Watermael-Boitsfort : Martine Payfa sera bourgmestre, sinon rien

Martine Payfa face à Olivier Deleuze

Philippe Vandenberghe, président des locataires des logements sociaux du Floréal, souhaite trouver une solution durable pour les logements vides. photo de D. Rodenbach

Depuis 12 ans, nous travaillons en bonne entente. Je suis donc étonnée par la démarche d’Ecolo. » Martine Payfa (FDF), bourgmestre de Watermael-Boitsfort depuis 1995 et en majorité avec le MR et Ecolo depuis 2000, semble sereine malgré les velléités d’Ecolo et de GMH.

Lundi, Olivier Deleuze, co-président d’Ecolo et dernier sur la liste boitsfortoise, réaffirmait sa volonté de devenir le premier bourgmestre Ecolo de la Région bruxelloise. A présent, c’est au tour de l’ancien échevin, Alain Wiard (GMH) de sortir du bois et de se déclarer candidat-bourgmestre. Avec la scission du FDF et du MR, les jeux n’ont jamais paru autant ouverts. Martine Payfa souhaite s’allier avec celui qui deviendra le 2e parti de la commune (GMH ou Ecolo) mais une alliance MR-GMH-Ecolo n’est pas à exclure afin de mettre un terme à la dynastie Payfa.

En 2006, Martine Payfa avec ses 2.369 voix redevenait logiquement bourgmestre. Le soir des élections, les discussions furent âpres afin de choisir le partenaire puisqu’un pré-accord existait entre la liste de la Bourgmestre et le CDH. Ce dernier faisant le 4e score de la commune, la bourgmestre décide de reconduire la majorité avec Ecolo, alors 2e force politique.

Seulement, la donne a changé. Le MR va seul aux élections avec dans ses rangs un échevin, José Stienlet et une nouvelle tête de liste, David Leisterh. Gestion municipale (GM) et le CDH se sont à nouveaux unis pour présenter une liste GMH. «Nous avons travaillé ensemble sur tous les dossiers, précise Cécile Van Hecke, deuxième sur la liste GMH. A deux, nous pouvons facilement imaginer faire 8 ou 9 sièges et devenir ainsi la première force politique. » Avec pour objectif principal de mettre Martine Payfa sur la touche.

Avec au départ trois candidats-bourgmestres (Le Soir du 18 septembre), Ecolo se concentre finalement sur la candidature d’Olivier Deleuze. Il est le premier à s’être dressé contre Martine Payfa. La consigne du parti est claire : il faut un bourgmestre Ecolo à Bruxelles. Quitte à briser une alliance vieille de douze ans.

Les socialistes, eux, devront se battre bec et ongle pour conserver leurs trois sièges, Alain Hutchinson étant parti pour Saint-Gilles. « Nous savons très bien que le seul but de GMH et d’Ecolo est de virer Martine Payfa, analyse Michel Kutendakana, tête de liste PS. Ecolo nous déteste. Du coup, s’ils veulent devenir bourgmestre, ils doivent s’allier avec le MR. Nous sommes donc persuadés qu’il existe un pré-accord entre GMH, Ecolo et le MR. »

« Après mon expérience de 2006, je ne signe plus rien avant les élections », affirme pourtant Alain Wiard. « Nous nous entendons bien avec tout le monde et sommes ouverts, réagit David Leisterh. Nous n’avons pas à rougir de notre bilan et nous ambitionnons d’être dans la majorité. » « Je trouverais dommage d’être mise dehors à cause d’une manœuvre politique, conclut Martine Payfa. Il faut respecter le choix des électeurs ! En tout cas, je ne deviendrai pas échevine et le FDF restera la première force. »

Comme trophée, la bourgmestre affiche son bilan. Malgré la tutelle régionale, la commune a su investir sans augmenter les impôts comme cela était pourtant prévu dans son plan de redressement. Elle a réaménagé la place Keym et lancé le dossier de la place Payfa, fait des classes supplémentaires dans ses écoles, rénové des voiries et un itinéraire cyclable. Une solution a enfin été trouvée pour le nouveau commissariat qui ouvrira rue Tritomas. La commune finalise également un projet de construction de 55 logements moyens et d’une crèche square des Archiducs. Enfin, elle met en avant de nombreuses économies d’énergie.

Pour Alain Wiard, « il est possible d’aller plus loin en brisant certains tabous comme la vente du domaine de Nettinne et surtout, en allant chercher plus de subsides régionaux. »

Les enjeux majeurs du scrutin

Augmenter le nombre de logements

Un problème de dernière minute s’est invité dans la campagne : les squats de la cité-jardin de Floréal. Depuis le début de l’année, certains logements sociaux vides depuis des années, ont été squattés. Si au départ, les arrivants ne posaient pas de problème, aujourd’hui, les locataires n’en peuvent plus. Une vingtaine de maisons sont occupées de manière illégale. « La cité devient une poudrière », explique Philippe Vandenberghe, président de Cocolo. La commune n’a que peu de pouvoir sur le Floréal et les rénovations traînent. Les maisons étant classées, les dossiers sont complexes. Du coup, 20 % des logements sont vides. Tous les partis sont d’accord pour activer leurs relais surtout que la commune perd des habitants. Il faudra que la prochaine majorité attire de nouveaux ménages en construisant essentiellement des logements moyens tout en préservant le caractère villageois de Boitsfort. La commune est une des plus chères de la Région. Le PS propose également de favoriser les habitations kangourou pour que de grandes maisons retrouvent un nombre plus important d’habitants. Il faudra aussi gérer la vente de l’église Saint-Hubert et l’éventuel départ d’Axa. Les bureaux de la compagnie d’assurance rapportent chaque année 1,5 million d’euros à la commune et pourraient être transformés en logements.

Réduire le sentiment d’insécurité

Watermael-Boitsfort n’est évidemment pas le Bronx mais de nombreux citoyens ont l’impression que la sécurité diminue dans leur commune. Pendant cette législature, on a connu une augmentation de la criminalité. Certes, on venait de très bas mais le phénomène n’échappe pas aux habitants. On a également parlé de bandes de jeunes, de combats de chiens, de trafics en tout genre… Les riverains de la place Keym se plaignent régulièrement de nuisances et pensent ne plus pouvoir sortir tranquillement une fois la nuit tombée. Cette amplification du sentiment d’insécurité, tous les partis en sont conscients mais leur réponse diverge. Pour le PS, il suffirait que le Parquet poursuive les délinquants car les fauteurs de troubles boitsfortois sont connus de tous. Côté GMH, il faut mieux sécuriser les parcs notamment en améliorer l’éclairage public et en renforçant les patrouilles policières. Même discours du côté du MR qui ajoute un renforcement de la cellule « amende administrative » et qui souhaite rouvrir le débat sur les caméras de surveillance. Pour l’actuelle bourgmestre, cela est inconcevable. Avec elle, tant que la criminalité reste ce qu’elle est, Watermael-Boitsfort ne posera pas de caméras de surveillance. Elle préfère augmenter les patrouilles dans les quartiers et aux abords des transports en commun. Même si elle ne banalise pas les incivilités, elle pense que le sentiment d’insécurité naît en partie d’un conflit de génération.

Vanessa LHUILLIER

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