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	<title>le carnet de Colette Braeckman</title>
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		<title>Quand la base se mobilise pour mieux gérer les ressources naturelles</title>
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		<pubDate>Thu, 09 Feb 2012 14:35:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>colette braeckman</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La guerre au Kivu est-elle vraiment terminée ? A Bukavu, on en doute encore : des militaires font défection, des villages, selon la formule consacrée, «sont attaqués par des hommes en armes », la vie des femmes est toujours aussi dangereuse. La nature elle aussi a  payé à la guerre un lourd tribut. Le Mwami de Kabare, une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La guerre au Kivu est-elle vraiment terminée ? A Bukavu, on en doute encore : des militaires font défection, des villages, selon la formule consacrée, «sont attaqués par des hommes en armes », la vie des femmes est toujours aussi dangereuse. La nature elle aussi a  payé à la guerre un lourd tribut. Le Mwami de Kabare, une importante autorité coutumière, nous le rappelle : «  plus de quinze millions d’arbres ont été coupés depuis l’irruption des réfugiés hutus en 1994… »</p>
<p>C’est parce que le climat change, que les forêts déboisées ne retiennent plus les pluies et que l’érosion dénude les collines que le Mwami de Kabare et son collègue de Ngweshe, mais aussi le gouverneur de la province, le ministre de l’environnement, plusieurs députés ont participé, durant trois jours, à une conférence sur « la gouvernance des ressources naturelles ». <span id="more-1310"></span>Alors que d’ordinaire, des réunions de ce type ont lieu à l’initiative des organisations internationales qui dictent l’ agenda et les résolutions finales, cette rencontre ci avait une allure différente. Avec un soutien de la coopération canadienne, ce sont deux organisations locales, la plateforme Diobass au Kivu et Adisco, une ONG burundaise, qui avaient pris l’initiative de rassembler, sur pied d’égalité, des paysans et des paysannes venus tout droit de leur village, des chercheurs et des scientifiques sortis d’universités africaines et européennes, des personnalités officielles et des membres de la société civile.  Au centre des communications et débats, un thème sensible : comment préserver les ressources naturelles en prônant la « bonne gouvernance ». Ce thème, vu d’ici, signifierait plutôt une autre gouvernance, c&#8217;est-à-dire la manière dont les communautés de base prennent en main les leviers de leur développement.</p>
<p>Car Adisco et Diobass sont à l’origine, au Burundi et au  Kivu, d’une inititiative originale, les « comités de gouvernance des ressources naturelles ». Créés dans les villages, ces comités composés de volontaires, étudient les principaux problèmes qui se posent à leur environnement : l’érosion, les feux qui dévastent les boisements, les inondations, les problèmes fonciers, les séquelles de la guerre.</p>
<p>Après une journée consacrée aux communications des scientifiques, qui ont évoqué les efforts déployés pour sauvegarder les parcs naturels ou créer des «forêts modèles »,  les participants ont été emmenés sur le terrain et au retour ils ont croisé leurs impressions.</p>
<p>Revenus d’Ikoma, un village à plus de 2000 mètres d’altitude au dessus de Bukavu, les paysans burundais n’en revenaient pas : « ces gens vont mourir, ils n’ont pas de petit bétail, pas d’engrais naturel, la terre est nue… » Et de suggérer, comme au Burundi, de s’employer au plus tôt à planter des arbres, pour effacer les séquelles de la guerre…</p>
<p>A Nyangezi par contre, c’est avec fierté que les paysans congolais ont atttiré leurs hôtes le long du marais de Kanyantende : durant sept ans, à cause de la guerre, la zone avait été désertée. Lorsque la sécurité fut rétablie après la réhabilitation du camp militaire, les villageois découvrirent que le marais était en friche. La terre cultivable se faisant rare dans la région, ils se cotisèrent à raison de 5 dollars par famille et décidèrent de drainer les bas fonds qui leur avaient été attribués par l’autorité coutumière. Les chefs de 13 localités furent impliqués dans l’opération et lors du lancement de l’opération,  les graines furent solennellement bénies. Aujourd’hui mis en culture par 2242 familles, le marais produit du sorgho, du maïs, du haricot,  une partie servant à l’alimentation familiale, l’autre étant vendue au marché. Un entrepôt de stockage des surplus a pu être construit au cœur de Nyangezi.</p>
<p>Cheminer le long d’un marais, observer de près un boisement,  regarder les traces de l’érosion,  écouter la femme qui porte un panier plus lourd qu’elle ou un garçon qui demande qu’on lui offre une machette neuve, analyser les résultats que donne l’association de diverses cultures, voilà un exercice pratique qui offre d’autres perspectives que discourir dans le salon d’un hôtel ! C’est pour cela que, rentrés du terrain, les participants se sont pliés de bonne grâce aux méthodes de travail qu’on leur proposait, se réunir en ateliers, mettre en commun les observations, les suggestions et les desiderata.</p>
<p>Il est apparu qu’en ces lendemains de guerre, au Burundi et au Sud Kivu, la base paysanne de la population était loin d’avoir jeté l’éponge, qu’elle demeurait mobilisée via de nombreuses associations, ne craignant pas d’interpeller l’autorité ou de lui faire des suggestions.</p>
<p>Lendemain d’élections controversées ou réel désir de se mettre à l’écoute de la base ? Toujours est il que le gouverneur du Sud Kivu, Marcellin Cishambo, ne manqua pas une seule des trois journées, suivant attentivement les travaux et plaidant, dès qu’il en avait l’occasion, pour le rétablissement de l’autorité de l’Etat, seul capable de garantir le développement de tous. Il plaida aussi pour la politique de grands travaux impulsée par Kinshasa, expliquant pourquoi il avait été obligé de faire abattre toutes les maisons obstruant illégalement la route menant à Uvira alors que les engins de chantier ont commencé à se positionner.</p>
<p>Dialogue entre les chercheurs et les paysans, entre la société civile et le pouvoir, volonté commune de défendre les ressources naturelles et un environnement menacé : cette conférence a démontré qu’au Burundi et au Sud Kivu de miques sont en train de s’ébaucher.</p>
<p>gouverneur du Sud Kivu, Marcellin Cishambo, ne manqua pas une seule des trois journées, suivant attentivement les travaux et plaidant, dès qu’il en avait l’occasion, pour le rétablissement de l’autorité de l’Etat, seul capable de garantir le développement de tous. Il plaida aussi pour la politique de grands travaux impulsée par Kinshasa, expliquant pourquoi il avait été obligé de faire abattre toutes les maisons obstruant illégalement la route menant à Uvira alors que les engins de chantier ont commencé à se positionner.</p>
<p>Dialogue entre les chercheurs et les paysans, entre la société civile et le pouvoir, volonté commune de défendre les ressources naturelles et un environnement menacé : une telle  conférence a démontré qu’au Burundi et au Sud Kivu de nouvelles dynamiques sont en train de s’ébaucher.</p>
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		<title>Le verdict des urnes ouvre l&#8217;&#8221;après post transition&#8221;</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Feb 2012 14:31:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>colette braeckman</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Si elle avait bâclé le travail, la commission nationale indépendante aurait, à juste titre, été critiquée. Soucieuse d’opérer les vérifications nécéssaires et d’examiner les votes dévolus à 18000 candidats, la Ceni a pris son temps, ce qui n’a pas, non plus, été au goût de tout le monde et la confusion qui a régné à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si elle avait bâclé le travail, la commission nationale indépendante aurait, à juste titre, été critiquée. Soucieuse d’opérer les vérifications nécéssaires et d’examiner les votes dévolus à 18000 candidats, la Ceni a pris son temps, ce qui n’a pas, non plus, été au goût de tout le monde et la confusion qui a régné à propos du verdict des législatives a fait écho à la violente contestation des résultats de l’électiuon présidentielle. Il ne fait aucun doute que les cafouillages (compréhensibles vu la difficulté de la tâche) les irrégularités voire les fraudes alimenteront les débats durant longtemps encore, sur le point de savoir si les dérapages constatés furent systématiques, tous orientés dans le même sens (ce qui ne semble pas être le cas) et si la violence ne se manifesta que d’un seul côté (là non plus il n’y a pas d’évidence…)<span id="more-1306"></span></p>
<p>Puisqu’il  n’y aura vraisemblablement ni recomptage des votes, ni réédition des opérations électorales, il faudra donc se contenter du verdict des urnes, hold up pour les uns, vérité et légitimation pour les autres.</p>
<p>Des résultats des législatives, finalement publiés, on peut tirer plusieurs constats. Le premier, c’est qu’avec 13O députés, le PPRD, proche de Kabila, demeure la première force politique du pays. Pour dominer l’assemblée, il devra cependant conclure des alliances, avec des formations indépendantes comme l’AFDC de Bahati Lukwebo qui compte 17 députés, comme l’ Arc de Kamitatu (16 élus) ou des formations qui faisaient déjà partie de la majorité présidentielle comme le parti lumumbiste unifié (Palu) qui est passé de 34 à 19 députés, sanction peut-être de sa gestion du pouvoir, ou du fait que le mythique Gizenga a passé la main.  Il est intéressant de constater que le MSR,Mouvement social pour le renouveau, de Pierre Lumbi, conseiller à la sécurité de Kabila, envoie 32 élus à l’assemblée et devient le troisième parti. Le MSR risque d’apparaître comme incontournable, alors qu’il se situe (pour autant que les mots aient un sens..) à la gauche du PPRD et qu’il recrute largement dans les rangs de la société civile.</p>
<p>Si la majorité veut pouvoir soutenir un gouvernement stable,  des alliances devront être conclues, des compromis devront être faits, avec des formations qui ont tiré leur succès de leur indépendance et l’exercice sera peut-être moins facile qu’on ne le croit.</p>
<p>Du côté de l’opposition, le vrai succès de l’UDPS  (qui passe premier parti de l’opposition avec 42 députés) devrait à la fois panser les plaies des partisans de Tshisekedi et leur déchirer le cœur : le parti en effet démontre son implantation nationale alors qu’il se présente pour la première fois,  et en même temps, ses élus devront faire le choix déchirant d’exercer ou non leur mandat dans une assemblée dont Tshisekedi ne reconnaît pas la légitimité.</p>
<p>Quant aux 18 députés engrangés par Vital Kamerhe, il ne s’agît ni d’un succès, ni d’une déroute honteuse, car cette formation se présentait pour la première fois elle aussi, elle manquait encore de moyens et ce parti jeune semble avpoir encore l’avenir devant lui….</p>
<p>Le parti de Jean-Pierre Bemba est, lui, passé de 66 à 22 élus, payant là ses dissentions internes et l’impossible succession d’un « chairman » toujours détenu à La Haye et qui croit toujours en ses chances de revenir  libre au Congo.</p>
<p>Par contre, le score du parti de Léon Kengo wa Dondo est cruel, il se résume à quatre députés tandis que celui du RCD Goma est pire encore : aucun élu n’a été envoyé à l’Assemblée. Les électeurs se sont montrés durs  à l’égard de ces partis, certes, mais plus encore à l’égard de ces Occidentaux qui, en 2006 jugeaient qu’Azarias Ruberwa (alors président du RCD Goma) était incontournable (ne prônait il pas une « bonne gouvernance » qui, dans l’Est, n’avait jamais été pratiquée par ses représentants et ne pensait on pas que lui seul pouvait « rassurer » Kigali ?). Quant à Kengo, s’il fut lâchement attaqué  et blessé à Paris, c’est parce que les agresseurs pensaient qu’il négociait secrètement avec Kabila, avec l’appui de certaines puissances  (la France sans doute…) qui estimaient que le camp présidentiel devait composer avec l’opposition, sans toutefois aller jusqu’à conseiller une ouverture vers l’intraitable Tshisekedi…</p>
<p>Cela étant, au-delà de la dureté des chiffres,  il apparaît que les électeurs ont voulu à la fois encourager le pouvoir à poursuivre la reconstruction du Congo, mais signifier aussi que deux époques se terminent : celle de la transition (le funeste « un plus quatre » un président quatre vice présidents, qui marqua la fin de la guerre, entre 2002 et 2006), celle de la post transition (2006-2011), cinq années dont les deux premières furent plombées par la rébellion de Laurent Nkunda qui mobilisa  tous les efforts militaires, occupa l’agenda politique et médiatique et ponctionna lourdement l’économie.</p>
<p>Le nouveau mandat qui s’ouvre est certes obscurci par la polémique électorale, par les défis lancés par Tshisekedi, mais les déchirements de 2011 pourraient guérir assez rapidement si un véritable changement s’amorçait, si les citoyens congolais bénéficiaient enfin des fruits d’une reconstruction mise au service des secteurs sociaux.</p>
<p>Même si elle a ses arrières assurés, la majorité présidentielle devra se recomposer et se solidifier, tandis que l’opposition, elle, sera confrontée à plusieurs défis : sortir du post mobutisme et des schémas des années 90 dans le cas de l’UDPS, sortir de la logique de l’après guerre dans le cas du MLC, abandonner le « caudillisme », le culte du chef, qui caractérise trop souvent la classe politique congolaise et empêcher la majorité de tomber dans le même travers.</p>
<p>Tous enfin devront rappeler à Joseph Kabila, qui totalisera quinze ans de pouvoir en 2017, que ce deuxième mandat électif doit être le dernier d’affilée et qu’au cours de la législature qui s’ouvre, des hommes neufs devront commencer à se préparer…</p>
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		<title>Congo Le feu de la contestation des législatives s&#8217;étend</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 17:05:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>colette braeckman</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Au départ, le feu était circonscrit à la violente contestation de l’élection présidentielle par les partisans d’Etienne Tshisekedi. Deux mois après le scrutin du 29 novembre, les résultats des élections législatives ressemblent à des flammèches qui embrasent tout le pays ! Contestée de tous côtés, la Commission électorale, dont certains membres seraient prêts à jeter le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Au départ, le feu était circonscrit à la violente contestation de l’élection présidentielle par les partisans d’Etienne Tshisekedi. Deux mois après le scrutin du 29 novembre, les résultats des élections législatives ressemblent à des flammèches qui embrasent tout le pays ! Contestée de tous côtés, la Commission électorale, dont certains membres seraient prêts à jeter le gant,  a annoncé un report « sine die » de la publication des résultats définitifs, afin, a déclaré son vice président Jacques N’Djoli, de « pouvoir gérer en toute impartialité les recours et réclamations ». Il a rappelé qu’à Kinshasa, où près de 5500 candidats se sont présentés pour 51 sièges, plus de 70% des votes avaient été compilés et qu’en province le travail était pratiquement  terminé. C’est précisément là que le bât blesse : au vu des résultats définitifs, les protestations fusent de toutes parts, y compris dans les rangs de la majorité. En effet, nombreux sont les candidats qui, au vu des procès verbaux affichés sur les bureaux de vote le soir même des élections et contresignés par tous les témoins, avaient crié victoire.<span id="more-1303"></span> Or, une fois passés par les centres de compilation, il apparaît souvent que les résultats définitifs ne correspondent pas aux premières indications. Et pour cause : les observateurs européens avaient déjà souligné qu’avant de publier les résultats finaux, les centres de compilation les soumettaient à Kinshasa.  Comme si un « deuxième tour dans l’ombre » avait bousculé les cartes ! Dix huit mille candidats s’étant présentés pour 500 sièges à pourvoir, les contestataires sont innombrables,  y compris au sein de la majorité présidentielle où sont dénoncées les pressions exercées sur la Ceni pour qu’elle bouscule les cartes.</p>
<p>Au sein de l’opposition, le malaise n’est pas moindre : alors que le parti de Tshisekedi compte plusieurs dizaines d’élus, très désireux de siéger à l’Assemblée, le « lider maximo » risque de torpiller leurs ambitions. Prenant la parole vendredi dernier  dans sa maison de Limete où il est toujours confiné, entouré de forces de police, Etienne Tshisekedi a considéré comme « nulles » les élections législatives et prévu un recensement général avant les élections régionales et locales. Comment les élus de l’opposition pourraient ils siéger dans une Assemblée récusée par leur chef ?</p>
<p>Pour endiguer la crise,  trois candidats battue à la présidentielle dont le président du Sénat Kengo wa Dondo, ont préconisé une table ronde au sujet de la validation ou non des législatives, d’un nouveau calendrier électoral et de la réorganisation de la Ceni.  Si officiellement, le pouvoir n’est pas chaud, demain peut-être c’est tout le pays qui brûlera, les flammes étant attisées par plus de 17.000 mécontents criant à la fraude pour la seule raison qu&#8217;ils n&#8217;ont pas été élus&#8230;..</p>
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		<title>Réponse à quelques &#8220;indignés&#8221; congolais</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 14:42:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>colette braeckman</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Quelques éléments de réponse à une poignée d&#8217;&#8221;indignés&#8221; congolais . &#8220;J’ai bien reçu votre lettre exprimant vos sentiments d’ « indignation » à la suite de mes articles et j’ai eu l’occasion de voir la large diffusion de votre prose sur Internet. Je salue aussi les diverses ONG et le sites qui relaient votre point de vue avec [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quelques éléments de réponse à une poignée d&#8217;&#8221;indignés&#8221; congolais .</p>
<p>&#8220;J’ai bien reçu votre lettre exprimant vos sentiments d’ « indignation » à la suite de mes articles et j’ai eu l’occasion de voir la large diffusion de votre prose sur Internet. Je salue aussi les diverses ONG et le sites qui relaient votre point de vue avec obligeance.</p>
<p>Quelques points ont retenu mon attention et je me permets de vous les communiquer.</p>
<p>1.Ayant suivi les derniers jours de la campagne électorale et le déroulement des élections à Kinshasa, j’ai pu constater, de visu, le climat de violence et de méfiance qui a marqué le dernier jour de cette campagne et le déroulement du scrutin. J’ai constaté le déployement des forces de sécurité, les provocations auxquelles elles ont été confrontées et les réponses, parfois violentes, qu’elles ont apporté. J’ai relevé aussi la dignité et le sérieux de la plupart des électeurs, la vigilance des observateurs, la bonne volonté de la plupart des responsables des bureaux de vote qui ont tenté de trouver des solutions aux nombreux problèmes qui se posaient. J’ai observé  la réalité d’un « vote sanction », le désir de voir les conditions sociales s’améliorer au plus tôt et la critique généralisée d’une certaine corruption du système. Partout ces aspirations ont été exprimées de vive voix et elles se sont traduites dans les votes enregistrés dans la capitale.</p>
<p>2. N’ayant pas suivi les élections à l’intérieur du pays, je n’ai pu, pour me faire une idée d’ensemble, que m’en remettre aux conclusions des principales missions d’observation : les Africains, les Européens, la Commission Carter.  Si les observateurs africains n’ont pas critiqué le déroulement du scrutin, en revanche les missions « occidentales » ont relevé des cas de fraude, d’irrégularités.  En outre, de nombreux témoignages, confirmant des scènes que j’avais pu observer moi-même dans la capitale, ont fait état d’actes de violence et d’intimidation commis par les partisans de M. Tshisekedi durant les opérations de vote. Cela aussi fait partie des « irrégularités » et certains résultats enregistrés dans le Kasaï sont au moins aussi surprenants que des scores obtenus dans le Katanga.</p>
<p>Cependant, aucune de ces missions d’observation n’a remis en cause « l’ordre d’arrivée des candidats », ce qui signifie que  M. Kabila aurait obtenu davantage de votes que son challenger immédiat M. Tshisekedi. Cela fait de lui, arithmétiquement, le vainqueur des élections présidentielles. Seul Mgr Monsengwo a remis ce fait en cause, mais les chiffres qu’il avançait ont par la suite été démentis. Dans d’autres pays, le vaincu félicite le vainqueur et se prépare pour l’échéance suivante. Tel n’est pas le cas au Congo…</p>
<p>3. Au vu des résultats  obtenus par tous les candidats de l’opposition, je persiste à penser que si trois d’entre eux avaient réussi à s’entendre et à présenter un front uni, un programme commun et une répartition équilibrée des postes, ils auraient eu une chance de l’emporter. Comme  ce ne fut pas le cas, à qui faut-il imputer les conséquences de ce manque d’unité ? Malgré le coup de force qu’a représenté le changement de la Constitution, où le scrutin à deux tours a été représenté par un vote à un tour, l’opposition gardait une chance de modifier la donne, à condition de le vouloir vraiment et de mettre en place une stratégie adéquate.</p>
<p>4. Relatant la conférence de presse de M. Felix Tshisekedi (où les journalistes professionnels étaient en nette minorité par rapport aux militants et où la prise de parole commença avec un retard de 45 minutes) j’ai jugé utile de rappeler, outre l’essentiel de ses propos,  qu’il était le fils de son père. Reprenant une pratique éprouvée en la matière, aurais je du mettre ce fait en doute ? Comment imaginer que cet élément d’information  rappelé aux lecteurs pouvait être considéré comme une critique ?</p>
<p>5. En ce qui concerne la situation dramatique de l’Est du Congo, j’en ai déjà parlé souvent, dans des reportages, des articles, des livres et je le ferai encore. Je vous invite vivement à vous y rendre à votre tour  pour marquer sur le terrain votre solidarité avec ces populations qui souffrent.</p>
<p>6. Je vous remercie pour l’attention avec laquelle vous lisez mes articles, pour le ton correct de votre mise au point, dont pour une fois les injures sont absentes, et je vous assure de tout l’intérêt que je porte au débat démocratique au Congo et plus largement, au développement de ce pays qui m’est cher, à moi aussi.</p>
<p>Je vous confirme aussi mon intention de continuer à écrire librement sur des sujets d’actualité congolaise en dépit des menaces éventuelles, des intimidations et des procès d’intention, qu’elle qu’en soit la provenance.</p>
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	</item>
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		<title>Mugesera devra répondre des paroles qui tuent</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/colette-braeckman/2012/01/24/mugesera-devra-repondre-des-paroles-qui-tuent/</link>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 14:21:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>colette braeckman</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Après deux décennies de péripéties politico- judiciaires au Canada, le Rwandais Léon Mugesera, 59 ans,  va être confronté aux conséquences des paroles prononcées en novembre 1992 à Kabaya, près de Gisenyi. Alors qu’il était conseiller politique du parti du président Habyarimana et considéré comme l’idéologue du « Hutu power », regroupant les extrémistes hutus, ce professeur d’université [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après deux décennies de péripéties politico- judiciaires au Canada, le Rwandais Léon Mugesera, 59 ans,  va être confronté aux conséquences des paroles prononcées en novembre 1992 à Kabaya, près de Gisenyi. Alors qu’il était conseiller politique du parti du président Habyarimana et considéré comme l’idéologue du « Hutu power », regroupant les extrémistes hutus, ce professeur d’université avait déclaré au sujet des Tutsis «qu’ils allaient être renvoyés chez eux, en Ethiopie » et que, « par la rivière Nyabarongo, ce sera par voie express ». (Cette rivière alimente  le lac Victoria, où le Nil prend sa source et le « récit colonial » a souvent décrit les Tutsis  comme des peuples migrants, descendus des haut plateaux d’Ethiopie pour s’installer dans l’Afrique des Grands Lacs en dominant les Hutus.) Dans sa haine des Tutsis, Mugesera était allé plus loin encore, décrivant ces derniers comme des « cancrelats », dont il fallait couper le cou…Deux ans après ces paroles, le génocide faisait entre 800.000 et un million de morts et, comme si le discours de Mugesera avait été pris au pied de la lettre, des cadavres, par milliers, dérivaient sur les eaux de la Nyabarongo jusqu’en Ouganda…A cette époque, Léon Mugesera se trouvait déjà au Québec, réfugié politique puis enseignant à l’Université Laval.</p>
<p>Depuis 1994, son sort fait l’objet d’une âpre bataille juridique : les autorités de Kigali le considèrent comme un criminel de guerre de la « première catégorie », celle des idéologues et des concepteurs du génocide tandis que ses avocats invoquent les actes criminels commis par le FPR et assurent que le prévenu risque d’être torturé et n’aura pas droit à un procès équitable.</p>
<p>Les autorités canadiennes ont finalement mis un terme aux batailles de procédure et, selon la porte parole du Ministre de la Sécurité publique,  « le Canada est déterminé à voir Léon Mugesera faire face à la justice en lien avec les allégations d’avoir fait la promotion du génocide ».</p>
<p>Cette décision a été accueillie avec satisfaction à Kigali, non seulement parce que Léon Mugesera était réclamé depuis longtemps mais aussi parce que la décision canadienne reconnaît implicitement que le système judiciaire rwandais accorde désormais des garanties d’équité suffisantes et pourrait donc prendre la relève du Tribunal pénal international d’Arusha, qui doit bientôt fermer ses portes.</p>
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		<title>Rwanda: purge pour cause de corruption, entre autres&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Jan 2012 16:22:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>colette braeckman</dc:creator>
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		<description><![CDATA[e président Kagame ne craint pas de faire tomber le couperet au sommet de la pyramide du régime :  quatre officiers supérieurs ont été placés en résidence surveillée, accusés d’être mêlés à des trafics de minerais au Congo, avec la complicité de civils congolais.  Les incriminés ne sont pas n’importe qui : le général Fred Ibingira  était [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>e président Kagame ne craint pas de faire tomber le couperet au sommet de la pyramide du régime :  quatre officiers supérieurs ont été placés en résidence surveillée, accusés d’être mêlés à des trafics de minerais au Congo, avec la complicité de civils congolais.  Les incriminés ne sont pas n’importe qui : le général Fred Ibingira  était en charge des réservistes, le Brigadier général Rutatira était conseiller en matière de sécurité,  le général Wilson Gumisiliza était responsable de la région Ouest tandis que le colonel Dan Munyuza avait été le responsable du « Bureau Congo »  en charge des affaires congolaises (politiques, militaires mais  surtout économiques) lorsque le Rwanda occupant une large partie du Congo entre 1998 et 2002 s’était livré au pillage systématique des ressources de son voisin pour financer ses opérations militaires. Depuis lors, malgré les dénégations de Kigali, le trafic transfrontalier, de coltan et de cassitérite entre autres, s’était poursuivi, avec la complicité d’hommes d’affaires congolais. L’un des plus luxueux quartiers de la capitale rwandaise s’appelle d’ailleurs, par dérision « coltan city » ou « merci Congo »…<span id="more-1297"></span></p>
<p>Cependant, au fil des années la situation a évolué: depuis les accords entre Kigali et Kinshasa, en 2009, le normalisation des relations politiques passe par un meilleur contrôles des flux de matières premières en provenance du Congo. S’y ajoutent les pressions internationales et la loi américaine, dite Dodd Frank, qui somme toutes les sociétés américaines important des minerais d’Afrique centrale de pouvoir démontrer l’origine « propre » de ces produits. Dans le doute, craignant des poursuites, nombre de compagnies ont préféré mettre fin à leurs achats et les conséquences de cet embargo de fait ont été ressenties dans l’est du Congo mais aussi au Rwanda.</p>
<p>Plaçant en priorité la lutte contre la corruption et les bonnes relations avec son voisin congolais, Kigali, par deux fois, a déjà restitué des stocks de minerai  entrés en fraude sur son territoire, au cours d’opérations très médiatisées.</p>
<p>Dans le cas présent, les officiers précités ont officiellement été sanctionnés pour leurs relations délictueuses avec des civils congolais. Mais il est possible que des considérations politiques aient joué également : d’aucuns considèrent les quatre  officiers sanctionnés comme appartenant à la frange « dure » du Front patriotique rwandais, d’autres les soupçonnent d’entretenir des liens avec l’ancien chef d’état major le général Kayumba Nyamwasa, exilé en Afrique du Sud. Ce dernier, qui a déjà échappé à plusieurs tentatives d’assassinat (dont l’une aurait été menée par Dan Munyoza) garde des contacts au sein de l’armée et Kigali redoute qu’il recrute des troupes dans l’Est du Congo…</p>
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		<title>Minerais de sang, sur la piste de l&#8217;étain</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Jan 2012 21:56:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>colette braeckman</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Grand reporter au Nouvel Observateur, Christophe Boltanski s’est transformé en détective. Avec l’obstination d’un chien pisteur c’est à la trace qu’il suit non pas des escrocs de haut vol, mais des cailloux gris et noirs, ces blocs d’où est extraite la cassitérite, d’où sort finalement l’étain, indispensable à la vie moderne. Cette matière magique, fascinante, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Grand reporter au Nouvel Observateur, Christophe Boltanski s’est transformé en détective. Avec l’obstination d’un chien pisteur c’est à la trace qu’il suit non pas des escrocs de haut vol, mais des cailloux gris et noirs, ces blocs d’où est extraite la cassitérite, d’où sort finalement l’étain, indispensable à la vie moderne.</p>
<p>Cette matière magique, fascinante, il l’a traquée partout : en Malaisie où elle aboutit pour être transformée, à Londres, Paris, Bruxelles, dans les bureaux cossus où la poussière grise se transforme en statistique, se coule dans des rapports, se transforme en marge bénéficiaire, en chiffre d’affaires.</p>
<p>Mais surtout, loin des données abstraites, l’enquêteur s’est rendu sur le terrain. Ignorant les mises en garde, accompagné seulement du photographe Patrick Robert, Boltanski a débarqué au Kivu, pris la direction de Walikale et de là, il a marché jusque Bisié.<span id="more-1294"></span><!--more--><!--more--></p>
<p>A Bisié, au cœur de la forêt, dans cette mine vers où convergent des militaires, des rebelles, des creuseurs qui se relaient jour et nuit dans le ventre de la terre, qui risquent leur vie pour quatre ou cinq dollars par jour, il a rencontré tout le monde. Portraits de famille sur fond de sueur et de poussière, danse macabre au bord d’une mine où la mort rode, où les fusils commandent, où chacun réclame son dû et vit au jour le jour. De là, patiemment, l’enquêteur est remonté, vers Goma et ses comptoirs qui préfinancent les négociants, vers des hommes d’affaires et des pilotes qui organisent le transport vers le Rwanda, vers le sociétés qui exportent, vendent et assurent, étiquettes à l’appui, que tout est correct, que les taxes ont été payées, et que l’identité des creuseurs, leurs conditions de travail et l’état de leurs liberté et de leurs poumons, ce n’est pas leur affaire. Ce livre là, écrit dans un style superbe, où on s’attendrait à voir débarquer John Le Carré, décrit les coulisses, les soutes du grand marché planétaire. Plus on s’écarte de Bisié, plus les prix montent, à mesure que se perdent les traces des lourds sacs de jute dans lesquels ont été jetés les « minerais de sang ».</p>
<p>Et plus on se rapproche de Bisié, plus on comprend pourquoi la guerre est inévitable, pourquoi le chaos congolais met tant de temps à reculer, car c’est dans le désordre que se réalisent les plus gros bénéfices, que chacun peut tenter sa chance…Un livre à lire absolument pour comprendre d’où courent les matières premières, pourquoi le Rwanda réussit et pourquoi le Kivu patine, pourquoi l’ONU échoue et qui, en définitive,  paie le prix réel de la mondialisation…</p>
<p>Christophe Boltanski, Minerais de sang, les esclaves du monde moderne, Grasset</p>
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		<title>Congo. Nouveau report des résultats des législatives</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Jan 2012 20:32:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>colette braeckman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[  Au risque de prolonger la crise politique, la Commission nationale électorale indépendante (Ceni) a reporté au 26 janvier la proclamation des résultats définitifs des élections législatives du 28 novembre dernier. Les résultats provisoires des élections législatives dans les 10 provinces auraient du être connus dès  cette semaine. Ce report intervient alors que la Ceni [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Au risque de prolonger la crise politique, la Commission nationale électorale indépendante (Ceni) a reporté au 26 janvier la proclamation des résultats définitifs des élections législatives du 28 novembre dernier. Les résultats provisoires des élections législatives dans les 10 provinces auraient du être connus dès  cette semaine. Ce report intervient alors que la Ceni est, de plus en plus, confrontée à un problème de crédibilité. Très vivement critiquée pour le décompte des élections présidentielles, où non seulement les partis d’opposition mais aussi les évèques catholiques et de nombreuses missions d’observation avaient dénoncé de « graves irrégularités », la Ceni, pour sauver la mise, avait  invité des experts indépendants à la rejoindre.<span id="more-1291"></span> Deux associations américaines, EFES et NDI (National democratic institute), déjà partenaires du processus d’évaluation de la Ceni avaient été sollicitées.  Mais sans attendre les experts, la Ceni poursuivit seule ses tâches de compilation et, arrivés sur les lieux, les spécialistes,  ne trouvant guère de terrain d’entente avec les Congolais, décidèrent de repartir.</p>
<p>Les premiers résultats officieux suscitent déjà un tollé : 40 députés du Parlement sortant ont déjà demandé l’annulation du scrutin ! C’est que la tactique mise en place par la majorité présidentielle s’est avérée payante : tenant compte des particularités du vote à la proportionnelle et du très grand nombre de candidats (18000 pour 500 sièges…) des petites listes ont été créées, au bénéfice de leur seul chef de file. Ces élus sur des listes alliées du PPRD (la formation qui soutient le président Kabila) seront amenés à rejoindre, le moment venu, une très large majorité soutenant le chef de l’Etat.</p>
<p>Plusieurs personnalités proches de ce dernier ont déjà été élues haut la main, sa sœur Jaynet et son frère Zoe, qui avaient mené campagne dans le fief katangais, le député Augustin Katumba Mwanke, le président de l’Assemblée Evariste Boshab. Cependant, plusieurs ténors se sont retrouvés sur le carreau, des « ex-mobutistes » comme le ministre du Tourisme José Endundo ou le ministre des affaires étrangères Tambwe Mwamba, recalé au Maniéma malgré le soutien de la mère du président, tandis que le gouverneur du Sud Kivu, Marcellin Cishambo, ancien conseiller du président, a échoué devant l’animateur de radio Maendeleo, une radio communautaire ! Au Kasaï oriental, fief de Tshisekedi, on relève également des anomalies ou des surprises : le très actif François Mwamba, lieutenant de Jean-Pierre Bemba, a obtenu moins de 2500 voix tandis que la sœur de Tshisekedi a fait plus de 40.000 voix.</p>
<p>Face à la contestation croissante, trois candidats malheureux à l’élection présidentielle (Kengo wa Dondo, Mbusa Nyamwisi et Adam Bombole) ont proposé que l’on en revienne à la formule classique de la politique congolaise : une « table ronde », un « dialogue » entre les parties. Bref, un « partage du gâteau » à l’amiable, au lieu de la domination spectaculaire de la majorité présidentielle…Autrement dit, retour à la case départ: avant les élections déjà, tous ceux qui pensaient que le Congo ne serait jamais prêt à la date prévue pour les élections préconisaient, avec plus ou moins d&#8217;énergie, une &#8220;table ronde&#8221;, une &#8220;négociation entre le pouvoir et l&#8217;opposition&#8221;, bref un remake de la tristement célèbre formule du &#8220;un plus quatre&#8221;,  qui fut utilisée durant la transition&#8230;</p>
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		<title>Rwanda:une vaste opération d&#8217;enfumage</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Jan 2012 17:32:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>colette braeckman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[ En  désignant l’enceinte du camp de la garde présidentielle, bastion du pouvoir hutu, comme le lieu d’où ont été tirés les deux missiles qui ont abattu l’avion du président Habyarimana le 6 avril 1994, les experts convoqués par le juge d’instruction Marc Trevidic ont secoué l’opinion française. Depuis une quinzaine d’années en effet, les ordonnances du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> En  désignant l’enceinte du camp de la garde présidentielle, bastion du pouvoir hutu, comme le lieu d’où ont été tirés les deux missiles qui ont abattu l’avion du président Habyarimana le 6 avril 1994, les experts convoqués par le juge d’instruction Marc Trevidic ont secoué l’opinion française.<span id="more-1288"></span> Depuis une quinzaine d’années en effet, les ordonnances du juge Bruguière, largement relayées par des livres et des articles, avaient accrédité l’idée d’un attentat commis par le Front patriotique rwandais, qui auraient ainsi déclenché le dernier génocide du siècle dernier.</p>
<p>Au lendemain de la communication du rapport d’expertise, qui exonère le FPR de cette accusation, les avocats des neuf personnalités rwandaises incriminées par le juge anti terroriste, Mes Lev Forster et Bernard Maingain ont tiré les premières conclusions de ce revirement de l’enquête. La première, c’est qu’ils espèrent que leurs clients, de hautes personnalités du régime de Kigali, dont James Kabarebe l’actuel ministre de la Défense, bénéficieront d’un non lieu lorsque,   après trois mois environ, toutes les conclusions du rapport d’expertise auront été tirées.</p>
<p>La seconde constatation, c’est que l’enquête sur le terrain a été minutieuse et complète : six lieux de tirs possibles ont été visités, 56 missiles ont été examinés avant que le SA16 d’origine russe soit désigné comme l’arme du crime. Une arme sophistiquée, dont la manipulation exige plus d’une centaine d’heures de pratique. Ce constat rejoint déjà la remarque de l’un des avocats de la famille Habyarimana, qui a rappelé que les Forces armées rwandaises n’avaient pas été formées au maniement de ces engins sophistiqués…</p>
<p>Le troisième point qui a frappé les avocats, c’est que la déconstruction de l’enquête du juge Bruguière est désormais entamée. Rappelons que le célèbre magistrat avait instruit uniquement à charge et refusé de se rendre sur le terrain, au contraire de Marc Trevidic qui fut longtemps son disciple. Cette déconstruction passe par la remise en cause des témoins (dont la plupart, comme Abdul Ruzibiza ou Emmanuel Ruzindana) se sont rétractés,  mais aussi par le dévoilement des véritables réseaux de désinformation ayant opéré en marge de l’ « enquête » : des universitaires comme André Guichaoua ou Claudine Vidal ont apporté leur caution scientifique,  des journalistes comme Pierre Péan ont vulgarisé  la version, tandis que de nombreuses pièces du dossier démontrent une totale proximité entre enquêteurs, témoins, traducteur et magistrat. C’est ainsi que Pierre Payebien, l’enquêteur principal de Bruguière, a utilisé comme traducteur Fabien Singaye, un ami de Jean Luc Habyarimana, et beau fils de Félicien Kabuga, le financier du génocide. Singaye avait été présenté à Payebien par l’ancien gendarme de l’Elysée, le capitaine Paul Barril, omniprésent dans les opérations de diversion. Ce réseau de connivences, cet « enfumage » du dossier, suivant les termes de Me Maingain a d’ailleurs incité  les avocats à déposer plainte pour « tentative d’escroquerie à jugement » et subornation de témoins.</p>
<p>Le rideau de fumée s’est étendu à la Belgique et Me Maingain a rappelé le rôle joué par le professeur anversois Filip Reyntjens qui aurait entre autres conseillé l’enquêteur Payebien et eu des contacts avec le colonel Bagosora à propos des missiles. Les manœuvres ne sont sans doute pas terminées :on peut s’attendre à de prochaines « révélations » sur  de possibles infiltrations de combattants du FPR à l’intérieur même du camp Kanombe, ce bastion hutu et Théogène Rudasingwa, ancien secrétaire général du FPR, en rupture avec Kagame ainsi que d’autres ex rebelles accusés de corruption retrouvent soudain la mémoire et revendiquent l’attentat.</p>
<p>Les avocats ont aussi tenu à rappeler que les dix Casques bleus belges, massacrés au camp Kigali, ont été parmi les premières victimes de la désinformation : c’est une source française qui  avait désigné  les Belges comme les auteurs de l’attentat…</p>
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		<title>Le mystère du super gendarme</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Jan 2012 17:29:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>colette braeckman</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ancien gendarme de l’Elysée, le capitaine de gendarmerie Paul Barril n’a jamais été auditionné dans le dossier rwandais où il fut cependant omniprésent. A la veille du 6 avril 1994, il est vu à Kigali, puis  au Burundi ; durant le génocide il se rend en mission dans les zones contrôlées par les forces gouvernementales et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ancien gendarme de l’Elysée, le capitaine de gendarmerie Paul Barril n’a jamais été auditionné dans le dossier rwandais où il fut cependant omniprésent. A la veille du 6 avril 1994, il est vu à Kigali, puis  au Burundi ; durant le génocide il se rend en mission dans les zones contrôlées par les forces gouvernementales et en juin, au lendemain de la publication d’un article dans « le Soir » évoquant la responsabilité de ressortissants français dans l’attentat, il apparaît sur France 2. Il  brandit  alors la boîte noire du Falcon présidentiel, que la société Dassault reconnaîtra comme un  simple « coupleur d’antennes » mais cette manœuvre permet au capitaine Barril d’assurer que l’armée rwandaise dispose de preuves établissant la responsabilité du FPR dans l’attentat. Les opérations de diversion  ont commencé. Par la suite Barril assurera avoir retrouvé  les missiles, dans le cadre d’une mission dont l’avait chargé Mme Habyarimana, plus tard il fournira traducteur et témoins au juge Bruguière.</p>
<p>Paul Barril avait aussi travaillé pour François de Grossouvre, le conseiller de François Mitterrand pour l’Afrique, retrouvé « suicidé » dans son bureau de l’Elysée le 7 avril 1994.</p>
<p>L’ex gendarme, qui connaissait très bien Hubert Vedrine, le secrétaire général de l’Elysée à l’époque, sait probablement beaucoup de choses à propos du Rwanda, mais on ne lui a jamais demandé de s’exprimer sous serment sur ce sujet. C.B.</p>
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