Molenbeek : Schepmans rêve d’évincer Moureaux

Djamel Traoré, habite le quartier Comte de Flandres à Molenbeek.Photo Alain Dewez

Jeune pousse ou grand format pour prendre la relève ? », s’interrogeait, en 2006, un Philippe Moureaux (PS) évoquant sa succession à la veille du scrutin communal. Invité à poursuivre son règne (7.851 voix) pour six ans, le socialiste, qui vient de fêter vingt ans de maïorat, rempile en 2012.

Personne pour assurer la succession ? Ou un amoureux du pouvoir incapable de laisser la place ? « J’ai déjà envisagé ma succession, notamment avec l’hypothèse de la venue de Laurette Onkelinx à une époque. Maintenant, je ne pense pas que ce soit à moi à construire ma succession, nous avons une liste jeune… » Un temps pressenti, le socialiste Jamal Ikazban ne semble pas séduire suffisamment.

En face, Françoise Schepmans (MR) se verrait bien prendre la relève. Revenue dans la majorité après six ans dans l’opposition, la libérale attaque directement Philippe Moureaux, estimant que l’homme a fait son temps et qu’il doit partir : « Il n’apporte plus rien de neuf. » Celle qui, en 2006, a capitalisé 5.721 voix, attend le verdict des urnes et estime que l’écharpe doit revenir à la liste obtenant le plus de sièges. Il y a six ans, le PS emportait 16 sièges (19 avec son partenaire de liste CDH), tout comme le MR. Aujourd’hui, le CDH et son chef de file Ahmed El Khannouss partent avec le CD&V, hors de la liste du bourgmestre. Le MR quant à lui perd un FDF (1 siège) qui mise la carte du renouveau avec à sa tête Michaël Vossaert.

« Ce n’était pas le paradis »

Ecolo, laissé dans l’opposition en 2006 pour laisser la place à une majorité plus confortable, juge que la législature qui s’achève a souffert du « mariage de raison PS-MR ayant entraîné un certain immobilisme » et espère bien remonter aux affaires. Philippe Moureaux estime lui que, si « ce n’était pas le paradis », la majorité a fonctionné jusqu’à ce que les élections approchent. Le maïeur se montre néanmoins enthousiaste lorsqu’on évoque les Ecolo, et se montre nostalgique de certaines collaborations avec ceux-là lors de précédentes législatures, et une majorité à l’époque trop courte pour être reconduite… Certains laissent entendre qu’un accord existerait entre les deux parties. Un Olivier à Molenbeek ? Peut-être, si les urnes le permettent. La place la plus confortable sera sans doute celle du CDH, qui espère entre 7 et 12 sièges, contre 3 en 2012 au sein de la LB.

Reconduire l’alliance PS-MR dans l’éventualité de laisser le fauteuil mayoral au MR, si celui-ci emportait davantage de sièges que le PS ? « Je suis bourgmestre et souhaite le rester, si la population m’y invite. Je n’ai pas vocation à occuper une autre place au collège. Je ne pense pas à cette possibilité. Intellectuellement, oui, mais je ne la pense pas très crédible », lance Moureaux, qui dit avoir retrouvé une confiance mise à mal il y a de cela quelques mois. A 73 ans, le maïeur se dit prêt à repartir pour six ans. Avec qui ? « Avec une coalition qui répond à l’électeur et présente une majorité stable. Sans exclusive. »

Ses partenaires dénoncent un morcellement contre-productif de certaines matières dans la répartition des compétences, « Moureaux n’a pas été le chef d’orchestre. Cela revenait parfois à mettre des bâtons dans les roues », analyse Françoise Schepmans, citant ses matières telles que la culture et l’économie, où les prérogatives socialistes, sur le budget ou la police par exemple, freinaient, selon elle, les initiatives. Ou comme pour la propreté, compétence du libéral flamand Jan Gypers, pointée par tous les partis politiques comme un des échecs les plus cuisants de la législature. Le CDH Ahmed El Khannouss estime avoir rencontré les mêmes difficultés avec son échevinat de la jeunesse et prévient : « Ce sera une de mes exigences au moment des négociations, éviter ce morcellement. De même que davantage de transparence dans la gestion. »

Des attaques que Philippe Moureaux balaie d’un revers de la main, démentant tout sabotage. « Ils n’avaient qu’à être plus efficaces lors des négociations. Ce n’est pas ma faute s’ils estiment avoir raté. » Voilà chacun prévenu.

Marie DE SCHRIJVER
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Une réponse à Molenbeek : Schepmans rêve d’évincer Moureaux

  1. Le Hérisson dit :

    Après avoir servi de roue de secours à Moureaux pendant 6 ans de silence complice.
    Peu crédible comme alternative.
    On resterait avec une alliance PS MR (sans doute sans Moureaux)

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