Tournai : Christian Massy choisit de ne pas être candidat

A six mois de son départ, le bourgmestre Christian Massy se confie

Christian Massy dit qu'il exercera pleinement son mandat jusqu'au bout. © Coralie Cardon

Au soir du 14 octobre, Tournai aura un nouveau bourgmestre. C’est l’unique certitude de ces élections communales : après douze ans de mandat, Christian Massy (PS) passera l’écharpe à celui que les Tournaisiens auront choisi et qu’il espère socialiste. En regardant dans le rétroviseur, il ressent beaucoup de fierté même si sa dernière année de mandat a été difficile à manœuvrer dans les méandres de l’affaire Singa.

Dans quel état d’esprit êtes-vous à six mois de quitter le poste ?

Je me sens très bien surtout quand je jette un regard sur les réalisations accomplies et dont on ne déterminera sans doute l’impact que dans quelques années. Mais ce n’est pas un sentiment béa, il y a eu des frustrations aussi.

Comme le fait de ne pas pouvoir participer à la campagne ?

Non, pas du tout car je vais la faire à mon niveau aussi. Et que ce soit clair, c’est moi qui ai pris la décision d’arrêter après cette élection. J’avais annoncé dès le 1er mai 2011 que je ne serais plus candidat. À 66 ans et après 12 années de mayorat, je souhaitais me consacrer à d’autres choses dans ma vie.

Avec le recul, avez-vous des regrets par rapport à l’affaire Singa et la gestion qui a suivi ?

Non aucun regret car nous sommes nombreux à avoir tout fait pour que ce garçon soit régularisé. D’ailleurs, par la suite, il a obtenu un contrat professionnel au club de Péruwelz et il a pu rester en Belgique. Je n’ai jamais imaginé que cette histoire aller me mener en Justice. Si j’ai mal réagi par la suite, c’est à cause des gros titres qui me disaient coupable de faux. J’ai eu besoin de repréciser certaines choses même si j’accepte la vérité judiciaire.

Depuis, n’avez-vous pas l’impression d’avoir été mis sous tutelle de Rudy Demotte ? Je suis le bourgmestre de cette ville et je compte bien exercer pleinement mes mandats jusqu’en décembre 2012. Je l’ai d’ailleurs fait en choisissant mon nouveau chef de cabinet (Natacha Alleman NDLR), en prenant les ordonnances de police pour assurer le retour au calme sur les quais. Mais il y a aussi des dossiers importants, qui impliquent l’avenir et qui nécessitent des discussions au sein des partis. Rudy Demotte, en tant que président de l’USC s’exprime à ce titre et il en a le droit. Chacun exerce ses responsabilités à son niveau, ce qui n’empêche pas les rencontres et les discussions. Mais je ne reste pas dans mon fauteuil à attendre qu’on me dicte les choses.

Et qu’en est-il de l’ambiance au collège ? Cela se passe bien quoi qu’on en dise. L’objectif de tous est de faire aboutir les dossiers mais il est normal que des affinités se créent avec certains, moins avec d’autres…

Comme Rita Leclercq ?

Là aussi je souhaite recadrer les choses : c’est moi qui aie proposé de me délester de mes compétences sur le personnel communal après l’affaire Singa. L’USC a choisi de les confier à Rita, estimant qu’elle disposait d’une certaine expérience en tant que présidente de CPAS. Je n’ai pas de problème avec elle car nous avons longtemps travaillé ensemble au CPAS mais je trouvais plus logique de confier cette compétence au premier échevin, Paul-Olivier Delannois. Quoi qu’on en pense, la gestion du personnel du CPAS et celle du personnel communal sont deux choses radicalement différentes même si la tâche n’est pas insurmontable.

Et avec les partenaires de la majorité, vous avez connu le MR, puis le CDH, une préférence ? À choisir, je ferai un collège avec certains membres du MR et certains du CDH. Et dedans, il y aurait Marie-Christine Marghem (MR), oui ! J’ai eu beaucoup de bonheur à travailler avec elle quoi qu’on en dise… D’un point de vue politique, c’est impossible de comparer les deux parce que les mandatures n’ont pas été les mêmes. Je dirai match nul !

Quels sont les critères pour être un bon bourgmestre selon vous ?

Les citoyens attendent une proximité, une disponibilité et un grand sens de l’écoute. Ce n’est pas pour rien que j’ai démissionné de mon poste de parlementaire en 2000 quand je suis devenu bourgmestre et je ne l’ai jamais regretté.

Pas vraiment le profil de Rudy Demotte, çà… C’est vrai que les Tournaisiens n’attendent pas un bourgmestre empêché mais tout le monde reconnaît aussi l’importance pour une ville d’avoir des relais forts à la Région wallonne comme Rudy pourra le faire.

Pour la proximité, ce serait plutôt Paul-Olivier Delannois alors ?

C’est un homme de terrain, capable de mener des dossiers. Même si nous avons eu des différends, nous avons travaillé durant 17 ans ensemble (P.O fut entre autre son chef de cabinet NDLR)et j’ai pu déceler chez lui de grandes compétences qui en ferait un bon bourgmestre et pas seulement faisant fonction…

Donc, pour vous, le jeu est ouvert ?

Oui et c’est d’ailleurs un handicap pour Rudy d’être présenté comme le grand gagnant, je trouve. Pour avoir senti le vent de l’opposition passer dans mon dos en 2006, je peux affirmer que rien n’est jamais gagné d’avance.

Enfin, si vous ne deviez retenir qu’une seule de vos réalisations, laquelle choisiriez-vous ?

La construction du stade Luc Varenne car elle a permis l’aboutissement de toute une série d’autres dossiers : la caserne des pompiers à la place de l’ancien stade du Racing, du nouvel hôpital à la place du stade de l’Union et la création de logements sociaux et mixtes dans l’ancienne caserne.

Rétroactes

L’affaire Singa
Pour rappel, en septembre, Christian Massy a bénéficié d’une suspension du prononcé de la condamnation dans le cadre de l’affaire Singa, du nom ce joueur congolais engagé par le Racing Football Club de Tournai (RFCT) à l’époque où le bourgmestre était également président du club de football. Lui et son conseiller de l’époque, Eddy Moulin ont été reconnus coupable d’avoir exercé une pression sur une employée communale pour délivrer un faux certificat d’inscription au registre des étrangers pour permettre au joueur d’évoluer en D3. Suite à cela, l’USC a décidé de maintenir Christian Massy à condition qu’il ne se présente pas sur la liste PS et qu’il cède ses compétences sur le personnel communal à Rita Leclercq, la présidente de CPAS.

Sandra DURIEUX
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