Saint-Josse : PS, la liste des bourgmestres

Durant la législature 2012 – 2018, Jean Demannez et Emir Kir devraient se succéder dans le fauteuil du bourgmestre. La date du changement n’est connue que d’eux mais on peut penser qu’il s’agit de 2014, fin du mandat régional d’Emir Kir. © Dominique Rodenbach.

Débat

Deux candidats-bourgmestres sur une même liste n’est pas un phénomène courant. Que la tête de liste commence la législature et le troisième candidat la termine, encore moins. Et que les deux ne soient pas d’accord, cela n’est possible qu’à Saint-Josse sur la liste du PS avec Jean Demannez et Emir Kir.

Saint – Josse est la plus petite commune de la Région avec une population très jeune et multiculturelle. Comment comptez-vous gérer le boom démographique ?

Jean Demannez : Notre population ne fait que croître. On parle maintenant de 32.000 habitants en 2014. On ne cherche pas à augmenter la population, qui n’est pas la plus nantie. Les habitants doivent avoir un accompagnement social et nous préférons convertir un taudis en logement neuf et adapté à la taille des familles plutôt que de créer des grands ensemble de logements.

Emir Kir : Nous avons un projet phare : la création d’une maison de la citoyenneté et de l’intégration. Ce qu’on veut, c’est un autre type d’accueil pour les étrangers. On veut une activité d’intégration.

J.D. : On a réussi à créer une convivialité dans un espace où il y a 160 nationalités. Ce n’est pas une poudrière.

Pourtant, les habitants du quartier Nord sont au bord de l’explosion.

J.D. : La prostitution est un mal nécessaire. Nous ne voulons pas la combattre mais ce quartier constitue un solide problème. La prostitution n’est pas un souci, mais ce qui l’accompagne, bien. Il y a une modernisation de la prostitution, notamment avec internet. A mon avis, ce lieu va perdre de son intérêt. Cependant, il faut limiter l’extension des carrées. Je m’étais opposé à la Villa Tinto à l’époque car je craignais le non-contrôle social.

E.K. : J’ai une légère différence de position. La rénovation urbaine du quartier est indispensable. Je pense qu’aujourd’hui la situation s’est détériorée pour toutes les parties. Ce n’est pas un travail qui va se mener sur une législature. Ce qui a été fait à Anvers pourrait l’être ici et tout le monde doit aller vers le même objectif. Il faut rassembler.

Voici quelques mois, un dossier vous a divisé, celui de l’extension du lobby du Sheraton, place Rogier.

E.K. : Ce qui compte pour nous, c’est l’aménagement de la place Rogier. La Région a dégagé 16 millions d’euros pour cette place et on a reçu un projet de Sheraton avec un problème de concertation.

J.D. : Pour moi, l’avenir hôtelier de la place est fondamental. Si on n’aide pas le Sheraton à renforcer sa sécurité, les Américains ne viendront plus loger à Bruxelles.

E.K. : Il n’y a plus de problème puisqu’ils ont retiré leur dossier.

J.D. : Je trouve qu’il serait dommage que Bruxelles ne soit plus capable de recevoir des Américains.

E.K. : Nous respectons le Sheraton mais sa demande mettait en danger les travaux de la place Rogier qui sont plus importants.

La question de la mobilité est centrale à Saint-Josse et le piétonnier de la chaussée de Louvain n’arrange rien.

E.K. : Les techniciens nous ont toujours dit qu’il fallait refuser le trafic de transit mais je n’en ai jamais vu autant. Et nous l’avons augmenté dans la rue Scailquin. Il n’y a pas eu de concertation avec les habitants. Les gens ne comprennent pas ça ni pourquoi ce choix. Pourquoi ne propose-t-on pas d’autres scénarios ? Nous réclamons une concertation. Les habitants sont peut-être plus pauvres que ceux de l’avenue du Port mais ils méritent aussi d’être consultés.

N’avez-vous pas eu cette discussion avec la ministre de Mobilité ?

J.D. : Mais la situation est assez claire ou je n’y comprends plus rien. A un moment, la Région a eu l’idée, ce n’est pas la commune.

E.K. : C’était Mme Grouwels, Monsieur le bourgmestre. Ce n’était pas le gouvernement. On n’a pas approuvé ce dossier.

J.D. : En attendant, ce n’est quand même pas la commune qui a fait la promotion de l’idée. Le Collège a voulu le test qui aura lieu en novembre. Quand les bus descendront la chaussée, on verra si c’est une bonne idée.

Allez-vous maintenir le test pour le semi-piétonnier ?

J.D. : L’idée c’est d’avoir une analyse scientifique.

E.K. : Il y a une initiative de la ministre et la commune doit permettre le test.

J.D. : Excuse-moi, je ne l’ai pas permis. Je l’ai exigé.

E.K. : D’accord mais ce qui n’a pas été, c’est l’absence de consultation des habitants.

J.D. : Ils le seront durant l’enquête publique même si tu as déjà dit que tu refusais le permis.

E.K. : Je n’ai pas dit ça, j’ai dit que je refuserai la méthode de travail parce que je trouve qu’on ne peut pas traiter les citoyens de façon différente.

J.D. : Je ne défends pas le semi-piétonnier, je défends juste l’analyse correcte. Après on prendra une décision.

Certains affirment qu’il existe deux listes PS.

E.K. : Il est vrai que certains dossiers doivent encore être tranchés. Il n’y a qu’un seul programme PS. Nous n’avons pas deux listes. On est uni derrière la liste.

J.D. : Je ne trouve pas ça malsain qu’on n’est pas la pensée unique. On n’est pas en URSS ici, on peut avoir des avis divergents. La question est de savoir comment trouver des consensus et pas de savoir qui a raison et qui a tort.

Avez-vous signé un accord pour votre passation de pouvoir ?

J.D. : Je rappelle qu’à un moment, je partais comme gouverneur mais la fonction est devenue aléatoire. Nous avons eu des rencontres sur la question de savoir si j’étais candidat en 2012 mais Emir était d’accord pour que je continue. Je suis échevin depuis 1977 et je ne veux pas faire la carrière de Guy Cudell donc il me semble logique qu’une relève s’organise. Je commence l’opération, Emir a sa fonction régionale, on verra quand le passage se fera. Je l’ai dit, c’est à moi de décider quand je pars. Le seul accord que j’ai, c’est de partir avant la fin de la session. Je partirai quand je partirai. Très clairement, Emir est bien placé pour dire qu’il succédera. C’est ma dernière candidature mais je ne me présente pas pour partir trois jours plus tard. Si je pars, il faut aussi voir s’il siégera ou pas.

E.K. : Je pense que le message est clair et il l’a été entre nous et Rudi. Jean fait la législature, à un moment, je lui succède, ce moment a été arrêté par toutes les parties et les Tennoodois ont droit de savoir.

Partirez-vous en 2014, après les Régionales ?

J.D. : Une fois que le bourgmestre est nommé, il est nommé. Mais je ne sais pas ce que donneront les élections en 2014. Cela a été évoqué mais pour le moment, on est aux communales. Il faut également voir les résultats. J’en tirerai aussi des conclusions. Et les échéances de type régional jouent dans la balance. Mais à chaque jour suffit sa peine.

VANESSA LHUILLIER
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