Plus que jamais, c’est le temps des grandes manœuvres dans le football belge. Et des polémiques.
Des grandes manœuvres ? On pense évidemment à la réforme de la réforme du championnat qui pourrait, on le disait en semaine, être… réformée. En tout cas, le camp des « petits » est bien moins uni que le vote à la Ligue professionnelle le laissait penser puisqu’au lendemain de ce vote, Herman Wijnants, le manager de Westerlo, proposait aux « grands » de se remettre autour de la table pour trouver une solution.
De même que la direction de Zulte-Waregem. « Si on devait revoter aujourd’hui, on aurait dix voix », explique un dirigeant d’Anderlecht. Bluff, poker menteur, vœu pieux ? On n’en sait rien, en fait, puisqu’il y a peu de gens, dans le football belge, qui font ce qu’ils disent et qui disent ce qu’ils font. Une chose est sûre : on n’a pas fini d’en parler et personne, aujourd’hui, ne peut prévoir la fin de ce mauvais feuilleton. Avec un Yvan De Witte affaibli et un Herman Wijnants au rôle plus central que jamais. Et oui, une bonne partie de l’avenir immédiat de la D1 dépend d’un vendeur de fromages de Westerlo. C’est la réalité.
Quand on évoque les grandes manœuvres, on pense aussi au mercato d’hiver, qui sera sans doute déterminant cette saison. Avec déjà deux affaires intéressantes : les retours de Van Damme et de Maric (mais qu’est-il allé faire au Lierse ?) qui ne tireront pas le championnat vers le bas. On est plus sceptique sur le cas Veselinovic, dont Anderlecht espère faire un nouveau Koller, un nouveau Frutos ou un nouveau Krncevic, mais dont la principale qualité est « de ne pas être cher », selon l’aveu des dirigeants mauves. C’est curieux comme qualité, non ?
Après les manœuvres, les polémiques. Avec l’arbitrage, critiqué semaine après semaine. On peut en effet reprocher beaucoup de choses aux arbitres belges, à commencer par un manque élémentaire de psychologie ou, pire, de « sens du jeu ». Mais comment ose-t-on, chaque week-end, demander aux arbitres d’être parfaits alors que personne ne l’est dans le milieu du football ! A commencer par l’Union belge et la Ligue pro, incapables d’avoir une ligne claire en matière de remise. Et on se retrouve donc avant Noël avec une équipe (Malines) qui compte déjà trois matchs de moins que certains concurrents pour les Playoffs A ! Mais le pire de tout, actuellement, c’est que plus personne, ou presque, dans le football belge, ne parle… de football. On parle de fric, de transfert (donc de fric), de télé (donc de fric), on critique les adversaires et les arbitres, mais on ne parle plus de football.
Petite question faussement naïve : combien de bons matchs a-t-on vu depuis le début de saison ? Quatre, cinq ? Grand maximum. Le Standard, malgré des investissements énormes, a pris plus que… quarante points (bien 40) de retard – en une saison et demie – sur un Anderlecht très moyen. On ne parle même plus de Bruges qui a peut-être le meilleur noyau du Royaume mais qui n’a pas d’équipe. Et on ne parle pas des « petits » qui proposent, le plus souvent, un spectacle indigne du prix des places de la D1, sauf peut-être Malines, le Cercle et, dans sa catégorie, Eupen.
Donc, il serait grand temps – s’il n’est pas trop tard – de se concentrer plus sur ce qui se passe sur le terrain que dans les coulisses. Et de penser un peu moins à soi et un peu plus au public.
Christophe Berti
Bonjour,
Cet édito était plus que bien. Il date un peu et j’espère que vous réitérerez l’exercice à l’avenir. Je vous invite à lire mon blog qui se focalise sur l’analyse d’événements liés directement ou indirectement au football belge : http://brusselsproutsfc.wordpress.com
Bien à vous,
BSFC