La Belgique, championne de la taxation sur le travail

Dans l’Union Européenne, c’est le citoyen belge qui travaille le plus pour couvrir les dépenses de l’Etat. C’est « Ernst & Young », un des principaux cabinets d’audit financier mondial, l’un des « Big Four » qui nous l’apprend : en moyenne, en 2013, un travailleur belge n’est libéré fiscalement et socialement qu’à partir du 8 août. Ce chiffre nous place au rang de « champion de la fiscalisation » européen, poste que nous occupons cette année avec la France suivie par l’Autriche.
En 2011 et 2012, le même « think tank » avait conclu que la « libération » se produisait respectivement le 4 et 5 août. En d’autres mots, la date ne fait que reculer, et cela de manière de plus en plus significativement. Les taux de prélèvements obligatoires ont également augmentés : d’abord 58,83%, 59,2% puis 60,25% en 2013.
Notre pays subit la crise mais n’est pas à plaindre au regard de la gestion publique déséquilibrée de son voisin français. L’étude constate que le salarié français est en théorie «un des mieux payés», mais c’est aussi celui dont le niveau de vie est le plus pénalisé par la fiscalité. La France est le seul pays en Europe où les charges sociales sont plus élevées que le pouvoir d’achat et cela seulement depuis 2012.
La Belgique reste stable dans son augmentation de la fiscalité, à l’image de beaucoup de ses voisins européens. Par exemple, le salaire complet permettant de disposer de 100€ de pouvoir d’achat réel du belge était de 245 en 2012 et 252 cette année. Ce qui dénote l’augmentation fiscale belge citée ci-dessus (de 59,2% vers 60,25%) par contre au niveau des salaires, selon l’étude, elle ne s’est traduite que par une augmentation des charges patronales.
L’étude déclare que tous les pays ayant une fiscalité proche de la France (La Belgique, l’Autriche, l’Italie, la Hongrie ou l’Allemagne) ont constaté des dérapages moindres l’an passé. «il est à craindre que l’édition 2014 du classement soit encore plus austère pour le salarié français», conclut l’étude.
Les conclusions de l’étude de l’institut Molinari recoupent partiellement celles livrées en juin dernier par PwC à l’occasion pour le Tax Freedom Day, fixé pour la Belgique au 14 juin. Le Tax Freedom Day symbolise le jour auquel le contribuable belge cesse de payer des impôts et travaille pour son propre compte. Si le jour de “libération” diffère pour les deux études en raison d’une différence de calcul, les chiffres concordent à faire de la Belgique un des pays où la taxation sur le travail est la plus élevée dans le monde.
Si la méthodologie de l’étude PwC était fortement discutée, ses conclusions sont aussi remises en cause. Selon Eric Goema, coordinateur du Financieel Actie Netwerk (FAN), les deux sont fausses: “parce qu’[elles] brisent le lien entre les impôts et ce que l’état finance avec les revenus générés par les impôts. Personne ne travaille d’abord six mois pour l’état et puis pour lui-même. La majorité des employés travaillent du 2 janvier au 31 décembre autant pour s’acheter des biens de consommation que pour profiter des acquis fournis par les services publics“. (à lire sur levif.be)

Notre carte interactive basée sur les chiffres d’Ernst & Young permet de visualiser dans quel pays l’écart entre le salaire net et le salaire brut est le plus élevé.

A lire : l’article du Figaro : Les salariés français travaillent jusqu’au 26 juillet pour financer les dépenses publiques

Cette entrée a été publiée dans Non classé, avec comme mot(s)-clef(s) , , , , , , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.