Esneux : faire cohabiter urbanisation et espaces verts

L’entité fait face à une importante pression immobilière

Pour les libéraux, Esneux doit conserver son cadre bucolique. Les humanistes en revanche jugent que la politique actuelle est trop restrictive. Photo M. Tonneau

A Esneux, commune située en périphérie liégeoise, les espaces verts et les balades touristiques côtoient les zones urbanisées, un panorama conférant à l’entité son caractère semi-rural. L’enjeu ? Conserver ce cadre bucolique, tout en gérant la pression immobilière.

Selon les humanistes, actuellement dans l’opposition, la politique communale en matière de nouvelles constructions reste parfois trop restrictive. « Le prix des terrains a grimpé et les jeunes couples ont du mal à trouver un logement sur notre commune, explique Philippe Lamalle, tête de liste CDH. On stagne à 13.000 habitants et la moyenne d’âge ne cesse d’augmenter. Quand il y a des contestations citoyennes autour de nouvelles constructions, ce sont généralement les habitants voisins qui s’y opposent. Mais il y a quelques années, ce sont eux qui ont pu construire sur la commune… Cela ne veut pas dire qu’on doit construire partout, loin de là, mais il ne faut pas s’enfermer dans une réserve naturelle ». Le leader humaniste souhaite revoir les règlements en matière d’urbanisme : « Soit ils sont trop pointilleux, soit ils laissent passer trop de choses et on voit alors apparaître des constructions “coup-de-poing”. »

« Qu’est-ce qu’on veut ?, interroge Laura Iker, bourgmestre (MR), candidate à sa propre succession. Garder un environnement agréable ou bâtir des cages à lapins partout ? Si la population vient s’installer à Esneux, c’est pour son cadre de vie. On ne peut pas dire non à tous les petits projets de construction mais ça dépend où. Peu importe si on ne gagne pas plus d’habitants. »

Les socialistes, eux, veulent introduire de la mixité dans les zones urbanisables ; « On ne veut pas qu’Esneux devienne une cité-dortoir, assure Christie Morreale, tête de liste PS. Cela fait 40 ans qu’on résiste et on continuera à le faire. Construire un lotissement de 160 logements, c’est impossible ! En même temps, on ne peut pas fermer toutes les portes. On voudrait mettre en place une politique acquisitive dans les centres pour réaliser du logement public, en travaillant avec l’Agence Immobilière Sociale (AIS) afin d’offrir des logements accessibles. »

Du côté des écologistes, on estime qu’il faut identifier les noyaux à urbaniser et arrêter de construire le long des routes, « et surtout des villas quatre façades, précise Anne Dister, tête de liste Écolo. Cette année, des promoteurs ont encore envisagé un gros projet de lotissement près de la Roche-au-Faucon. Il faudrait, une fois pour toutes, reclasser le site pour qu’il ne soit plus urbanisable. » Les verts plaident également pour une application plus forte de la nouvelle taxe sur les logements inoccupés.

Au niveau de son patrimoine vert, la commune a effectué, notamment, un gros travail de revitalisation sur le site de la Boucle de l’Ourthe. « Il faut encore accentuer ce travail, estime Philippe Lamalle. Il n’y a pas que les terrasses des cafés et restaurants qu’on doit valoriser, il faut développer les gîtes, les balades… » Sur le plan touristique, le chancre des Prés de Tilff devra être mis sur la table lors de la prochaine législature. Tous les partis s’accordent également pour dire que le centre d’Esneux devra faire l’objet d’une importante redynamisation.

À l’autre extrémité de la commune, le centre de Tilff devrait, quant à lui, enfin voir s’élever son nouveau pont puisqu’après plus d’une décennie de controverses, la solution de pont-passerelle proposée semble convenir à tout le monde. On se souvient que la problématique du pont tilffois avait été déterminante lors de la campagne électorale de 2006. Si cette question ne constitue plus un enjeu aujourd’hui, elle continue d’alimenter les rapports de force. « Les libéraux estiment que c’est grâce à eux qu’une solution pour le pont a été trouvée, c’est de la récupération politique », affirme Philippe Lamalle.

Le fait qu’un ministre CDH soit parvenu à mettre tout le monde d’accord créditera-t-il le CDH local de quelques voix supplémentaires ? « Ce n’est pas le CDH local qui a dessiné ce pont-passerelle, répond la bourgmestre. Et je ne me suis jamais attribué le mérite de ce pont ! »

L’historique de ce dossier pourrait-il, par contre, faire baisser la côte de popularité de Laura Iker ? Certains estiment que, dès son entrée en fonction, elle a « retourné sa veste », abandonnant l’option du pont à l’identique et pourrait être légèrement sanctionnée par les électeurs. Cela reste à voir…

Julie SCHYNS

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