient retracé, de manière bouleversante, le périple d’Elikia et de Josepha à travers la forêt.</p>
<p>Durant une heure et demie, la salle a vécu au rythme de la fuite éperdue de ces deux gamines, essayant d’échapper au groupe armé qui les avait enlevées.  Emportée à l’âge de douze ans, Elikia, 14 ans et des yeux, des cheveux sans âge, ne croit plus qu’en une seule vérité, la force de sa Kalachnikov, son inséparable compagne. Esclave sexuelle et domestique de Rambo, de Killer, des gamins drogués qui n’ont connu d’autre école que la violence et le meurtre, Elikia est devenue leur égale. Mais lorsqu’elle décide de tenter le tout pour le tout et de quitter le groupe, elle emmène Josefa, une jeune Rwandaise, captive elle aussi, qui la suit en pleurant, sans comprendre, sans mesurer le danger. Au fil de leur errance dans la forêt, les deux filles apprennent à s’aimer comme des sœurs.</p>
<p>Des  histoires pareilles ou comparables, Bukavu en a connu des milliers  et lorsque lui fut balancé en plein visage le récit imaginaire, mais tellement plausible de deux  gamines pareilles à ces petites silhouettes parfois échouées dans la cité, le public a réagi en ordre dispersé. Au premier rang, des garçons ont éclaté d’un rire nerveux et intempestif,  comme pour se distancier de scènes trop interpellantes. D’autres spectateurs ont pleuré, et à la fin ils ont crié « chapeau » ; nul ne s’est inquiété de voir les deux actrices s’exprimer l’une en kinyarwanda, l’autre en lingala (même si le swahili aurait été plus plausible), Mathilde Muhindo, du centre Olame,  qui a accueilli des centaines de victimes de violences, a rappelé qu’en Congo, plus de 120.000 enfants avaient été ainsi recrutés par les groupes armés, devenant enfants soldats, enfants victimes, enfants martyrs…</p>
<p>A Kigali et à Bujumbura, ce spectacle-phare du Théâtre de Poche avait déjà reçu un accueil enthousiaste et la tournée africaine se prolongera à Kisangani, Kinshasa, Matadi. Son message ? Il  nous fut résumé magnifiquement par le père d’un journaliste assassiné : «dans le cœur des pires bourreaux, il subsiste toujours une trace d’humanité.. »</p>
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		<title>Quand la base se mobilise pour mieux gérer les ressources naturelles</title>
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		<pubDate>Thu, 09 Feb 2012 14:35:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>colette braeckman</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La guerre au Kivu est-elle vraiment terminée ? A Bukavu, on en doute encore : des militaires font défection, des villages, selon la formule consacrée, «sont attaqués par des hommes en armes », la vie des femmes est toujours aussi dangereuse. La nature elle aussi a  payé à la guerre un lourd tribut. Le Mwami de Kabare, une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La guerre au Kivu est-elle vraiment terminée ? A Bukavu, on en doute encore : des militaires font défection, des villages, selon la formule consacrée, «sont attaqués par des hommes en armes », la vie des femmes est toujours aussi dangereuse. La nature elle aussi a  payé à la guerre un lourd tribut. Le Mwami de Kabare, une importante autorité coutumière, nous le rappelle : «  plus de quinze millions d’arbres ont été coupés depuis l’irruption des réfugiés hutus en 1994… »</p>
<p>C’est parce que le climat change, que les forêts déboisées ne retiennent plus les pluies et que l’érosion dénude les collines que le Mwami de Kabare et son collègue de Ngweshe, mais aussi le gouverneur de la province, le ministre de l’environnement, plusieurs députés ont participé, durant trois jours, à une conférence sur « la gouvernance des ressources naturelles ». <span id="more-1310"></span>Alors que d’ordinaire, des réunions de ce type ont lieu à l’initiative des organisations internationales qui dictent l’ agenda et les résolutions finales, cette rencontre ci avait une allure différente. Avec un soutien de la coopération canadienne, ce sont deux organisations locales, la plateforme Diobass au Kivu et Adisco, une ONG burundaise, qui avaient pris l’initiative de rassembler, sur pied d’égalité, des paysans et des paysannes venus tout droit de leur village, des chercheurs et des scientifiques sortis d’universités africaines et européennes, des personnalités officielles et des membres de la société civile.  Au centre des communications et débats, un thème sensible : comment préserver les ressources naturelles en prônant la « bonne gouvernance ». Ce thème, vu d’ici, signifierait plutôt une autre gouvernance, c&#8217;est-à-dire la manière dont les communautés de base prennent en main les leviers de leur développement.</p>
<p>Car Adisco et Diobass sont à l’origine, au Burundi et au  Kivu, d’une inititiative originale, les « comités de gouvernance des ressources naturelles ». Créés dans les villages, ces comités composés de volontaires, étudient les principaux problèmes qui se posent à leur environnement : l’érosion, les feux qui dévastent les boisements, les inondations, les problèmes fonciers, les séquelles de la guerre.</p>
<p>Après une journée consacrée aux communications des scientifiques, qui ont évoqué les efforts déployés pour sauvegarder les parcs naturels ou créer des «forêts modèles »,  les participants ont été emmenés sur le terrain et au retour ils ont croisé leurs impressions.</p>
<p>Revenus d’Ikoma, un village à plus de 2000 mètres d’altitude au dessus de Bukavu, les paysans burundais n’en revenaient pas : « ces gens vont mourir, ils n’ont pas de petit bétail, pas d’engrais naturel, la terre est nue… » Et de suggérer, comme au Burundi, de s’employer au plus tôt à planter des arbres, pour effacer les séquelles de la guerre…</p>
<p>A Nyangezi par contre, c’est avec fierté que les paysans congolais ont atttiré leurs hôtes le long du marais de Kanyantende : durant sept ans, à cause de la guerre, la zone avait été désertée. Lorsque la sécurité fut rétablie après la réhabilitation du camp militaire, les villageois découvrirent que le marais était en friche. La terre cultivable se faisant rare dans la région, ils se cotisèrent à raison de 5 dollars par famille et décidèrent de drainer les bas fonds qui leur avaient été attribués par l’autorité coutumière. Les chefs de 13 localités furent impliqués dans l’opération et lors du lancement de l’opération,  les graines furent solennellement bénies. Aujourd’hui mis en culture par 2242 familles, le marais produit du sorgho, du maïs, du haricot,  une partie servant à l’alimentation familiale, l’autre étant vendue au marché. Un entrepôt de stockage des surplus a pu être construit au cœur de Nyangezi.</p>
<p>Cheminer le long d’un marais, observer de près un boisement,  regarder les traces de l’érosion,  écouter la femme qui porte un panier plus lourd qu’elle ou un garçon qui demande qu’on lui offre une machette neuve, analyser les résultats que donne l’association de diverses cultures, voilà un exercice pratique qui offre d’autres perspectives que discourir dans le salon d’un hôtel ! C’est pour cela que, rentrés du terrain, les participants se sont pliés de bonne grâce aux méthodes de travail qu’on leur proposait, se réunir en ateliers, mettre en commun les observations, les suggestions et les desiderata.</p>
<p>Il est apparu qu’en ces lendemains de guerre, au Burundi et au Sud Kivu, la base paysanne de la population était loin d’avoir jeté l’éponge, qu’elle demeurait mobilisée via de nombreuses associations, ne craignant pas d’interpeller l’autorité ou de lui faire des suggestions.</p>
<p>Lendemain d’élections controversées ou réel désir de se mettre à l’écoute de la base ? Toujours est il que le gouverneur du Sud Kivu, Marcellin Cishambo, ne manqua pas une seule des trois journées, suivant attentivement les travaux et plaidant, dès qu’il en avait l’occasion, pour le rétablissement de l’autorité de l’Etat, seul capable de garantir le développement de tous. Il plaida aussi pour la politique de grands travaux impulsée par Kinshasa, expliquant pourquoi il avait été obligé de faire abattre toutes les maisons obstruant illégalement la route menant à Uvira alors que les engins de chantier ont commencé à se positionner.</p>
<p>Dialogue entre les chercheurs et les paysans, entre la société civile et le pouvoir, volonté commune de défendre les ressources naturelles et un environnement menacé : cette conférence a démontré qu’au Burundi et au Sud Kivu de miques sont en train de s’ébaucher.</p>
<p>gouverneur du Sud Kivu, Marcellin Cishambo, ne manqua pas une seule des trois journées, suivant attentivement les travaux et plaidant, dès qu’il en avait l’occasion, pour le rétablissement de l’autorité de l’Etat, seul capable de garantir le développement de tous. Il plaida aussi pour la politique de grands travaux impulsée par Kinshasa, expliquant pourquoi il avait été obligé de faire abattre toutes les maisons obstruant illégalement la route menant à Uvira alors que les engins de chantier ont commencé à se positionner.</p>
<p>Dialogue entre les chercheurs et les paysans, entre la société civile et le pouvoir, volonté commune de défendre les ressources naturelles et un environnement menacé : une telle  conférence a démontré qu’au Burundi et au Sud Kivu de nouvelles dynamiques sont en train de s’ébaucher.</p>
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		<title>Le verdict des urnes ouvre l&#8217;&#8221;après post transition&#8221;</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Feb 2012 14:31:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>colette braeckman</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Si elle avait bâclé le travail, la commission nationale indépendante aurait, à juste titre, été critiquée. Soucieuse d’opérer les vérifications nécéssaires et d’examiner les votes dévolus à 18000 candidats, la Ceni a pris son temps, ce qui n’a pas, non plus, été au goût de tout le monde et la confusion qui a régné à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si elle avait bâclé le travail, la commission nationale indépendante aurait, à juste titre, été critiquée. Soucieuse d’opérer les vérifications nécéssaires et d’examiner les votes dévolus à 18000 candidats, la Ceni a pris son temps, ce qui n’a pas, non plus, été au goût de tout le monde et la confusion qui a régné à propos du verdict des législatives a fait écho à la violente contestation des résultats de l’électiuon présidentielle. Il ne fait aucun doute que les cafouillages (compréhensibles vu la difficulté de la tâche) les irrégularités voire les fraudes alimenteront les débats durant longtemps encore, sur le point de savoir si les dérapages constatés furent systématiques, tous orientés dans le même sens (ce qui ne semble pas être le cas) et si la violence ne se manifesta que d’un seul côté (là non plus il n’y a pas d’évidence…)<span id="more-1306"></span></p>
<p>Puisqu’il  n’y aura vraisemblablement ni recomptage des votes, ni réédition des opérations électorales, il faudra donc se contenter du verdict des urnes, hold up pour les uns, vérité et légitimation pour les autres.</p>
<p>Des résultats des législatives, finalement publiés, on peut tirer plusieurs constats. Le premier, c’est qu’avec 13O députés, le PPRD, proche de Kabila, demeure la première force politique du pays. Pour dominer l’assemblée, il devra cependant conclure des alliances, avec des formations indépendantes comme l’AFDC de Bahati Lukwebo qui compte 17 députés, comme l’ Arc de Kamitatu (16 élus) ou des formations qui faisaient déjà partie de la majorité présidentielle comme le parti lumumbiste unifié (Palu) qui est passé de 34 à 19 députés, sanction peut-être de sa gestion du pouvoir, ou du fait que le mythique Gizenga a passé la main.  Il est intéressant de constater que le MSR,Mouvement social pour le renouveau, de Pierre Lumbi, conseiller à la sécurité de Kabila, envoie 32 élus à l’assemblée et devient le troisième parti. Le MSR risque d’apparaître comme incontournable, alors qu’il se situe (pour autant que les mots aient un sens..) à la gauche du PPRD et qu’il recrute largement dans les rangs de la société civile.</p>
<p>Si la majorité veut pouvoir soutenir un gouvernement stable,  des alliances devront être conclues, des compromis devront être faits, avec des formations qui ont tiré leur succès de leur indépendance et l’exercice sera peut-être moins facile qu’on ne le croit.</p>
<p>Du côté de l’opposition, le vrai succès de l’UDPS  (qui passe premier parti de l’opposition avec 42 députés) devrait à la fois panser les plaies des partisans de Tshisekedi et leur déchirer le cœur : le parti en effet démontre son implantation nationale alors qu’il se présente pour la première fois,  et en même temps, ses élus devront faire le choix déchirant d’exercer ou non leur mandat dans une assemblée dont Tshisekedi ne reconnaît pas la légitimité.</p>
<p>Quant aux 18 députés engrangés par Vital Kamerhe, il ne s’agît ni d’un succès, ni d’une déroute honteuse, car cette formation se présentait pour la première fois elle aussi, elle manquait encore de moyens et ce parti jeune semble avpoir encore l’avenir devant lui….</p>
<p>Le parti de Jean-Pierre Bemba est, lui, passé de 66 à 22 élus, payant là ses dissentions internes et l’impossible succession d’un « chairman » toujours détenu à La Haye et qui croit toujours en ses chances de revenir  libre au Congo.</p>
<p>Par contre, le score du parti de Léon Kengo wa Dondo est cruel, il se résume à quatre députés tandis que celui du RCD Goma est pire encore : aucun élu n’a été envoyé à l’Assemblée. Les électeurs se sont montrés durs  à l’égard de ces partis, certes, mais plus encore à l’égard de ces Occidentaux qui, en 2006 jugeaient qu’Azarias Ruberwa (alors président du RCD Goma) était incontournable (ne prônait il pas une « bonne gouvernance » qui, dans l’Est, n’avait jamais été pratiquée par ses représentants et ne pensait on pas que lui seul pouvait « rassurer » Kigali ?). Quant à Kengo, s’il fut lâchement attaqué  et blessé à Paris, c’est parce que les agresseurs pensaient qu’il négociait secrètement avec Kabila, avec l’appui de certaines puissances  (la France sans doute…) qui estimaient que le camp présidentiel devait composer avec l’opposition, sans toutefois aller jusqu’à conseiller une ouverture vers l’intraitable Tshisekedi…</p>
<p>Cela étant, au-delà de la dureté des chiffres,  il apparaît que les électeurs ont voulu à la fois encourager le pouvoir à poursuivre la reconstruction du Congo, mais signifier aussi que deux époques se terminent : celle de la transition (le funeste « un plus quatre » un président quatre vice présidents, qui marqua la fin de la guerre, entre 2002 et 2006), celle de la post transition (2006-2011), cinq années dont les deux premières furent plombées par la rébellion de Laurent Nkunda qui mobilisa  tous les efforts militaires, occupa l’agenda politique et médiatique et ponctionna lourdement l’économie.</p>
<p>Le nouveau mandat qui s’ouvre est certes obscurci par la polémique électorale, par les défis lancés par Tshisekedi, mais les déchirements de 2011 pourraient guérir assez rapidement si un véritable changement s’amorçait, si les citoyens congolais bénéficiaient enfin des fruits d’une reconstruction mise au service des secteurs sociaux.</p>
<p>Même si elle a ses arrières assurés, la majorité présidentielle devra se recomposer et se solidifier, tandis que l’opposition, elle, sera confrontée à plusieurs défis : sortir du post mobutisme et des schémas des années 90 dans le cas de l’UDPS, sortir de la logique de l’après guerre dans le cas du MLC, abandonner le « caudillisme », le culte du chef, qui caractérise trop souvent la classe politique congolaise et empêcher la majorité de tomber dans le même travers.</p>
<p>Tous enfin devront rappeler à Joseph Kabila, qui totalisera quinze ans de pouvoir en 2017, que ce deuxième mandat électif doit être le dernier d’affilée et qu’au cours de la législature qui s’ouvre, des hommes neufs devront commencer à se préparer…</p>
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