Charleroi : La liste PS, entre hier et demain

20 % d’élus sortants seulement et cinq « anciens » inculpés

Van Gompel et Van Cau ont-ils pesé sur la constitution de la liste socialiste? © Belga

Une liste, c’est comme une équipe de football : il y a toujours à débattre de sa composition, dès que les noms ont été couchés sur le papier. Alors, que dire de celle du PS carolo (dévoilée hier par Sud Presse), qui doit clore une parenthèse cauchemardesque marquée par les affaires politico-financières et les divisions internes ? Beaucoup de choses, en réalité.

La marque des « anciens » ? La question était attendue, sachant que Jacques Van Gompel était membre du comité des sages chargé de concocter le projet de liste et que Jean-Claude Van Cauwenberghe avait clamé sa détermination à voir son fils Philippe en bonne place sur celle-ci. Si l’on en juge par la 8e place octroyée à ce dernier, malgré une inculpation pour avoir profité à titre privé des largesses de Vandezande (pourtant fournisseur de la Ville), on ne peut s’empêcher en effet de penser que Paul Magnette a dû composer avec la vieille garder pour bâtir cette liste. Mais plus largement, c’est avec les sections que le leader socialiste a dû s’accommoder. Fortes du principe clamé haut et fort par le patron de l’USC, que plus jamais une inculpation ne rimerait avec démission, les 15 entités de l’Union socialistes communales ont pu placer quelques camarades déchus. Le plus en vue est Bernard Van Dyck (5e). Suivent Serge Beghin (6e), Léon Casaert (24e) et Gérard Monseu (49e). A l’arrivée, 5 inculpés sur 51 candidats, c’est avant tout symbolique. Mais le propre des symboles est de compter peu et de peser beaucoup.

Malheur aux vaincus ? Indéniablement. Exit Ficheroulle et Colicis, qui avaient annoncé leur départ de la vie politique avant même que la liste ne soit arrêtée. Mais au rang des perdants, sans doute faut-il ajouter le nom de Latifa Gahouchi. L’échevine de l’Enseignement, cataloguée comme proche de Paul Ficheroulle, n’arrive qu’en 10e place. Paie-t-elle au prix fort cette proximité et de tracas judiciaires dans le dossier des plaines de jeux ? Possible. Une autre explication tient la route : Gillicienne, elle fait les frais de l’avènement d’Eric Massin (3e), détenteur de la première place accordée à sa section. Au PS carolo, il faut contenter tous les clochers, fussent-ils désacralisés.

Renouveau magnettique ? Ne voir que les « anciens », les inculpés et les évincés, s’apparenterait à de la myopie. La liste socialiste compte seulement 20 % d’élus sortants, souligne Paul Magnette dans la Nouvelle Gazette. Un signe de renouveau, indubitablement. Parmi les nouveaux venus, quelques « Magnette boys » (et « girls »), tel Kevin Saladé (26e). Le président de l’USC prépare le terrain d’une législature où il devrait peu à peu prendre le contrôle de l’appareil socialiste carolo. Mais ce ne fut pas simple. Il se dit notamment qu’il a dû batailler ferme pour arracher la 9e place accordée au député fédéral (et transfuge de Montigny-le-Tilleul) Anthony Dufrasne.

Le mayeur pour la fin ? Paul Magnette assumera-t-il le mayorat s’il est désigné par les électeurs ? Patience. Il n’a pas encore tranché et ne le fera pas seul. Mais à Sud Presse, il répète : « Je me prononcerai durant la campagne : les électeurs seront avertis ».

À présent que le lien est fait entre hier et demain, qu’une liste unit « anciens » et nouveaux, que les esprits un peu trop critiques sont partis, Magnette et ses troupes peuvent se lancer dans la campagne électorale. « Avanti populo ».

Pascal LORENT
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