Schaerbeek : Denis Grimberghs sera tête de liste du CDH

Denis Grimberghs revient sur l’accord préélectoral avec la Liste du bourgmestre Clerfayt et Ecolo.

Denis Grimberghs assume ses critiques contre la majorité. © Bruno D'Alimonte

Denis Grimberghs sera le chef de file du CDH, aujourd’hui dans l’opposition, pour les communales. Sa section a décidé de rendre public un accord avec la liste du bourgmestre de Bernard Clerfayt (FDF) et Écolo.

Vous êtes dans l’opposition depuis 12 ans. Sans avoir été au vitriol dans vos critiques à l’encontre de la majorité en place, vous ne l’avez pas épargnée non plus (fonctionnement des ASBL, gestion du CPAS, mobilité…). N’est-ce pas schizophrénique de signer un accord avec elle qui dit en gros : « On continue dans la voie qu’on s’est tracée » ?

Annoncer la couleur n’est pas une mauvaise chose pour l’électeur. J’ai eu des contacts avec toutes les formations. Comme tout le monde. C’est vrai qu’il ne nous est pas toujours apparu que la majorité était la plus performante pour défendre les intérêts de Schaerbeek. On n’a pas changé d’avis, mais je suis heureux que le CDH puisse être le ferment d’une nouvelle majorité. Schaerbeek a besoin d’un nouveau cap. À la fois sur le fond et sur la forme, la méthode. Schaerbeek a connu une époque, sous Nols, où les quartiers populaires ont été délaissés, comme d’autres à Bruxelles. Ces 18 dernières années, il y a eu un cycle de rénovation et de cicatrisation. Il doit être poursuivi mais il faut sortir de l’idée réparatrice et faire face au défi démographique. En 2000, il y avait moins de 105.000 habitants. On est presque à 130.000 aujourd’hui et on sera à 145.000 en 2020. Et toujours sur le même territoire ! Cela implique des efforts sur le vivre ensemble si on veut éviter des ruptures générationnelles et des ruptures entre les quartiers ou les communautés. Autre point important : améliorer le service à la population. La salle des guichets n’a pas été conçue pour 140.000 personnes. La faiblesse dans les infrastructures sportives devient cruciale. On a beaucoup de logements de mauvaise qualité. On doit les rénover. Donc, je ne dis pas qu’il faut continuer comme

avant : on doit changer les choses. Je l’ai dit à Bernard Clerfayt et aux écolos. Ils n’ont pas considéré qu’il était impossible de travailler avec nous.

Vous évoquiez la méthode…

Schaerbeek doit pouvoir forger son avenir et ne pas être spectateur ou Calimero. Quand on est la sixième commune du royaume, on se donne les moyens d’avoir des projets et d’obtenir les relais pour les faire valoir, vis-à-vis du privé comme du public. On doit faire évoluer le pôle horeca. On n’a quasiment aucun hôtel non plus alors qu’on est une des portes d’entrée de Bruxelles et du quartier européen et qu’on a la gare du Nord. Vis-à-vis du public, il y a des décisions au niveau national qui intéressent Schaerbeek. Il y a des années que je me bats pour que le RER profite aux Schaerbeekois. Il y a un arrêt potentiel à la Cage aux Ours, mais on sait que la SNCB renâcle. On doit avoir la volonté d’imposer l’ordre du jour. Si on estime qu’il faut absolument faire une gare à Mons qui n’est pas la 6e commune du royaume, je ne vois pas pourquoi on ne mettrait pas une petite gare RER à Schaerbeek.

C’est l’idée de sortir du « village » dont parle le socialiste Yves Goldstein ?

Oui. J’ai fait ce reproche. Ne cherchez pas à me faire dire que j’ai dit ou pas des choses désagréables sur Clerfayt. Le site du CDH a remis un avis critique sur le plan communal de développement. On met en évidence les erreurs de la majorité qui est de croire qu’il y a une série d’éléments qui appartiennent au domaine privé (le monde de l’entreprise) ou au domaine public (les autres niveaux de pouvoirs), sur lesquels on ne peut rien.

Vous évoquez un programme. Le CDH ne serait-il pas là, comme dit le PS, que pour les postes ?

Le PS a dû se tromper. On construit le programme en associant la population via www.schaerbeekautrement.be. L’été, nous traduirons cela dans un programme hiérarchisé et arbitré.

Vous dites que la commune a besoin d’un souffle nouveau. Le PS aussi. Pourquoi ne pas l’insuffler ensemble quand on sait votre proximité idéologique ? L’opposition aurait même pu encore vous rapprocher ?

Il n’y a pas de coalition dans l’opposition. On n’a d’ailleurs jamais mené d’opposition commune. J’entends qu’on dit que le CDH n’a pas fait le même type d’opposition que le PS, mais soit. Ici, le CDH ne fait pas un choix contre le PS. Je vais vous dire franchement ce que je pense : la Liste du bourgmestre et Écolo auraient pu pronostiquer qu’ils allaient se suffire à eux-mêmes. Mais on n’avait pas de raison de rester au balcon.

Vous n’avez pas l’impression de monter sur le terrain en cours de match ? Il y a un élément important : le MR a explosé. Vous êtes les remplaçants des libéraux.

Je n’ai pas attendu de voir comment le MR allait évoluer. Dans un premier temps, on nous avait dit que le MR resterait avec le bourgmestre. C’est relativement récent qu’on a appris que Georges Verzin faisait une liste à part. Je le répète, ce n’est pas une coalition contre – j’ai d’ailleurs été choqué de votre titre « cordon sanitaire autour du PS » à l’issue de l’annonce de notre accord. Je ne suis pas en campagne contre Madame Onkelinx mais pour le CDH.

Vous avez donc eu une meilleure écoute des deux partenaires ?

Je n’ai en tout cas pas eu l’occasion de parler programme avec le PS. Avec les deux autres partenaires oui. Je ne sens pas le PS sur le même programme que nous. Mais je vous rassure : je ne sens pas les autres sur le même programme que nous non plus. Tant mieux. L’électeur doit se prononcer sur une offre politique et tant mieux si elle est différenciée. Il y a sans doute des éléments de notre programme qui ne plairont pas à tout le monde, comme la nécessité, face au défi démographique, d’avoir un métro à Schaerbeek. Je le dis d’autant plus à l’aise que je n’ai pas toujours été de ce point de vue-là.

C’est quoi cette absence de dialogue avec le PS ? Un péché d’orgueil des socialistes qui pensaient le CDH de toute façon à la remorque du PS ?

Nous ne sommes à la remorque de personne. Nous n’avions aucun engagement vis-à-vis d’eux, ni eux de nous.

Cela exclut-il, au lendemain des élections, une autre alliance que celle scellée entre vous, Écolo et la LB ?

Je pense que c’est une hypothèse relativement marginale. Il faut être réaliste sur le poids de chacun.

Votre positionnement n’expose-t-il pas le CDH, ailleurs, communes, comme la Ville, à des dégâts collatéraux ?

J’ai proposé à la section locale du CDH : les mains libres, un préaccord avec la Liste du bourgmestre ou un autre préaccord. On a voté pour aller avec la LB à l’unanimité moins une voix.

Vous parlez de la section locale, pas des instances du parti ni de votre ex-présidente, Joëlle Milquet.

Quand on m’a demandé de faire des accords intégrés, je les ai fait respecter. Ici, nous ne sommes pas dans une logique de ce type-là. Je ne suis pas le seul à avoir frappé à la porte de Clerfayt ! C’est quand même extraordinaire ça ! Le PS a même imaginé d’y aller sans nous. Et je ne lui en veux d’ailleurs pas. Ce n’est pas une mesure de rétorsion. Nous n’avons jamais prévu de faire route commune.

Fabrice VOOGT
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