Ferrières : L’UGC de Raymond Maréchal va-t-elle basculer dans l’opposition ?

Les socialistes quittent l’actuelle majorité pour former un cartel avec Ecolo et des indépendants

Joseph Bonfond, actuel échevin, et Raymond Maréha, bourgmestre sortant ne peuvent plus compter sur l'appui des socialistes. Photo : M. Tonneau

Ce que les électeurs ont fait, ils peuvent aussi le défaire : d’incessantes querelles ont fait exploser la majorité de Ferrières, obligeant les uns et les autres à déchirer le pacte signé en début de législature et qui les mariait normalement pour six années de plus, les forçant à nouer de nouvelles alliances, à se trouver de nouveaux amis. Bref, même si le bourgmestre sortant, Raymond Maréchal, s’annonce confiant, les jeux sont loin d’être faits et rien n’assure à sa liste (UGC – Union et Gestion communale) un nouveau bail aux commandes de la commune.

En cause, de pénibles et parfois anciennes dissensions au sein de l’UGC, une coalition rassemblant vaille que vaille des sensibilités CDH, socialistes mais surtout libérales. « En début de législature, nous avions conclu un accord jusque 2018, raconte Frédéric Léonard, 1er échevin PS, meneur de la fronde et candidat bourgmestre. Il y a quelques mois, nous avons décidé de ne pas reconduire cet accord, qui était d’ailleurs révisable au bout de six ans. » Un divorce avalisé par 90 % des membres de l’USC et qui a donc forcé les socialistes à se trouver de nouveaux alliés pour pouvoir affronter l’UGC. Ceux-ci ont été vite trouvés : l’inédit Rassemblement pour Ferrières (RPF) réunit des socialistes (dont Frédéric Léonard, promu tête de liste), des Intérêts communaux (dont Yvon Rollin, qui pousse la liste) et des Ecolos (dont la cheffe de file, Lydia Blaise, figure en 3ème position). « Notre liste comprend huit conseillers sortants, nous avons donc toutes nos chances lorsqu’on sait que 15 sièges sont disponibles. »

Un enthousiasme qui ne perturbe pas, ou si peu, celui qui est à la tête de la commune depuis 18 ans : « Il est exagéré de prédire une lutte serrée, sourit Raymond Maréchal. Malgré un accord qui devait courir sur 12 ans, les socialistes ont quitté l’UGC et c’est leur choix. Mais notre liste s’est, depuis, renforcée, intégrant des sensibilités de gauche ou sociales-chrétiennes et des non alignés, provenant de tous les villages. On sent qu’on a une bonne cote auprès de la population… »

Sur le fond, les uns et les autres veulent le bien de la commune. Mais pas toujours de la même manière. « Un des points de discorde au sein de la majorité a été le dossier de la crèche, rappelle Frédéric Léonard. Il y avait un accord sur la construction d’une crèche mais quand il a fallu le mettre en œuvre, il y a eu un refus catégorique du reste du collège. » L’échevin (sortant) socialiste regrette aussi le manque d’investissement de la majorité – « Il faut garder un bas de laine mais ne pas tout thésauriser » – et le peu de cas fait des jeunes générations. « Il faudrait effectivement plus de lieux de rencontre dans les villages, d’autant que la commune accueille énormément de nouveaux habitants, renchérit Lydia Blaise (Ecolo).

« Un manque d’investissement ?, s’étonne Raymond Maréchal. Nous investissons chaque année deux millions d’euros à l’extraordinaire mais forcément, il faut parfois plusieurs années pour en voir le résultat. Quant à la crèche, les emplois n’auraient pas été subsidiés et cela aurait été une charge pour la commune car nous avons déjà un système de gardiennes ONE qui marche très bien. »

Joël MATRICHE
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