Machelen : Jean-Pierre De Groef est candidat à sa succession

Le bourgmestre sortant S.PA semble dans un fauteuil

Machelen profite d'une activité économique intense qui bénéficie à ses habitants... et à leur bourgmestre

Machelen est un des rares fiefs socialistes de la périphérie bruxelloise. Lors des élections du 14 octobre, Jean-Pierre De Groef (SP.A) sera candidat à sa succession et tête de liste du cartel SP.A-Spirit-Groen. Il n’y aura pas de liste francophone, et de l’aveu de ses adversaires, le bourgmestre depuis 2000 sera difficile à déloger. La recette de son succès ? « Une longue tradition socialiste et une manière de diriger qui rassemble au lieu de diviser », explique De Groef. Les recettes fiscales liées aux activités des entreprises présentes à Machelen et la manne d’emplois qu’elle procure donnent aussi à ses élus un petit air d’aisance.

Campée entre l’aéroport, plusieurs échangeurs routiers et coupée en deux par le Ring, Machelen n’est pas une banlieue de rêve. Jean Tousseul, l’auteur wallon qui y vécut dans les années 30 et 40, disait déjà de ce morceau de campagne défiguré par l’industrialisation qu’elle est « laide comme un purgatoire ». Si la description paraît un peu excessive, les imperfections esthétiques de la commune sont largement compensées par son dynamisme économique. Machelen, c’est 1.019 entreprises, 21.400 emplois et une population active de 7.608 habitants. D’après les statistiques compilées par la Région flamande, la commune dépensait, en 2010, 1.725 euros par habitant, soit 424 euros de plus que la moyenne en Flandre.

Grâce à ces rentrées, la zone de police de Machelen reçoit une allocation de 139 euros par personne alors que la moyenne flamande est de 121 euros et l’équipe communale a mis sur pied un projet pour maintenir bas le prix des logements. « On a acheté des terrains et fait construire environ 70 logements sociaux. La commune loue le rez-de-chaussée et on vend la partie supérieure », précise le bourgmestre.

Les habitants de Machelen paient aussi moins de taxes que leurs voisins. Les impôts additionnels à l’IPP sont de 4 % alors que la moyenne flamande est de 7,2 %. L’autre particularité de la commune est la manière dont fonctionne le Conseil communal. François Bonaventure, qui tirera la liste Open-VLD le 14 octobre, déclarait il y a peu sur la VRT : « il y a rarement eu de dissensions entre les partis lors de la législature précédente. »

Une seule communauté

Pour ce qui est des francophones, De Groef pratique aussi l’apaisement. « Dans de nombreuses communes, le CD&V et la N-VA jouent sur les antagonismes entre francophones et les Flamands alors qu’il est possible de rassembler ces deux communautés pour en faire une qui s’apprécie, explique le bourgmestre. Nous essayons d’aider les habitants non-néerlandophones à apprendre le flamand avec des initiatives neuves. » Ces initiatives incluent des cours pour les jeunes dans les associations sportives. Selon De Groef, l’absence de liste francophone lors des prochaines élections communales démontre le succès de sa politique d’intégration.

Jelle, 43 ans, a placé une affiche électorale avec la photo du bourgmestre dans son jardin. Interrogé sur les raisons de son choix, il plaisante : « Je crois que c’est par habitude…»

Cheyenne KRISHAN

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