Schaerbeek : Un ex-PS dépose une liste concurrente à celle d’Onkelinx

Mohammed Ennay s’était présenté sur la liste PS à Schaerbeek en 1994. © Sylvain Piraux.

ENTRETIEN

A 49 ans, Mohammed Ennay, médiateur de profession, a décidé de lancer une liste Front de gauche à Schaerbeek. Elle n’est pas liée à Bernard Wesphael, qui a décidé de ne pas lancer de listes aux communales.

Expliquez-nous l’origine de votre projet.

J’avais déjà été tenté en 2006, mais je n’avais pas été bout de ma démarche. J’hésitais encore alors à quitter le PS. Le projet du Front de gauche en France a été un encouragement. Le PS ne se prononce pas par rapport au traité européen de stabilité financière. Je m’insurge par rapport à cette inertie face à l’austérité qui s’annonce. Ça peut sembler loin des communales, mais cette question a des répercussions dans la vie de tous les jours, à tous les échelons. Au niveau local, nous souhaitons améliorer le vivre ensemble. Il y a une diversité culturelle mais des cloisons se créent. Nous souhaitons les faire tomber.

Qu’est-ce qui vous dérange plus particulièrement au sein du PS de Schaerbeek ?

Autour de moi et au sein du PS, il y a de plus en plus de gens qui ne sont plus en accord avec la politique et les tactiques du PS et de la section de Schaerbeek en particulier. Ce qu’on propose n’a plus de sens. Il y a un malaise. C’est devenu une machine de guerre politique dont le but est de monter au pouvoir, comme pour les autres partis traditionnels, avant de défendre des idées.

Le Front de gauche est-il une dissidence du PS ?

Non. Et je ne suis pas là pour critiquer le PS. Je reste fondamentalement socialiste. L’idéologie socialiste n’appartient pas au PS.

Vous avez l’impression que le PS de Schaerbeek s’écarte des valeurs du parti ?

A mon sens oui. C’est un parti qui s’inscrit aussi dans une logique communautaire. En tout cas, il ne prend pas de position par rapport à cette question. Le Front de gauche est, lui, un parti laïque et qui l’affiche ouvertement, dans le respect des croyances de tous. Le parti ne sera pas représenté avec des gens qui tiennent un étendard.

Vous faites référence à une candidate qui fera campagne voilée sur les affiches même si elle l’ôtera en cas d’élection au conseil ?

Oui, même si je lui reconnais le droit de faire de la politique. Mais, pour le Front de gauche, l’élu n’est pas le représentant d’une communauté religieuse. Personne ne portera le voile sur notre liste. De la même façon, je refuse de faire campagne dans les mosquées ou les églises. Ce sont des espaces spirituels, pas des espaces politiques. Je ne veux pas prendre des candidats de l’une ou l’autre identité religieuse pour capter des voix dans leur communauté. Ce qui m’intéresse, ce sont les idées que cette personne peut apporter. Pas ce qu’elle ou son réseau représentent.

Vous avez l’impression que le PS instrumentalise ses candidats ?

Oui.

C’est une déception pour vous ?

Le deuil s’est fait en 2006. Le communautarisme est aujourd’hui bien ancré. C’est devenu un parti plus pragmatique qu’idéologique.

Le défi du PS, pour monter dans la majorité, est de taille à Schaerbeek. N’êtes-vous pas en train de déforcer la gauche ?

Le PS est-il à gauche ?

FABRICE VOOGT
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