Tournai : la liste dissidente « Tournai Plus » affiche son ambition

Marie-Hélène Crombé et Benoît Mat ont pu réunir une liste complète de 38 candidats pour « Tournai Plus ». © Coralie Cardon

À l’annonce de la création d’une liste dissidente par quatre conseillers communaux libéraux au lendemain de leur éviction de la liste MR pour les élections communales, d’aucuns avaient cru à une simple menace de quatre élus revanchards. Aujourd’hui, il faut se rendre à l’évidence : Tournai Plus, le mouvement créé par Benoît Mat, Marie-Hélène Crombé, Albert Pesin et Jean-Jacques Carbonnelle, aura sa place dans la campagne électorale et plus que probablement dans le paysage politique tournaisien. Les quatre élus (deux conseillers communaux, une ex-sénatrice et un ex-échevin) viennent de réunir, en à peine deux mois, une liste complète de 38 personnes qui regroupe, certes, des novices en politique mais qui a aussi attiré dix personnalités qui se sont déjà essayées au combat communal sous la bannière du… MR !

Une réalité qui en démontre une autre : la fracture au sein du MR tournaisien était bien plus importante que le parti a bien voulu l’admettre. Le clash entre les clans Crombé et Marghem n’était donc qu’une question de temps. Et à quelques mois à peine de l’échéance électorale, le timing est risqué pour ne pas dire mauvais pour le MR. D’abord, parce que face à l’arrivée de Rudy Demotte qui devrait renforcer ce bastion socialiste, les réformateurs avaient tout intérêt à présenter la liste la plus forte possible pour espérer peser dans les négociations pour la création d’une majorité. Ensuite, parce que la liste Tournai Plus offre aux socialistes la possibilité de s’allier avec un partenaire libéral « historique » tout en contournant l’épineux problème Marghem. D’aucuns au PS craignent en effet qu’emmener la bouillonnante députée fédérale dans une majorité n’accentue encore un peu plus sa popularité (elle avait recueilli le plus de voix de préférence en 2006).

Pour le MR, le mal est fait donc. Et ce ne sont pas les mesures d’exclusion des quatre conseillers dissidents réclamées par la section locale du parti qui y changeront quelque chose. D’ailleurs, d’exclusion, il n’en est pas vraiment question puisque c’est une « désactivation » qu’a réclamée le MR Tournaisien. Une mesure qui n’est absolument pas prévue dans l’arsenal administratif du MR qui ne peut que sanctionner ou exclure un membre. Une subtilité qui ne pouvait échapper à l’avocate Marghem qui a donc préféré un geste symbolique à l’affrontement clanique.

Sandra DURIEUX
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