«Noir Jaune Blues»: les chiffres qui démontrent l’inquiétude des Belges (infographies)

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Pour aller à la rencontre des citoyens, les journalistes du Soir avaient un drapeau belge sous le bras. Toutes les personnes interrogées ont reçu la même consigne : « Prenez-le et faites ce que vous en voulez pendant qu’on vous photographie. » Certains l’ont brandi ou s’en sont servi comme écharpe, d’autres l’ont jeté ou abandonné. Chacun son histoire.

Vingt ans après, Le Soir a remis au goût du jour son enquête « Noir, Jaune, Blues », en collaboration avec la RTBF. Une réalité domine : le Belge moyen s’est trouvé une victime, l’étranger.

Prenez un échantillon de 100 Belges représentatifs de la population… belge (sans les étrangers donc, et sans nos compatriotes issus de l’immigration non européenne), et testez l’affirmation suivante : « En tout cas, aujourd’hui, on ne se sent plus chez soi comme avant ». Sur 100, plus des trois-quarts (77 exactement) assurent sans détours que « oui, ils ne sentent plus chez eux comme avant ».

Noir Jaune Blues: notre dossier complet

La xénophobie ambiante, décomplexée, est l’un des principaux enseignements de l’enquête « Noir, Jaune, Blues 2017 » menée par Le Soir et la RTBF avec l’institut Survey&Action et la fondation Ceci n’est pas une crise.

Plus inquiétant, plus d’un citoyen sur deux estime que « même après plusieurs générations, les descendants d’un immigré ne seront jamais vraiment belges ». « Ceci traduit clairement une confusion entre origine et nationalité, décode Benoît Scheuer (sociologue et auteur de l’enquête). Pourtant, de génération en génération, trois Belges sur dix assurent qu’un de ses parents ou grands-parents avait une nationalité autre que belge. En fait, nous sommes tous des Belges de papier. Cela reste inquiétant car l’idée de pureté est un fantasme sur lequel les populistes identitaires développent leurs stratégies ».

► «Je suis devenu raciste»: Face aux affirmations du sondage « Noir Jaune Blues », certaines personnes n’hésitent pas à assumer leur intolérance. Reportage.

Dans le même temps, la grande enquête « Noir, Jaune, Blues 2017 » a posé quelques questions uniquement aux musulmans qui vivent en Belgique afin de les sonder sur leur vécu dans cette société. Quatre cents personnes ont été interrogées. Si 82 % des musulmans de Belgique estiment qu’au quotidien, ils adoptent un mode de vie semblable à celui de leurs voisins non musulmans, ils sont également une très grande majorité à se sentir stigmatisés. Sur ce point, la comparaison entre le sondage effectué avant les attentats de Paris, de Bruxelles et de Nice – entre autres – (entre le 15/09 et le 30/10 2015) et la seconde vague (entre le 20/08 et le 20/09 2016) est significative. Ainsi, les musulmans de Belgique, ont de plus en plus peur de la haine qui se développe à leur égard (65 % contre 53 % avant les attentats). Ils ont l’impression qu’on les prend tous pour des terroristes (71 % contre 54 % avant les attentats).

A contrario, à peu près un tiers des musulmans interrogés disent qu’ils n’aiment pas les mœurs occidentales, qu’ils préféreraient un système politique « inspiré du Coran » et qu’ils estiment que les lois de l’islam sont supérieures aux lois belges.

L’édito de Béatrice Delvaux après «Noir Jaune Blues»: redessiner un possible, recréer du lien.

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