Rhode-Saint-Genèse : Geertrui Windels (Liste Respect) affronte Pierre Rolin (IC-GB)

Trois questions à geertrui windels

Geertrui Windels, l'épouse de Herman Van Rompuy tire la liste Respect. Photo : Alain Dewez

Quels sont les enjeux de ces élections au niveau local et quelles seraient vos premières mesures en cas de succès à l’élection du 14 octobre prochain ?

Il y a un énorme travail de pacification à effectuer. Depuis trop longtemps, les problèmes locaux ne trouvent pas de solutions parce qu’on s’occupe beaucoup plus de détails linguistiques que de la réalité pratique. Il y a pourtant énormément de dossiers en suspens : l’écologie, les égouts, les embouteillages, le centre de Rhode qui se vide de ses commerces, un centre culturel qui fonctionne au ralenti, une offre insuffisante en matière sportive, la piscine qui est fermée…

En cas de succès ? Je mettrais d’abord en place des organes consultatifs. Il faut restaurer le dialogue au sein de la commune pour que tout le monde ait voix au chapitre. La politique est une affaire publique, pas l’apanage de quelques-uns. Il faudrait ensuite élaborer une vraie stratégie dans les principaux domaines de la vie communale : les transports, le trafic, la culture, le sport. Mon ambition est d’ouvrir la commune à tous les citoyens, elle est depuis trop longtemps paralysée par des vétilles.

A Rhode plus qu’ailleurs, on sent le poids des heurts communautaires. Comment appréhendez-vous cela ?

Dans l’agenda de l’actuelle équipe maïorale, il n’y a place pour rien d’autre que le communautaire. Les habitants ne demandent pas cela. Tout ce cinéma autour des convocations électorales à délivrer dans une autre langue que le néerlandais, c’est absurde. Je ne connais pas un Flamand qui habite en Wallonie qui oserait faire tout ce ramdam. Il faut s’adapter. Je communique en quatre langues. Les francophones ne sont pas mon obsession mais ils doivent comprendre qu’en Flandre la langue est le néerlandais, nous ne sommes ici ni à Bruxelles, ni en Wallonie.

Mme Van Rompuy, la liste Respect comporte 8 candidats N-VA, dont un très flamingant. N’est-ce pas eux qui donnent le ton à votre programme ?

Notre liste est composée de candidats représentant un éventail de ce qui existe en Flandre. Le premier contingent, c’est le CD&V, suivi par la N-VA qui représente 30 % de l’électorat au nord du pays, ensuite le VLD et le S.PA. Nous avons aussi quatre candidats indépendants, deux Africaines qui parlent le français à la maison, une Italienne mariée à un Allemand. Notre liste est internationale et ouverte, au contraire de la liste francophone. Quand on veut attaquer quelqu’un c’est facile. Nous n’éditons aucun dépliant extrémiste. Côté francophone, l’approche est différente : ils utilisent un vocabulaire de guerre. Je pensais qu’avec le nouveau candidat, ce pourrait être différent, mais ce n’est pas le cas. Je suis dégoûtée, un politicien ne doit pas jeter de l’huile sur le feu.

Trois questions à Pierre Rolin

Quels sont les enjeux de ces élections au niveau local ?

Il faut d’abord rétablir la paix communautaire. C’est le préalable à la bonne marche de la commune. Ensuite, il y a la gestion de certains dossiers : la sécurité (le cadre de police est à conforter), la mobilité privée (la Serpentine et le bois de la Cambre) et publique (le RER a pris du retard, l’offre Cambio est à conforter). Priorité aussi à la solidarité. Le CPAS est très actif à Rhode. Un nouveau home sera prochainement construit, des logements pour personnes âgées aussi et nous devrions développer une offre spécifique pour les jeunes.

Quelles seraient vos premières mesures en cas de succès à l’élection du 14 octobre prochain ?

Mettre en place des commissions de travail mixtes, ouvertes aux néerlandophones comme aux francophones, sur la base de critères de compétence et de disponibilité. Il est indispensable de créer une dynamique positive au sein de la commune. Ensuite, on pourra s’attaquer aux dossiers concrets de la vie communale : logements, sécurité, mobilité, convivialité.

A Rhode plus qu’ailleurs, on sent le poids des heurts communautaires. Comment appréhendez-vous cela ?

Je suis plus que jamais pour une pacification communautaire. Je suis à la recherche d’interlocuteurs de bonne volonté, ouverts et pragmatiques. Ma grande crainte, c’est que la N-VA imprime sa marque au niveau local sur la liste néerlandophone. La liste Respect est en apparence conciliante, mais lorsque je détaille l’appartenance des candidats, je suis inquiet pour l’avenir. Or sans paix communautaire, nous ne travaillerons pas sereinement. Je me demande quelle est la marge politique de la tête de liste néerlandophone.

Propos recueillis par OLIVIER STEVENS

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