Ixelles : Ecolo brigue le mayorat

Yaron Pesztat se voit déjà aux commandes de la commune d'Ixelles.© Alain Dewez

D’entrée de jeu, Yaron Pesztat annonce la couleur : ce sera le vert. Quant au ton, il se charge de le donner lui-même puisque celui qui sera tête de liste des écologistes à Ixelles l’affirme haut et fort : il brigue le mayorat. Un pari audacieux pour Yaron Pesztat qui n’a glané que 246 voix lors des dernières communales, occupant, il est vrai, une place peu en vue. Du coup, pour faire entendre sa voix, le chef de file n’y va pas par quatre chemins. Il tire à boulets rouges sur l’actuelle majorité (PS/MR) : « Ixelles n’a pas les politiques qu’elle mérite. » Mobilité, logement ou encore finances, trois pages de notes manuscrites sous les yeux, Yaron Pesztat se pose en seule alternative au mayeur actuel, Willy Decourty (PS).

Yaron Pesztat, vous voilà donc officiellement candidat bourgmestre.

Le premier bourgmestre Écolo à Bruxelles pourrait effectivement être Ixellois. Pourquoi ? Parce que c’est ici que nous réalisons notre meilleur score avec près de 25 % des voix aux dernières communales. C’est aussi parce qu’à Ixelles, nous avons un MR et un PS qui sont relativement faibles. C’est donc possible arithmétiquement et c’est même devenu une nécessité dans la mesure où MR et PS ont conclu un accord préélectoral plus ou moins secret, en tout cas qu’ils n’ont pas annoncé explicitement. Ce qui veut dire que si on veut changer la politique à Ixelles, la seule alternative passe par Écolo.

Reste que la majorité actuelle dispose de 24 sièges sur 41 dont 15 pour le MR.

Le pourcentage du MR décroît depuis 1976 et il est encore plus déforcé aujourd’hui du fait de la scission d’avec le FDF, ce à quoi vient s’ajouter le départ d’Olivier de Clippele (NDLR l’ex-échevin MR des Finances qui se présentera sur une liste avec le FDF). Quant au PS, ce n’est que la 3e formation en termes de sièges. Ce n’est pas un parti fort. Nous sommes à dix sièges avec, à côté de cela, le CDH qui est pour nous un partenaire privilégié et est solidement ancré dans la commune.

Reste donc Olivier de Clippele qui a peut-être aussi, de son côté, des velléités mayorales.

S’il y a une alternative, elle se construira autour d’Écolo. Pour le reste, si cette alternative est possible, ce sera en réunissant l’ensemble de l’opposition actuelle. Mais il n’y a pas pour autant d’accord préélectoral.

Pas question d’imaginer un Olivier en terres ixelloises ?

C’est un choix délibéré du PS ixellois. Un choix essentiellement opportuniste. L’ambition principale et unique du PS est de se maintenir dans la majorité pour avoir le mayorat. Pour faire quoi ? On se le demande. L’alliance avec le MR est un peu contre nature. Le PS ixellois en tout cas n’est donc pas un parti de gauche. C’est un parti conservateur et réactionnaire. Il faut d’ailleurs que l’électeur du PS sache que voter PS à Ixelles, c’est voter pour le MR. Et l’inverse est vrai aussi. Ixelles qui a potentiel énorme n’a clairement pas le personnel politique qu’elle mérite avec une majorité fainéante, sans ambition et sans projets mais néanmoins dépensière.

Quels sont pour vous les défis à relever ?

Se loger à Ixelles qui est devenue une des plus chères de la région devient extrêmement difficile, notamment parce qu’elle est attractive mais c’est devenu impayable et la commune ne développe pas de politique volontariste. Il faudrait par exemple développer le logement social, domaine dans lequel Ixelles est lanterne rouge à Bruxelles avec seulement 3 % (NDLR la moyenne est de 7 %). On est très loin du compte. Il faut ainsi une politique du logement public en général car les revenus moyens sont également touchés. Même chose pour les étudiants, la reconversion d’un home en kots (avenue de la Couronne) est une bonne chose mais on est loin du compte. Il y a toute une réflexion à mener sur la manière dont on pourrait loger ces étudiants chez les Ixellois en réfléchissant à encadrer l’hébergement étudiant chez l’habitant.

Et en termes de mobilité ?

Je parlerais d’abord de l’espace public au sens large. Les trottoirs sont dans un état lamentable. Qui dit mobilité dit circulation des transports en commun qui sont aujourd’hui englués dans la circulation. Reprenons l’exemple de la chaussée d’Ixelles où la région souhaitait fluidifier le trafic du 71 en optant pour la mise en sens unique au profit du bus. Un projet auquel la commune s’est opposée. On ne parle plus que d’un vague test aujourd’hui.

Si vous étiez au pouvoir, vous opteriez pour le sens unique ?

Je le ferais, c’est clair. Parlons aussi du 94 qui va de Schaerbeek à Auderghem. Il est en site propre partout sauf lorsqu’il traverse Ixelles, hormis sur un tout petit tronçon au Général Jacques. C’est curieux. Et n’oublions pas le stationnement où l’on va jusqu’à autoriser le stationnement sur une place publique comme sur la place Sainte-Croix. Cette tolérance envers l’automobile en ce compris sur l’espace public est scandaleuse.

Quelle est votre analyse de la gestion financière actuelle et votre position dans le dossier de l’îlot communal dont le projet de déconstruction-reconstruction est porté par la majorité ?

Je veux une gouvernance exemplaire. Un audit a récemment montré à quel point l’administration communale rencontrait des difficultés pour offrir un service aux citoyens et les enseignements de cet audit n’ont pas été tirés. Je veux aussi des finances équilibrées. Parlons du dossier de l’îlot communal qui coûtera entre 13 et 17 millions… qu’on n’a pas. On va donc grever les finances durant des années, ce qui nous empêcherait de mener une série de politiques, en démolissant au passage quatre maisons du 19e siècle pour construire une tour de bureaux qui ne ressemble à rien.

Le bâtiment actuel tombe pourtant en ruines, c’est un fait. Que proposez-vous ?

C’est exact, il faut agir mais pas besoin de démolir. On a fait nos comptes et nous estimons qu’il est possible de rénover l’ensemble pour 5 millions d’euros.

En conclusion ?

J’en ai marre d’une politique communale qui oscille entre Don Quichotte et Calimero. Tantôt on a un bourgmestre qui part bille en tête, c’était le cas sous la précédente législature, pour dé-fusionner la zone de police Bruxelles-Ixelles, qui mène son combat pendant des années et n’obtient rien. Quand ce n’est pas Don Quichotte, c’est Calimero. On se plaint de ne pas avoir été consulté, par la Ville pour le Bois de la Cambre, par la Région pour la place Flagey. La Stib ne nous écoute pas… C’est trop injuste. Moi, je veux une commune inscrite dans la Région et pas sur une île. Je veux des partenariats avec les communes voisines sur des enjeux communs. Il faut être acteur et arrêter de se plaindre.

Patrice LEPRINCE
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Une réponse à Ixelles : Ecolo brigue le mayorat

  1. Dalila Abdulaziz dit :

    Ecolo se présente comme parti de gauche et défenseur des droits de l’homme, la vérité c’est un parti très passif exactement comme un petit moine qui vit dans les nuages. Ecolo ne sait pas que sa passivité tue ses militants et renforce l’agressivité des autres partis à l’égard des cityons simples.

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