Drogenbos ou la paisible transition

De l'avis de tous, et depuis de nombreuses années, un des véritables enjeux de la vie est la création d'un véritable centre attractif au coeur du village. L'autre enjeu de cette commune à facilités sera de maintenir une offre culturelle ouverte à tous, Flamands et francophones © Pierre-Yves Thienpont/Le Soir

Dans la commune du peintre Félix De Boeck, la législature écoulée a été assez calme. Une opposition constructive s’est exprimée à la politique menée par la majorité Drogenbos Plus puisqu’il n’y avait pas de divergences majeures au sein d’une entité paisible. De l’accession d’Alexis Calmeyn au maïorat en 2007 à la divergence MR-FDF lors de la constitution des deux listes présentes, tout s’est passé de manière prévisible. Le bilan dressé sur six ans est très pratique. Autonomie des établissements scolaires, organisation des classes de neige en Suisse, rénovation du matériel informatique, système de tutorat des jeunes enseignants ont constitué la base de la politique en matière d’enseignement. Une grande priorité a été accordée au dossier de nomination des enseignants. En 2007, la Flandre avait refusé de les nommer en raison de leur manque de connaissance de la langue de Vondel. Suite à une âpre lutte juridique et politique, tous seront nommés en janvier 2013. Et le décret Inspection pédagogique de la Flandre a été annulé.

Côté finances, le budget communal est en équilibre et même en boni ; les taxes communales n’ont pas été augmentées. La dette communale par habitant a été réduite de moitié. La commune connaît un taux de chômage avoisinant les 10 %. Un point « emploi » a été créé, procurant un service dans les deux langues, palliant ainsi les carences du VDAB. Un projet de « Services d’économie sociale » prestant des services d’aide et de transports des seniors a été créé.

Voilà pour le côté social. Mais c’est dans la vie quotidienne que les manques se sont fait sentir. Comme dans les romans de Henri Vincenot, la voiture a tué la douceur de vivre et a fait perdre ses repères aux citoyens.

De l’avis de tous, et depuis de nombreuses années, un des véritables enjeux de la vie est la création d’un véritable centre attractif au cœur du village. La commune est en effet trop à la merci d’une circulation de transit. La construction d’un ensemble regroupant commerces, logements, espaces verts, police, bibliothèque, crèche sera à l’ordre du jour de la nouvelle équipe maïorale quelle que soit sa couleur.

L’autre projet est la création d’un pôle où toutes les activités sportives de la commune seront rassemblées en un seul lieu : hall multisports, tennis, football…

Reste encore à préserver un subtil équilibre communautaire dans une commune « à facilités » qui cherche à maintenir une offre culturelle ouverte à tous. Une bibliothèque verra probablement le jour ; ses rayonnages seront-ils majoritairement pourvus de livres en néerlandais rarement empruntés ? La rénovation de la ferme Félix De Boeck rend pessimiste : ce patrimoine artistique n’a pas pu s’ouvrir aux deux cultures, la majorité ayant considéré cette demande a priori normale comme une provocation.

La fin du paternalisme héréditaire ?

Le scrutin du 14 octobre verra s’affronter deux listes pour pourvoir deux sièges en plus qu’en 2006 (soit 17). Celle d’Alexis Calmeyn, bourgmestre sortant, Drogenbos Plus qui comprend des candidats bilingues de tous horizons ralliés par le MR et la liste Union des Francophones (FDF, PS, Écolo, CDH) menée par la juriste Corinne François (FDF).

Une page de la vie communale se tournera si celle-ci l’emporte.

Alexis Calmeyn, 38 ans, a en effet accédé au maïorat de Drogenbos en 2007. Son père, Jean, décédé en 2004, avait été bourgmestre pendant 39 ans. L’héritier a donc pris tranquillement le relais dans la petite maison communale dominée par… le château Calmeyn. Son père était un “burgevader » plutôt qu’un « burgemeester » comme disent les Flamands. La famille Calmeyn s’est en effet installée dans la commune au milieu du XIXe siècle.

En dehors de ce combat de chefs, les enjeux principaux de la petite commune à facilités tournent autour de la mobilité. Celle-ci est en effet traversée par plusieurs grands axes. Un thème porteur sans doute mais qui nécessite des pourparlers avec les communes avoisinantes et les régions bruxelloise et flamande. C’est là que se nichent les principaux conflits communautaires. Au quotidien, nulle tension linguistique au sein de la petite commune brabançonne (un peu plus de 5.000 habitants). Les deux candidats abordent aussi souvent la question du patrimoine communal à préserver voire à rénover ; cette commune n’ayant pas de véritable « centre ».

Le bourgmestre Alexis Calmeyn et Corinne François se positionnent comme des têtes de listes de dialogue, l’un avec une connotation plus bilingue, se fondant plus dans le paysage des communes à facilités, l’autre plus novatrice, stigmatisant les manques structurels de Drogenbos et plus désireuse de créer une dynamique de progrès.

OLIVIER STEVENS
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