Tournai: La Ville réfléchit à faire payer les communes

La piscine de L'Orient à Tournai.© Coralie Cardon

Toutes les piscines publiques sont déficitaires, confie d’emblée l’échevin tournaisien des Sports Paul-Olivier Delannois lorsqu’on lui demande si l’investissement annuel pour les maintenir à flots en vaut la peine. C’est vrai que le coût de ces infrastructures est très élevé, mais c’est un choix politique que nous assumons pleinement. Une piscine, contrairement à un terrain de foot, attire une population très large puisqu’elle plaît tant aux enfants qu’aux seniors, aux sportifs débutants qu’aux nageurs chevronnés, aux hommes qu’aux femmes. Quand on connaît les effets bénéfiques d’une pratique sportive régulière sur la santé et le faible prix d’accès à une piscine publique, la question de l’utilité d’un tel outil ne se pose même plus. »

À Tournai, la Ville dépense environ deux millions d’euros par an pour financer ses deux bassins : celui de Kain (65.000 entrées en 2011, hors clubs sportifs) et celui de l’Orient (165.000 entrées, hors clubs sportifs), qui génèrent en moyenne 500.000 euros de recettes et exigent un coût d’entretien annuel à peu près équivalent à ce montant.

« Un vrai gouffre financier » selon le MR et Écolo, les deux partis de l’opposition, qui montent régulièrement au créneau lors des conseils communaux pour s’indigner de ces coûts faramineux, notamment liés au litige qui oppose la Ville et les entreprises au sujet des importants défauts de conception de la piscine de l’Orient, inaugurée en mai 1997. S’ils suggèrent la fermeture d’une des deux piscines, la majorité insiste sur la nécessité de préserver les deux infrastructures. « Elles sont complémentaires. Alors que celle de l’Orient attire un public plus sportif, à la recherche d’amusement et d’heures d’ouverture plus larges, la piscine de Kain possède une vocation plus familiale, plus éducative, en accueillant notamment de nombreux écoliers qui y apprennent à nager », constate Jawad Lawrizy, le gestionnaire des deux piscines communales.

Et ces deux bassins ne profitent pas qu’aux Tournaisiens puisque les Rumois, les Antoiniens et les Brunehautois, qui ne possèdent pas de piscine sur leur territoire, y plongent régulièrement. « Pour l’instant, le prix d’entrée est le même pour tous, Tournaisiens ou non, et n’excède pas les trois euros. Pour aider Tournai à supporter les coûts liés au fonctionnement de ces structures, envisager une participation financière des communes qui en profitent pourrait être envisagé. Je suis prêt à ouvrir le débat », réfléchit l’échevin des Sports.

Sybille DEKEYSER
Cette entrée a été publiée dans Région wallonne, Tournai, toutes les communes. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>