Watermael-Boitsfort : le Floréal squatte la campagne électorale

La cité-jardin du Floréal est en piteux état. La réponse politique se fait attendre. © Dominique Rodenbach.

A première vue, rien n’a changé dans les rues de la cité-jardin du Floréal. Le quartier a gardé son apparence du début du XXe siècle avec ses petites maisons ouvrières. Et pourtant, lorsqu’on y regarde de plus près, on s’aperçoit que les peintures s’effritent, que les châssis gonflent et surtout que quelques maisons vides sont squattées. Aujourd’hui, 20 % des logements sociaux du Floréal sont vides et environ une vingtaine est occupée illégalement.

Si au début, les locataires trouvaient la démarche plutôt sympathique, à présent, ils aimeraient voir déguerpir ceux qui ne paient ni loyer ni charges de chauffage. La tension monte progressivement car la situation perdure depuis l’hiver dernier. « Au départ, nous trouvions que c’était une bonne initiative, explique Philippe Vandenberghe, président du Conseil consultatif des locataires. Il fallait dénoncer ces logements vides en attente de rénovation depuis plus de 10 ans. Mais aujourd’hui, nous avons des illégaux, des groupes de marginaux qui troublent le calme de la cité. À présent, une famille avec enfants est arrivée. Ils ne paient pas leurs charges et ce coût devra être supporté par la société de logement social de Floréal et donc indirectement par les locataires. En plus, Floréal ne peut pas rénover les biens squattés. »

Pour la bourgmestre FDF, Martine Payfa, il faut trouver une solution rapidement. « Je ne peux pas prendre d’arrêté de bourgmestre car les logements squattés ne sont pas réellement insalubres. J’ai simplement demandé à la police d’augmenter ses patrouilles dans le quartier. »

Floréal s’invite donc dans la campagne, ce qui ne fait les affaires de personne. Tous les partis se sentent responsables de la situation. Le PS a géré les locataires mais les dossiers de rénovation ont longtemps été bloqués par l’ancienne secrétaire d’État au Logement Françoise Dupuis, et Écolo veut faire avancer le dossier auprès de l’actuel secrétaire d’État, Christos Doulkeridis (Écolo) mais sans succès.

Jeudi dernier, le conseil d’administration de Floréal a finalement refusé la possibilité de mettre en place des conventions d’occupation précaire car il ne souhaite pas être tenu responsable pénalement en cas d’accident. Il préfère suivre la longue voie de la justice de paix et procéder à des expulsions. Mais cela peut prendre des mois à cause de l’engorgement du parquet. Alors que les locataires attendaient une réponse rapide. Ils craignent les accidents. Les tensions risquent donc d’augmenter dans les semaines qui viennent.

VANESSA LHUILLIER
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