Herstal : la Grand-place et l’hôtel de Ville dans le viseur de l’opposition

Le PS et son bourgmestre Frédéric Daerden devraient repartir pour un tour

Le nouvel hôtel de ville (sur la bâche à gauche) s'étalera sur plus de 13.000 m² et arborera une façade végétale. Photo : Michel Tonneau

Amateurs de matchs préélectoraux serrés, passez votre chemin : à Herstal, l’issue du prochain scrutin communal sera plus que probablement sans surprise. « Je ne peux pas imaginer que le PS soit relégué dans l’opposition », glisse Frédéric Daerden, le bourgmestre socialiste fort de ses 3.500 voix de préférence en 2006. Qui a su assurer confortablement ses arrières, en annonçant dès 2011 que PS et EPH (déclinaison locale du CDH) comptaient bien poursuivre ensemble lors de la prochaine législature. S’il y avait encore la moindre trace de suspense, cet accord préélectoral est venu complètement l’effacer…

Dans ce contexte, difficile pour les partis d’opposition d’exister. Mais cela ne les empêche pas de réprouver le bilan de la majorité rouge orange en place. Les principales cibles des critiques du MR, d’Écolo et du PTB+ : la revitalisation de la Grand-Place et la construction au même endroit d’un nouvel hôtel de Ville.Deux projets phares de la coalition PS-EPH. Le premier (qui avait nécessité un budget de 5 millions d’euros) vient de s’achever avec plusieurs semaines d’avance par rapport au calendrier initial. La première pierre du second a été posée en juillet dernier. L’ambitieux bâtiment (13.500 mètres carrés recouverts d’une façade végétale) devrait être terminé en 2014. Dont coût : 21,5 millions d’euros, un peu moins de la moitié étant couvert par des fonds européens Feder.

Deux chantiers totalement « disproportionnés », selon le PTB. « Je ne dis pas qu’il ne fallait rien faire pour rénover la place Jean Jaurès, lance Johan Vandepaer, chef de file. Mais on aurait pu rénover autrement, en revoyant le projet à la baisse et en consacrant les sommes restantes à d’autres projets, comme à la construction et la rénovation de logements sociaux. »

« Heureusement qu’il y a des subsides !, enchaîne Jennifer Maus, tête de liste libérale. Cette nouvelle maison communale ne s’intègre pas du tout dans le reste de la ville. En attendant, il y a des tas de maisons qui auraient besoin d’aide pour être rénovées. Puis beaucoup de citoyens s’en fichent pas mal. Cet argent n’aurait-il pas pu servir à autre chose ? »

Comme à revitaliser d’autres quartiers « laissés à l’abandon », poursuivent à l’unisson les partis de l’opposition. Et de citer le chantier autour de Marexhe et de la gare qui serait « au point mort », les villages de Vottem et Milmort qui ne feraient pas partie des priorités…

« C’est vrai que nos efforts se sont concentrés sur le bas de Herstal, parce que c’est la porte d’entrée de la commune. J’entends bien que les riverains et l’opposition affirment que le chantier de Marexhe n’avance pas, concède Frédéric Daerden. Mais c’est faux. C’est peut-être moins visible mais le dossier est sur les rails. Quant à dire que la grand-place et l’hôtel de Ville ne sont que les deux seules choses concrétisées en 6 ans… Les travaux d’infrastructure ne sont que la face visible de l’iceberg. Nous avons réaménagé les boulevards, augmenté le financement du CPAS, obtenu des crédits pour le site Hayeneux… »

Cela n’empêche pas l’opposition de parler d’une majorité « bling-bling ». Et de rappeler la polémique liée à l’achat d’iPhones pour les membres du Collège à charge du budget communal. « Ou la dépense de 12.000 euros pour l’envoi de 35.000 cartes de vœux, voire 81.000 euros pour acheter deux voitures de fonction », dénonce Johan Vandepaer. « J’entends dire que 5.000 euros (le prix des iPhones, NDLR), ce n’est pas grand-chose au vu du budget global. Mais on aurait pu en faire autre chose ! », estime Jennifer Maus. Frédéric Daerden balaie la critique d’un revers de la main. « Cette affaire est montée en épingle. Quel mal y a-t-il à vouloir travailler avec du bon matériel ? Et quelle commune de 40.000 habitants n’a pas de voiture de fonction ? » À Herstal, ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de suspense qu’il n’y a pas de polémique…

Herstal

Nombre d’habitants

38.768 (au 1er janvier 2011)

Résultats des dernières élections

PS : 50,86 % (20 sièges), EPH : 18,99 % (6 sièges), MR : 14,14 % (4 sièges), PTB+ : 9,39 % (2 sièges), Écolo : 6,62 % (1 siège)

Participation

16,77 % d’abstention, votes blancs ou nuls.

Bourgmestre

Frédéric Daerden (3.515 voix de préférence)

Majorité en place : PS-EPH

Enjeu Une élection sans suspense, ou presque : même si le PS – qui règne en majorité absolue sur la commune depuis un siècle – a perdu quelques plumes en 2006 (-1,12 %), difficile d’imaginer qu’il serait relégué du jour ou lendemain dans l’opposition. D’autant que cela fait belle lurette que le parti a annoncé que l’alliance conclue il y a 6 ans avec EPH serait reconduite après le 14 octobre. Au grand dam de l’opposition, qui parle de déni de démocratie.

Le dossier qui fâche Les partis d’opposition dénoncent la gestion « bling-bling » de la majorité en place, concernant le projet de construction de la très contemporaine future maison communale et de la rénovation de la Grand-Place. Deux chantiers favorisés au détriment d’autres dossiers. Réplique du PS : « Faut-il ne rien entreprendre pour ne pas être taxé de bling-bling ? »

Les listes PS, MR, EPH, Écolo, PTB+, Wallonie d’abord, FDF.

Mélanie GEELKENS
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