Ans : Stéphane Moreau assoira-t-il sa légitimité ?

Stéphane Moreau, omniprésent dans la campagne électorale ansoise; photo Michel Tonneau

Une commune, un enjeu Après le renversement de Daerden

Les dés sont-ils pipés, à Ans ? En mars 2011, 20 élus sur 29 signaient un accord de majorité visant à renverser le collège, Michel Daerden en tête, les emmenant jusqu’en 2018. Après les élections, PS, MR et CDH-RCA devraient donc repartir ensemble pour six ans de plus. Mais si, au lendemain du putsch, les différentes parties reconnaissaient l’existence de ce pacte, aujourd’hui, toutes parlent de déclarations d’intention. Rien de formellement signé, disent-ils, « tout dépendra des résultats des urnes ».

Mais les Ecolos, seuls dans l’opposition, n’hésitent pas à l’affirmer : « Nous sommes la seule alternative crédible, dit Thierry Coenen, tête de liste. L’accord existe, on espère que la population en est consciente. » Les circonstances ont par ailleurs provoqué la création d’une nouvelle liste, une liste FDF. « Quand je vois comment cette commune est gérée, je suis offusqué, indique René Courtois, tête de liste. Dépenses de prestige, culture de la personnalité, putsch révoltant. A un moment, le citoyen en a ras-le-bol ! » Suite aux élections, le FDF se contenterait d’un siège dans l’opposition.

Une ouverture ?

Les Ecolo, par contre, espèrent avoir assez de poids pour changer la donne. « En théorie, les jeux sont faits. Mais les résultats sont tellement incertains… Rien ne dit que les alliés d’aujourd’hui seront les mêmes demain. Si le PS perd sa majorité absolue, il devra faire preuve d’ouverture. Pourquoi pas envers nous ? »

D’autant que les inconnues sont nombreuses : quel sera l’impact du putsch, du décès de Michel Daerden, de la présence de la liste FDF ? En coulisse, les tensions internes au PS sont loin d’être réglées. Le bourgmestre n’est pas aussi rassembleur que l’était son prédécesseur et sa trahison reste en travers de la gorge de certains militants.

Stéphane Moreau le sait : il pourrait perdre la majorité absolue, mais il a de grandes chances de rempiler. Il aura néanmoins du mal à égaler les 4.150 voix de préférence de Michel Daerden. « Michel avait un électorat particulier, qui n’était pas seulement socialiste, justifie-t-il. J’ai obtenu 2.030 voix de préférence en 2006, c’est déjà beaucoup. »

Le mayeur mise sur son bilan, mais aussi sur le fait que le fonctionnement de la majorité a changé. « On a un système beaucoup plus ouvert, démocratique. Auparavant, on a connu des pratiques qui ont fini par dévier : nous avions un bourgmestre qui était à Bruxelles et on fonctionnait sur base d’un système de délégation qui n’avait plus sa place. Tout cela c’est du passé. L’enjeu pour nous aujourd’hui est de garder une équipe de qualité pour gérer la commune. »

Le CDH-RCA est prêt à remettre le couvert, « si l’électeur nous en donne le signal », précise Georges Secretin, échevin sortant. « On est étonné de nous-mêmes de voir comme on fonctionne bien avec 3 partis en majorité ».

Quant au MR, il compte rester le deuxième parti de la commune. Le FDF ne risque-t-il pas de lui faire de l’ombre ? « Je ne connais pas ses représentants, ils sont insignifiants, martèle Thomas Cialone, échevin sortant. Je respecte le parti, mais il n’a pas d’avenir à Ans. » Le MR compte « rester aux responsabilités, mais avec tous les changements qu’il y a eus, le jeu est très ouvert ».

Anne-Catherine DE BAST
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