Ganshoren : Pierre Kompany défie Michèle Carthé

Choc de personnalités et choc idéologique à Ganshoren

« Josette » vit dans le home Heydeken et s'y trouve bien mais les partis se déchirent sur la rénovation ou la destruction et reconstruction du home. Photo Thomas Blairon

Dans les rues de Ganshoren, paisible bourgade du nord-ouest de Bruxelles, il n’y a que les affiches électorales pour rappeler la querelle politique qui agite la commune en cette fin de législature. En cause ? Fin 2011, Pierre Kompany, échevin des Travaux et de la Propreté, laisse tomber la Liste de la Bourgmestre (LB). Accompagné d’une autre échevine, Chantal de Saeger, il rejoint la liste Pro-Ganshoren, composée de membres du CDH et du CD&V. Tous deux se font éjecter du PS.

« M. Kompany n’a pas supporté la quatrième place que je lui proposais sur ma liste. Il veut être bourgmestre et, avec son nom célèbre, il a intéressé la liste d’un CDH en perdition puisqu’il n’a eu que 3 sièges aux dernières élections, contre 13 pour ma liste », explique Michelle Carthé, actuelle bourgmestre et tête de liste LB.

Certaines voix évoquent aussi des problèmes liés à la personnalité de la bourgmestre. « Mme Carthé est incapable de déléguer et de communiquer. Elle veut tirer la couverture à elle, notamment dans la gestion du dossier de la piscine. Il a fallu des années pour trouver une solution qui ne convainc pas grand monde et la piscine n’est toujours pas ouverte », précise Alain Beeckmans, tête de liste Ecolo-Groen. Même son de cloche du côté de la liste Pro-Ganshoren, qui compte neuf des seize élus de la majorité actuelle et qui indique que beaucoup trop de dossiers sont bloqués. Mme Carthé aurait laissé passer des subsides importants.

Lors des précédentes élections, la bourgmestre avait décidé de s’allier au CDH, se créant ainsi une majorité confortable de 16 sièges et poussant le MR dans l’opposition. Hervé Gillard (MR) estime qu’il faut sortir des querelles de personnalité. « Intéressons-nous au choc idéologique. Nous ne défendons pas les mêmes idées que la majorité actuelle. Il faut donner une meilleure image de Ganshoren car la législature précédente est un échec. Il y a des problèmes de propreté, d’insécurité et pas de centre-ville ni de vie sociale. » La bourgmestre défend, elle, son travail : « Je ne suis pas naïve, il reste des choses à faire mais j’ai redressé les finances communales en préservant la qualité de vie des citoyens. »

La Liste du Bourgmestre

semble isolée

La polémique a enflé récemment lorsque Pierre Kompany n’a pas participé à un débat sur Télé Bruxelles. Mépris de l’électeur, selon les deux autres candidats-bourgmestres. « Il fait le lit de l’extrême droite, qui base tout son discours sur l’incompétence des autres politiciens », s’insurge Hervé Gillard. « Il n’y a que la fonction de bourgmestre qui l’intéresse », remarque même Michelle Carthé. De son côté, M. Kompany explique qu’il a été prévenu trop tard et était à Madrid pour soutenir son fils footballeur. Pendant ce temps, on parle très peu des dossiers… « Je veux regarder vers le futur et sortir de l’immobilisme de l’ère Carthé », se contente de répondre l’intéressé, qui refuse d’entrer davantage dans la polémique.

Entre le MR qui se présente pour la première fois sans le FDF, un parti populaire dans la commune et la liste Pro-Ganshoren qui devra convaincre, la Liste de la Bourgmestre semble isolée. Et a d’ores et déjà exclu toute coalition avec Pro-Ganshoren.

Les enjeux

Le home Heydeken

Dossier brûlant, il a rajouté de l’huile sur le feu en opposant la bourgmestre et la directrice du Centre public d’action sociale, Carine Delwitte (CDH). Ce home, dont l’une des deux ailes date des années 70, n’est plus aux normes. Les sanitaires sont communs et l’isolation inexistante, explique la directrice, Mme Raemdonck. Il est donc impératif de changer cette situation. Problème : faut-il simplement rénover ou reconstruire le bâtiment ? Personne n’arrive à se mettre d’accord. La bourgmestre actuelle souhaite rénover, en ajoutant des lits, car reconstruire serait impayable pour la commune. Une vision « électoraliste », estime Écolo, pour qui rénover un bâtiment aussi ancien est absurde. Les écologistes rappellent que les coûts d’exploitation d’un tel bâtiment, même rénové, sont élevés.

Du côté du MR, on fait deux remarques : la commune de Ganshoren fait face à un boom démographique. Il faudrait d’abord se demander si des lits supplémentaires sont vraiment nécessaires à la commune, alors que le nombre de personnes âgées devrait baisser. On se demande aussi si la commune peut supporter les coûts de rénovation.

La piscine Nereus

Grand projet de la législature de la bourgmestre Carthé, la rénovation de la piscine a commencé en février dernier et devrait se terminer en 2013. Si la rénovation n’a pas fait l’unanimité (Écolo plaidant notamment pour la création d’un pôle sportif et résidentiel, en utilisant les terrains constructibles autour de la piscine), c’est aujourd’hui les coûts d’exploitation de la piscine qui inquiètent.

Selon Hervé Gillard (MR), la commune connaît encore un déficit de 1,5 million d’euros alors que « l’exploitation de la piscine coûterait 800.000 euros et que les bénéfices escomptés sont de 400.000. Il y a un problème mathématique évidemment », explique-t-il. Chez Pro-Ganshoren, on rappelle que la bourgmestre a raté l’occasion de s’associer avec des bourgmestres des communes voisines, intéressés par l’exploitation de la piscine.

Camille WERNAERS
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