Crainhem : une liste bilingue « Kraainem-Unie » veut croire à la pacification communautaire

 Alliés d’hier et – finalement ! – partenaires de demain se ménagent

Dorothée Cardon de Lichtbuer (CDH), 2e sur la liste UNION, devrait reprendre la mandat de bourgmestre à mi-mandat. Photo Belga

A Kraainem, les alliés d’hier ont failli être les adversaires de demain. MR et CDH ont longtemps attendu – ou compromis, selon les bords… – la reconduction d’une liste d’union francophone avec le FDF, le PS et Ecolo, sous le label « Union ». Aussi, quand il s’agit de dresser le bilan de la mandature 2006-2012, les critiques de certains ex et nouveaux partenaires arrivent en creux, formulées comme des promesses : plus de professionnalisme, plus de transparence, plus de respect pour les autres communautés, etc.

Une gestion financière peu professionnelle. Président de la commission des finances, et 8e sur la liste Union, Dominique Houtart (MR) dit regretter que cette commission « regroupant d’anciens cadres de banque » n’ait pas été « suffisamment » consultée par un collège peu au fait des subtilités financières et qui pratiquerait peu la transparence. « Notre commission n’a été consultée que pour les corrections budgétaires ; les propositions financières émanant de Dexia, par exemple, lorsqu’elles concernaient des montants inférieurs à 10 % du budget, ne passaient pas par nous… Elles restaient confinées dans un cercle étroit d’initiés. »

« Durant plus de deux ans, embraie Guillaume von Wintersdorff, président du CDH local et 13e de liste Union, nous avons subi les conséquences de l’absence de notre secrétaire communal et la non-nomination du bourgmestre a empêché la montée au collège de notre échevine, forçant ce collège à travailler à 5 au lieu de 6. »

Luk Van Biesen (VLD), chef de file de l’opposition flamande, et tête de liste « Open », revient sur la gestion financière (voir tableau) : « Aujourd’hui, chaque famille de Kraainem paie, chaque année, 441 euros de plus à la commune qu’il y a six ans et, sur cette même période, l’IPP a augmenté de 50 %. Par ailleurs, la commune a reçu 447 lettres recommandées pour factures impayées… »

André Sebera, élu PS sortant et 6e de liste Union, modère : « Cette hausse des impôts était voulue et justifiée, mais elle a été présentée de façon peu claire à la population. »

La situation pousse toutefois la liste bilingue « Kraainem-Unie » à réclamer un audit des finances communales.

Réplique du maïeur non nommé, Arnold d’Oreye (FDF), qui pousse la liste Union : « La commune avait trop investi sous la législature précédente, nos réserves avaient fondu et, pour éviter l’impasse, nous avons dû augmenter les impôts. Notre dette a à présent baissé de 30 %. Il faut savoir que, depuis 2003, notre part dans le fonds des communes est restée inchangée, à 1,2 million. PI et IPP représentent 66 % de nos recettes totales. Quant à nos 447 factures impayées, elles font partie d’un total de 6.536 factures pour 2011 et 2012… »

Peu de recours aux subsides. La critique est récurrente en périphérie bruxelloise : manque de collaboration avec la tutelle régionale pour l’obtention de subsides. « Ne réduisons pas la Communauté flamande à des adversaires linguistiques, reprend Dominique Houtart, cette tutelle propose une série de subsides dont nous devrions mieux profiter. »

Le bourgmestre oppose à cela les subsides demandés et obtenus pour la rénovation de l’avenue Astrid et de l’église Saint-Pancrace et pour la construction d’un mur antibruit, le long du ring. « Mais je reconnais, précise-t-il, que nous sommes très prudents en matière de subsides sportifs et culturels qui entraînent des obligations linguistiques dans le chef des participants à ces activités, que nous refusons ! »

Immobilisme dans les investissements. Pour les raisons expliquées plus haut, la commune a moins investi sous cette législature, même si André Sebera objecte que « beaucoup de travaux ont été réalisés, aux plaines de jeu et aux voiries ». « Open » et « Kraainem-Unie » réclament un « rattrapage » des investissements non réalisés. Et de citer les « inondations récurrentes » dans la commune et de prôner un audit (encore un) de la gestion et de la qualité de l’eau et du réseau d’égouts.

« La commune connaît une dénivellation de 143 mètres, tempère M. von Wintersdorff, elle a vendu son réseau d’égouts à Vivaqua chargée de négocier enfin la réalisation de bassins d’orages. »

Peu d’investissements ? Le bourgmestre avance l’achat de la salle de fête paroissiale à la fabrique d’église « à réaménager en agora pour les associations », le réasphaltage subsidié de l’avenue d’Huart, la réfection de l’éclairage et l’installation de radars, la réfection des trottoirs dans le quartier des Oiseaux et l’achat subsidié de matériel pour le désherbage.

L’école flamande dans des conteneurs. De plus en plus fréquentée (par de petits francophones notamment), l’école communale flamande, à l’étroit dans des « conteneurs », attend la construction de nouvelles classes. « Open » et « Kraainem-Unie » insistent pour que la commune introduise le permis de bâtir auprès de la tutelle régionale… et réclame les subsides qui y sont liés.

Promis, a conclu la majorité.

Michelle LAMENSCH
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