Schaerbeek : Isabelle Durant détaille l’accord Ecolo-CDH-LB

« On n’a rien scellé chez le notaire »

Tête de liste Ecolo à Schaerbeek, Isabelle Durant ne brigue pas le mayorat. © Sylvain Piraux

Isabelle Durant sera tête de liste à Schaerbeek où son parti, Écolo, a annoncé son intention de prolonger son alliance avec la Liste du bourgmestre Bernard Clerfayt. Un duo auquel s’est joint le CDH (opposition) emmené par Denis Grimberghs.

Êtes-vous candidate bourgmestre ?

La question ne se pose pas comme ça. Bien sûr, je suis tête de liste et potentiellement candidate bourgmestre, mais je suis loyale par rapport à mes engagements avec les deux partenaires. Je n’ai pas l’intention d’être bourgmestre sauf si les rapports de force changeaient complètement.

Dans l’accord, il y a aussi accord sur le nom du bourgmestre ?

Non. Ce n’est pas une question de personne mais de majorité.

Bernard Clerfayt est le meilleur bourgmestre pour Schaerbeek ?

Cela n’existe pas, le meilleur bourgmestre, mais c’est un bon bourgmestre. Lui tout seul ne peut rien faire. C’est une commune avec des enjeux énormes. Le boom démographique, le besoin en infrastructures et les difficultés financières demandent d’avoir de la continuité et de la bonne gouvernance. On a besoin d’Écolo qui sait se montrer créatif. Dans un dossier comme le RER, par exemple, on doit pouvoir faire du lobbying pour avoir un arrêt Cage aux Ours.

Et le métro ?

J’aimerais bien, comme le PS, avoir le métro, mais on ne l’aura pas dans les 6 ans. Entre le moment où on en parle et celui où on pourra l’avoir, il peut s’écouler 20 ans. Entre-temps, on doit être créatif et améliorer la mobilité.

Et le tunnel sous Meiser ?

Moi, j’ai dans mes cartons la suppression du viaduc Reyers, qui est une horreur… Faut-il faire un tunnel pour autant ? On est de nouveau dans des infrastructures coûteuses, d’autant que les aménagements réalisés ont partiellement amélioré la situation. Et, là encore, ce n’est pas un dossier qui se réalisera dans les six ans, quand bien même on aurait un accord avec la Région.

Ce n’est pas pour cela qu’on ne peut pas y songer.

D’accord, on peut avoir des grands projets. D’autres ont dit qu’il fallait un grand hôtel…

Ou plusieurs, comme Denis Grimberghs.

Il y a suffisamment de grands hôtels dans le quartier européen qui ne sont pas pleins. Par contre, ce qu’on doit faire, c’est développer des réseaux de chambres d’hôtes pour des gens qui viennent chez nous un ou plusieurs mois.

Revenons à l’accord. N’est-ce pas confisquer le scrutin ?

Non. Écolo dit, avec le CDH et la Liste du bourgmestre, qu’ils ont un projet commun. Cela n’empêche pas les Schaerbeekois de voter PS ou MR. Eux ne disent pas qu’ils ont un accord…

Ils en ont un ?

Je ne sais pas, je le suppose. Ce n’est pas mon problème. Les gens ont le choix aussi de renforcer Écolo, le CDH ou la Liste du bourgmestre. On leur donne les lunettes pour comprendre les enjeux. En 2006, les gens voulaient savoir et on ne leur disait pas. Ils ont voté Clerfayt pour ne pas avoir le PS.

Imaginons que le MR ou le PS soit en tête. En vous mettant à trois, vous pourriez mettre le premier parti hors-jeu. C’est en cela qu’il y a confiscation.

Ça a failli se produire en 2006.

Il y avait aussi un accord : entre Écolo et le PS.

Oui. Mais, comme celui qu’on vient de faire, il n’est jamais qu’un signal pour l’électeur. On n’a rien scellé chez le notaire. C’est un engagement moral qui montre notre préférence.

Vous n’excluez donc pas…

On n’exclut jamais rien, ou alors on est fou. Mais il n’y a pas photo. On veut poursuivre une majorité qui fonctionne bien, avec le CDH, qui a montré, dans l’opposition, sa volonté de collaborer.

Sur le plan idéologique, Écolo est naturellement plus proche du PS. C’est donc une question de personne ?

Non, de contenu. Je pense vraiment que la Liste du bourgmestre fonctionne bien avec Écolo. Grâce aussi à nos différences. Même si, idéologiquement, j’ai une proximité avec le PS. Je comprends d’ailleurs mal que le PS veuille nouer des alliances avec le MR, y compris au niveau régional.

Ce n’est pas de l’intox ?

Je les entends en tout cas. On dit aussi que les alliances locales se décident au niveau national.

Comme au CDH. D’où la colère de Joëlle Milquet par rapport à la décision de Denis Grimberghs de faire alliance avec la majorité.

Cela n’a pas de sens. Si on veut vraiment pousser au poujadisme et à la démagogie, continuons dans cette voie. Au niveau communal, il y a des enjeux locaux.

Vous n’avez pas de comptes à rendre ?

Non. Je n’en avais pas en 2006 non plus. Je ne voulais pas que le parti vainqueur des élections soit dans l’opposition. J’ai renoncé à mon engagement à cause de ça.

La « guerre » entre vous et Onkelinx. C’est vrai ou c’est du show ?

C’est du show. J’ai beaucoup de respect pour elle. Je ne suis pas dans une stratégie de femme contre femme même si cela amuse la galerie. J’ai simplement dit que j’avais du mal en 2006 avec des stratégies de mayorat quand on n’habite pas la commune et que l’on vient d’y arriver. Aujourd’hui elle a une autre stratégie…

Et elle habite la commune…

Je n’en sais rien. Je ne crois pas, mais peu importe.

C’est important cet ancrage ?

Oui. Je ne dis pas qu’il faut être Schaerbeekois depuis trois générations, mais il faut fréquenter la commune, à l’école, à la piscine, au marché… C’est comme cela qu’on rencontre les gens et qu’on sent les choses.

Fabrice VOOGT
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