Anderlecht : le PS pourrait dribbler le MR.

Les communes à la loupe (1/19)  Van Goidsenhoven et Tomas face à face

André MIchiels se bat pour faire cesser les nuissances liées au stade. Dominique Duchesnes

Une remarque sur la forme, mais qui a eu un impact sur le fond : le fonctionnement de ce collège, sans consensus. » L’analyse du conseiller communal Philippe Debry (Ecolo – opposition), fait écho à celle d’un autre parti d’opposition, le CD&V Walter Vandenbossche, qui qualifie la majorité sortante d’« occasion ratée ». Pas d’entente selon lui, mais bien la confrontation, menant à une paralysie. « Il n’y a pas eu de décisions, de politiques adaptées à l’évolution de la commune… ».

Philippe Debry relève que les dissensions ont touché jusqu’au cœur des formations politiques, rappelant les malheureux feuilletons qu’ont été l’éviction de facto de l’échevin Willy Raes (MR) suite à une condamnation judiciaire, ou encore le retrait de compétences dont le PS a frappé sa partenaire de cartel, la CDH Fatiha El Ikdimi.

Sans sa figure de proue, Jacques Simonet, décédé quelques mois après le scrutin de 2006, le MR a-t-il une chance d’enfiler à nouveau l’écharpe mayorale ? D’aucuns en doute. Détaché du FDF, mais dont il repêche certaines personnalités (non conviées au renouveau de la section lancé par Danielle Depré et Olivier Maingain) au sein de la liste du bourgmestre, le MR compte sur le bilan de la majorité, porté par le jeune bourgmestre Gaëtan Van Goidsenhoven. Défendant l’action menée, celui-ci pointe les grands chantiers d’espace public, les efforts en termes de propreté, la réhabilitation d’espaces verts, la création de places de crèches et d’écoles, la politique en termes de mobilité et de sécurisation, ou encore l’assainissement des finances. Un bulletin budgétaire dont se targue le partenaire PS, en charge du budget et des finances sous cette législature, tirant légèrement la couverture à lui. Lui qui était absent de la précédente législature, fossoyeuse desdites finances… Un retour à l’équilibre n’ayant en rien freiné les investissements, salvateurs pour l’enseignement, les crèches, le logement, explique Eric Tomas, tête de liste PS. A l’heure du bulletin, le CD&V Walter Vandenbossche condamne pourtant un entêtement dans le dossier Dexia et la perte sèche qui en découle.

L’ombre des près de 8.500 voix comptabilisées par Jacques Simonet en 2006 écartée, Eric Tomas (4.730 voix) compte bien s’asseoir, cette fois, dans le fauteuil mayoral, poussé par les nombreuses voix de préférence que comptabilisera sans douter Fadila Laanan (2.864 voix), fermement priée de pousser la liste rouge une fois encore.

Quelle popularité

après 5 ans ?

Difficile d’évaluer la popularité qu’aura assise, au bout de cinq années de mayorat, Gaëtan Van Goidsenhoven. Celui-ci emmène donc une liste pour le moins pluraliste : MR-OpenVLD-UFA (ex-FDF)-CD&V. En face, le même cartel qu’en 2006 : PS-SP.A-CDH. Ecolo-Groen et FDF partant chacun de leur côté.

La politique en matière d’urbanisme ne convainc pas. Pragmatique, Walter Vandenbossche (CD&V) s’en prend aux règles et lenteurs administratives qui paralysent la commune, alors qu’Ecolo condamne le fiasco qui a touché plusieurs dossiers d’un échevinat tenu par l’ex-FDF Anne-Marie Vanpévenage, d’ailleurs reléguée à la 9e place de la LB.

Philippe Debry identifie encore trois matières orphelines au sortir de la législature : l’environnement – « qui n’a connu que des discours et des gadgets, mais aucune politique de fond » ; l’emploi – « trimballé d’échevin en échevin, sans que soit mis en place un service de l’emploi actif, complémentaire à une collaboration avec la Région » ; et enfin, une politique sociale régressive – « les missions obligatoires sont assurées mais on a minimisé le reste des aides, scarifiées sur l’autel budgétaire ».

Le CD&V défend, lui, les classes moyennes qui auraient vu notamment le budget alloué à la rénovation des commerces être amputé de moitié. Enfin, les écoles construites sur fonds propres sont une erreur selon le conseiller communal, et ce malgré l’urgence évidente : « il aurait fallu laisser ça aux communautés, jouer sur la complémentarité, nous sommes maintenant face à l’avenir incertain de ces structures provisoires ».

Marie DE SCHRIJVER
REACTIONS
G. VAN GOIDSENHOVEN
Stop ou encore : Celui qui fut le plus jeune bourgmestre bruxellois (33 ans) lors de son entrée en fonction en 2007, suite au décès de Jacques Simonet, Gaëtan Van Goidsenhoven (MR) a pour lui un bilan de 5 ans sans faux pas, mais qui n’aura sans doute pas suffit à le rendre incontournable.
Eric TOMAS
Dernière chance ? : A 64 ans, conseiller communal depuis 1982, le chef de file socialiste ne compte pas laisser passer le maïorat. S’il a dû s’incliner devant le libéral Jacques Simonet en 2000 et 2006, alors que les deux listes étaient au coude)à)coude, d’aucuns le donnent gagnant en 2012 face à son jeune rival.
Fadila LAANAN
Soldat PS, avant tout : A 45 ans, celle qui est aujourd’hui ministre à la Communauté française, n’a jamais caché son désir de s’investir à l’échelon communal. Véritable machine à voix (elle totalise 2864 voix en 2006) elle mise sur le côté par Eric Tomas et forcée, par les instances du PS, à pousser la liste une nouvelle fois.
Pierre MIGISHA
Coup de pouce pour la section : Déplacé sur l’échiquier CDH bruxellois, l’ancien journaliste sportif et député régional depuis 2009, passe de Woluwe-Saint-Lambert à Anderlecht. Il vient prêter main-forte à Fatiha El Ikdimi, fragilisée par le partenaire PS sous cette législature.
Danielle DEPRE
La carte du nouveau FDF : Echevine FDF sortante, 896 voix en 2006, Danielle Depré est tête de liste d’une section presque entièrement remaniée en septembre de l’année passée. A l’instar de la majorité des sections FDF à Bruxelles, celle d’Anderlecht va aux communales sans son allié, le MR.
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Une réponse à Anderlecht : le PS pourrait dribbler le MR.

  1. Limbourg dit :

    N’oublions pas l’insécurité , les vagues de cambriolages, l’absence de patrouilles de police, et la délivrance de permis d’urbanisme très controversés comme par exemple celui de l’hopital psychiatrique de jour rue de Veeweyde, octroyé sur fond d’un mépris global des habitants du quartier..

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