Lessines : Jean-Marie Degauque ne sera pas sur la liste PS

Le bourgmestre explique pourquoi il ne se présente plus

Après mûre réflexion, Jean-Marie Degauque s'en va. © Coralie Cardon

Amer, dégoûté et en colère. Voilà dans quel état d’esprit se trouve aujourd’hui Jean-Marie Degauque, le bourgmestre socialiste de Lessines. Lundi, après des semaines de rebondissements et de suspens, il a fait savoir qu’il ne serait pas présent sur la liste communale et encore moins là où les militants l’avaient envoyé, dans les dernières places. L’homme n’a donc pas changé de ligne de conduite après s’être vu successivement privé de tête de liste (occupée par le conseiller communal Pascal De Handschutter) et puis de troisième place. Les instances du parti (la fédération de Soignies et même Rudy Demotte) l’avaient enjoint de revenir mais non, il s’en va. Avec une rancœur qu’il ne peut plus cacher. « Maintenant que j’ai pris cette décision, on me culpabilise par rapport au parti. Or, s’il y a bien quelqu’un qui s’est battu pour les valeurs de son parti, c’est bien moi, confie le bourgmestre. Cette situation n’avait que trop duré. Tout s’est dégradé il y a deux ans et demi quand Pascal De Handschutter est arrivé comme conseiller communal suite au décès de l’échevin Pascal Delbecq. À ce moment-là, il a fomenté un coup pour tenter d’écarter le MR de la majorité et de s’allier au CDH. J’ai refusé car je voulais rester fidèle à l’accord signé en 2006. On m’en a voulu et je suis devenue une cible à abattre. »

Le bourgmestre estime avoir été diabolisé. « On a fait passer ma tolérance pour de la naïveté. Or, mon unique but était de maintenir une ambiance de travail conviviale pour faire avancer les dossiers. Et quoi qu’on en dise, des choses ont bien été réalisées sur Lessines. Je vais d’ailleurs passer le reste de mon mandat à le prouver en inaugurant la crèche, le parc à conteneurs… Ça aussi, le PS local voulait m’empêcher de le faire. »

Malgré sa colère, Jean-Marie Degauque ne créera pas de liste dissidente. « Le PS est déjà assez mal embarqué comme çà. Beaucoup de Lessinois sont déçus. Il y a aussi une désaffection au sein des instances locales. Ils étaient 400 militants quand j’ai été choisi en 2000. Ils ne sont plus que 200 aujourd’hui. »

Après son mandat, le bourgmestre s’en retournera à ses premiers amours : l’escrime, un sport où il a excellé. Toujours président du club local, il pourra faire partager son expérience, ce qu’on lui a refusé en politique. « Mon objectif était de passer le flambeau à mi-mandat pour éviter que le prochain ne se retrouve comme je l’ai été, sans même savoir où se trouvaient les clés du bureau. Je n’en aurai pas l’occasion, tant pis ! »

« Gérer la ville comme une entreprise »

Pascal De Handschutter, la tête de liste socialiste, dit aujourd’hui regretter le départ du populaire bourgmestre et estime avoir tout fait pour le retenir. « Nous avons multiplié les réunions ces dernières semaines, même la présidente de la fédération s’en est mêlée et cela n’a pas suffi. Je crois que sa décision était prise depuis longtemps. » L’homme réfute les accusations du bourgmestre. « Je ne l’ai pas diabolisé. Simplement, nous avons les mêmes idées, pas la même méthode. Je suis un technicien et j’estime qu’un bourgmestre doit aussi être un gestionnaire particulièrement en période de crise. Il y a eu un manque de rigueur. Le fait d’avoir loupé des subsides pour les inondations alors que Lessines a été la deuxième ville wallonne la plus touchée est un exemple flagrant. Moi, je veux gérer Lessines comme une entreprise. »

Sandra DURIEUX
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