L’administration communale

Administration
communale

Nous y sommes tous allés. Pour un acte de naissance, un passeport ou un permis de conduire, on a tous poussé, un jour, la porte de la « maison communale », ce lieu de contact entre le citoyen et l’administration communale – le « ministère » du pouvoir local.

Fonctionnaires et contractuels. L’agent communal est un fonctionnaire. Ou disons qu’il devrait : de plus en plus, les communes font appel à des contractuels, engagés sous contrat de travail. On peut estimer que ceux-ci constituent les 2/3 du contingent total d’agents communaux, ce qui fâche les syndicats qui souhaitent des emplois stables, statutaires. Le recours aux contractuels a deux explications : comme l’explique Liliane Lemauvais (CGSP), les communes répugnent à engager des statutaires parce que, contrairement aux autres employeurs publics (Régions, Communautés…), elles doivent payer la pension de leurs agents (pour les autres pouvoirs, c’est le fédéral qui assume cette charge). Aussi, les communes ont (bien) profité des plans de remise à l’emploi des chômeurs (les agents contractuels subventionnés, par exemple) qui offrent des emplois partiellement financés par le pouvoir régional.

Combien ? Il n’y a pas de norme : chaque localité fixe librement son cadre (le nombre d’agents) en l’adaptant à ses moyens financiers et ses besoins (taille de la population, kilométrage de voiries, etc.). Aux emplois classiques (administration, entretien des voiries…), les communes ont ajouté de nouvelles fonctions comme des conseillers en énergie, isolation, mobilité, etc. Pour se faire une idée, la commune bruxelloise de Watermael-Boitsfort (moins de 25.000 âmes) a un cadre de 263 agents (soit l’effectif nécessaire pour les missions de base : administration, ouvriers communaux, etc.) ; dans les faits, elle emploie de 350 à 400 personnes en tout, pour pouvoir couvrir les missions particulières qui lui sont imposées par d’autres niveaux de pouvoir (engagement de jeunes dans le cadre du plan Rosetta, perception des amendes administratives, etc.) Des villes comme Liège (moins de 200.000 habitants) ou Charleroi (plus de 200.000 habitants) emploient chacune environ 4.000 agents communaux. Dans nos trois cas, le personnel enseignant n’est pas compté puisqu’il est salarié par la Communauté française.

Nombre. En tout, selon les derniers relevés de l’ONSS (Sécurité sociale), les communes belges emploient 145.594 agents en tout (18.985. à Bruxelles, 76.441 en Flandre, 50.168 en Wallonie).

A ces agents communaux « pur jus », il faut ajouter le personnel des CPAS (118.625), par les intercommunales (39.552) et par les zones de police (34.098). Soit, à la grosse louche, environ 344.000 personnes. On atteint le total de 361.000 travailleurs si on compte les provinces. Les « pouvoirs locaux » sont bel et bien le premier employeur du pays.

Budget. Selon Belfius, les communes belges, en 2011, ont dépensé 7,5 milliards pour leur personnel et leur fonctionnement (chauffage, entretien des bâtiments, fournitures…). Soit 58,1 % des dépenses communales. Les dépenses de personnel atteignent 505 euros par habitant, contre 241 pour le fonctionnement. Les dépenses de personnel sont plus élevées à Bruxelles (703 euros/habitant) qu’en Wallonie (515) et qu’en Flandre (458). Ce que la Flandre économise en personnel, elle le perd en sous-traitance – les communes bruxelloises et wallonnes emploient davantage de personnel mais cela permet d’éviter le recours à des services extérieurs.

BOUILLON,PIERRE
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