Rhode-Saint-Genèse : Geertrui Windels tête de liste de « Respect »

Mme Herman Van Rompuy vise l’échevinat

Geertrui Windels est candidate CD&V à la province et entend préserver au moins un échevin flamand à Rhode. © Alain Dewez

Geertrui Windels restait jusqu’ici dans l’ombre de son mari Herman Van Rompuy. Tandis qu’il menait une carrière de haut niveau de la présidence du CVP à la tête du gouvernement fédéral puis du Conseil européen, elle se « contentait » de mandats au conseil communal ou au conseil du CPAS de Rhode-Saint-Genèse, tout en menant un travail important de volontariat.

Elle avait déjà annoncé qu’elle soutiendrait, en octobre prochain, la liste provinciale du CD&V, à l’antépénultième place.

Ce week-end, la « First lady » européenne a décidé de franchir un pas supplémentaire : elle sera tête de liste aux élections communales. Traduisez : candidate bourgmestre. Ou plus précisément, dans cette commune à large majorité francophone, candidate échevin, ceux-ci étant élus directement.

Rhode-Saint-Genèse, où les époux Van Rompuy vivent depuis trente-cinq ans, est un enjeu majeur de la politique belge. C’est dans cette commune à facilités de la périphérie bruxelloise que d’aucuns imaginent faire passer un corridor reliant Bruxelles à la Wallonie, au cas où… Geertrui Windels y prônera la pacification linguistique à la tête d’une liste baptisée « Respect ». Non sans tirer à boulets rouges sur le bilan de la majorité francophone qui domine la vie locale depuis vingt-quatre ans. Les francophones entendent, quant à eux, remporter la totalité des mandats exécutifs. La liste du bourgmestre sera cette fois emmenée par Pierre Rolin, le jeune frère de la maïeure sortante, Myriam Delacroix-Rolin. La lutte sera homérique.

Geertrui Windels battra la campagne sur son double nom de femme mariée et de jeune fille : « Van Rompuy – Windels ». « Je n’ai pas demandé d’être tête de liste, dit-elle. Je n’y ai même jamais pensé, j’avais déjà une vie très bien remplie. Mais les responsables de la section locale me l’ont demandé pour insuffler une nouvelle dynamique. Et j’ai accepté. En sachant que ce sera une mission très lourde. »

Ses mots d’ordre ? Le respect, bien sûr. « Nous vivons en Flandre, dans une commune à facilités pour les francophones. Si l’on veut une société harmonieuse, il faut avoir du respect pour tout le monde, quelle que soit sa langue ou son statut social. Le respect, c’est la base de la confiance mutuelle. Et ici, à Rhode-Saint-Genèse, il y a du pain sur la planche. »

Autre leitmotiv : « goed bestuur ». Une « bonne gestion ». « Rhode-Saint-Genèse s’est littéralement endormie ces dernières années. Tandis que les communes voisines, Waterloo, Braine-l’Alleud ou Beersel, évoluaient énormément, ici, rien ne bougeait. Pourtant, les francophones, majoritaires, avaient toute la marge de manœuvre. Les gens sont las des petits jeux communautaires. Ce qu’ils veulent, c’est une bonne gestion ! » Adoptant un ton à la François Hollande, elle scande : « Le temps du changement est vraiment venu ! » La première First lady européenne en campagne, voilà qui n’est pas banal.

Olivier MOUTON
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