La commune

La commune

Sur l’échelle politique, c’est le barreau… du dessous. Mais c’est le plus noble de tous ! D’abord la commune est le niveau de pouvoir le plus naturel – quoi de plus normal que des individus occupant un même lieu se rassemblent, s’organisent, se partagent les tâches, se choisissent un chef ? La commune est donc aussi le pouvoir le plus ancien. Si l’homme a mis du temps à créer le concept d’Etat (et ne parlons pas des Régions et des Communautés !…), les villes et communes ont été les premiers espaces politiques avec, dans les cas les plus développés, des assemblées d’élus, des administrations, etc. Enfin, c’est naturellement le pouvoir le plus proche du citoyen, le plus « identifié ». Et les services que rend la commune font que c’est le pouvoir avec qui le citoyen entretient souvent le plus de contacts.

Nombre. Quand la Belgique naît, en 1830, le pays compte… 2.739 communes (pour une population de 4,29 millions d’âmes, comme l’établira le recensement de 1846). Ce nombre va évoluer. Entre 1830 et 1976, on crée 161 communes, on en supprime 329, on procède à 895 modifications de frontières communales, on cède 243 communes aux Pays-Bas et au Luxembourg et on en prend 31 à l’Allemagne. On fusionne, aussi (comme en 1921, quand Bruxelles, Laeken, Neder-over-Heembeek et Haren se regroupent). Bref, ça bouge ! Dans les années 1970, on va décider de rationaliser tout cela. L’opération est menée par le ministre de l’Intérieur Joseph Michel (PSC). Une loi, votée en 1976 et agissant à partir de 1977, fait passer les 2.359 communes d’alors à 596. Ce nombre chutera à 589 en 1983 après l’absorption par Anvers de sept communes périphériques. Aujourd’hui, on en est toujours là, avec nos 589 communes (262 en Région wallonne, 19 en Région bruxelloise et 308 en Flandre).

Ville ou commune ? Certaines communes (133 très exactement) ont le statut de « ville ». Au Moyen Age, ce titre, accordé aux localités d’une certaine importance, donnait droit à une série de privilèges, notamment en termes d’impôts, de justice. Ces privilèges ont été effacés sous l’occupation française et ils n’ont jamais été rétablis. Mais le statut de ville sera restauré par l’occupant hollandais, à titre honorifique seulement. Les anciennes villes ont ainsi pu retrouver leur titre (un arrêté a été pris en ce sens en 1825). Par la suite, des communes ont fait valoir une certaine importance (population élevée, carrefour de communication important, etc.) pour réclamer et, à l’occasion, obtenir le statut de ville – comme Beauraing, Couvin, Rochefort ou Gembloux, en 1985. La dernière commune à avoir acquis le statut de ville est Herstal, en 2009. Ce titre n’accorde donc aucun privilège. Communes et villes sont sur strict pied d’égalité.

Réalités diverses. Nos communes recouvrent des réalités diverses, en termes géographiques, sociaux ou démographiques. Songeons à Tournai (213 km2 – c’est le record) et Saint-Josse (1,1 km2 – c’est l’autre record). En termes démographiques, la plus petite localité est Herstappe. Avec ses 90 habitants (au mieux…), cette commune située dans le sud du Limbourg elle est une vraie singularité. Mais son statut de « commune à facilités » la protège – c’est ce qui lui a valu d’échapper aux fusions de 1976. Les autres communes les moins peuplées sont Messines (950 habitants), Daverdisse (1.382), Herbeumont (1.563), Martelange (1.618), etc. A l’opposé de ces communes rurales, l’urbaine Anvers est la ville la plus peuplée (483.505 âmes selon les statistiques 2010) devant Gand (243.366), Charleroi (202.598), Liège (192.504), Bruxelles (157.673) ou Schaerbeek (121.232).

BOUILLON,PIERRE
Cette entrée a été publiée dans les fiches élections. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>