Seconde IVG que nous avons pu filmer, ce lundi. Une ado de 16 ans accompagnée de sa mère et de son copain, qui a accepté très facilement notre présence dans le cabinet médical. On prévoyait un tournage “facile”, donc. Sauf que la jeune fille a eu un mal de gueux, qu’elle a pleuré, et qu’elle a pas mal saigné. Et que deux médecins ont dû se relayer pour parvenir à aspirer la grossesse dont elle ne voulait pas. Gros moment de malaise pour nous, Joan derrière la caméra, et moi à la perche. Que faire? Partir? Rester? Notre immersion dans cet acte médical est-elle irrespectueuse? Nous sommes finalement restés, sans faire de bruit, histoire que la patiente nous oublie et ne rajoute pas à sa douleur l’angoisse de se rappeler qu’elle est filmée.

Enfin, “filmée”… Juste ses pieds (et la jolie charlotte en plastique dans laquelle ils sont emballés) et ses mains.

Maintenant, il faudra voir ce que fera avec cette matière (et non ces matièreS, comme l’indiquait Joan sur Twitter récemment)… Parce que si nous nous sommes sentis mal face à cette situation, il y a de grande chance que le spectateur de notre documentaire ait la nausée -et ce n’est évidemment pas l’objectif. On décidera du sort de ces images au moment du montage.

Un moment qui ne devrait pas tarder à pointer le bout de son nez. Nous prévoyons encore deux jours de tournage, ce mercredi et lundi prochain. Demain, nous irons notamment rencontrer Fanny Germeau, l’une des fondatrices du centre de planning familial Louise Michel, qui a… 100 ans. Eh ouais. Son histoire promet d’être passionnante. Emprisonnée lors de la Seconde guerre mondiale pour avoir caché des résistants, elle a rencontré une détenue qui s’était faite avorter elle-même… et qui lui a donné la conviction qu’il fallait militer pour le droit des femmes à disposer de leur corps.

To be continued…

Myriam